‹ Traité des signes de la mort et des moyens de prévenir les enterrements prématurésChapitre 22 sur 83 · AFFAISSEMENT DE LA CORNEE. Î · texte numérisé non relu

AFFAISSEMENT DE LA CORNEE. Î

la mort, précieux dans les premiers moments ou dans le premier jour qui suit l'accident , à défaut de tout autre signe de mort, et ici , je laisse l'auscultation de côté pour me placer au point de vue rétréci de la question. Or, ce signe est constant, tout le monde est obligé de l'avouer, et il ne disparaît, dit-on, qu'au bout de deux ou trois jours, à l'instant de la putréfaction. Qu'importe qu'il disparaisse à ce moment ! on ne doit plus avoir besoin d'examiner les yeux pour reconnaître la mort, puisque la putréfaction, le meilleur de ses caractères, dit-on, a eu le temps de se manifester. Il est évident que les signes immédiats de la rnort peuvent s'évanouir au moment de l'apparition des signes éloignés, sans pour cela perdre de leur importance. Est-ce qu'il est jamais venu à personne l'idée d'amoindrir la valeur de la rigidité cadavérique, parce que ce phénomène cesse au moment de la putréfaction ? Il doit en être de même pour l'affaissement des yeux, qu'il faut examiner le premier jour de la mort , et qui peut disparaître le lendemain , alors que d'autres signes sont venus le remplacer.

M. Orfila adresse à ce caractère , si précieux pour Louis, une objection qui serait bien plus grave que la précédeuie^ bielle était conflrmée par

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rexameii iilténeur. Dans ce cas. elie serait sans réplique. « On sait, dit M. Orfila, que des per- » sonnes asphyxiées, dont les yeux étaient flasques, » enfoncés et recouverts d'une toile glaireuse, ont ï> été rappelées à la vie. » L'assertion est précise. Malheureusement elle ne paraît pas être personnelle , ce qui, à mes yeux, lui enlève une partie de sa valeur. M. Orfila aurait écrit : J'ai vu des personnes asphyxiées, au lieu de ces mots : On sait que des personnes , etc., que le fait aurait eu l'importance que donne une autorité respectable en dehors de toute discussion. Wlais il n'en est pas tout à fait ainsi, et comme le fait me semble douteux , je crois qu'il est convenable d'attendre de nouvelles observations pour se prononcer à son égard.

En résumé , nous voyons que dans l'œil . ce petit organe de la pensée, l'on trouve une multitude de caractères importants au diagnostic de la vie et de la mort de l'homme. Là, c'est une dilatation énorme de la pupille, lors de la cessation des fonctions qui entretiennent la vie 3 ailleurs , c'est la déformation de cette ouverture par la pression du doigt; ici, enfin, c'est la formation d'une toile glaireuse sur la cornée précédant de très peu l'affaissement du globe oculaire.

IM.MOËlLiTÈ BU COMPSi IIB

D. Immobilité du corps.

L'immobilité du corps, c'est-à-dire îa cessation des mouvements dans les membres , est un résultat incontestable de l'abolition des fonctions du système cérébro-spinal. Toutefois ce phénomène ne saurait être considéré comme un indice certain de la mort de l'homme , puisque dans un assez grand nombre de maladies nerveuses, l'épilepsie en particulier, il peut y avoir un instant cessation des mouvements musculaires, qui reparaissent lors du retour à la santé. De plus, si les muscles sont immobiles dans leur totalité, dans leur ensemble, de manière à empêcher tout mouvement des membres, leurs libres se contractent encore partiellement plusieurs heures après la mort , surtout dans les cas de mort violente. C'est ce que Nysten a parfaitement bien établi par de nombreuses observations faites chez les suppliciés. On pourra les vérifier en assistant au travail des bouchers, qui , dans leurs abattoirs , sont tout surpris de voir les fibres musculaires se contracter encore chez un bœuf entièrement dépecé, coupé en deux, et monté, comme ils disent, environ près d'une heure après la mort. Ces contractions , qui seraient incapables d'imprimer aucun mouvement aux mem-

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bres, ont cependant lieu dans les muscles de la vie de relation , c'est-à-dire dans les muscles volontaires, et sont utiles à indiquer, lorsqu'on parle de l'immobilité du corps après la cessation de la vie. Ce sont des phénomènes de contractilité musculaire naturelle, sur laquelle nous devons revenir plus loin , à propos de l'irritabilité des muscles par les stimulants galvaniques.

Des mouvements semblables s'observent dans les muscles de la vie organique ; mais comme ils ne contribuent en rien à la mobilité du corps , nous n'avons pas à nous en occuper ici. Ces mouvements sont très considérables dans le tube digestif, et persistent très longtemps. Ils ont tous le caractère des contractions péristaitiques et antipéristaltiques, de sorte qu'ils poussent sans cesse les matières de l'intestin vers le rectum. Leur force est en quelque sorte doublée , du moment oii le sphincter de l'anus, qui peut seul contrebalancer leur action , a cessé d'agir. C'est à eux qu'il faut attribuer, comme je l'ai déjà dit, la défécation naturelle, qui a souvent lieu après la mort.

E. De rabaissement de la mâchoire inférieure.

Ce caractère , regardé par des savants recom-» mandabies comme ayant beaucoup de valeur , est

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