‹ Traité des signes de la mort et des moyens de prévenir les enterrements prématurésChapitre 34 sur 83 · III. Mort apparente; mesures prématurées crinhumalion · texte numérisé non relu

III. Mort apparente; mesures prématurées crinhumalion

« Plutarque rapporte qu'une personne étant tombée de haut sur le sol , mourut de sa chute sans qu'il y eût la moindre apparence de blessure. Comme on le portait en terre au bout de trois jours, il reprit tout à coup ses forces et revint à lui (1). »

IV. Mort apparente reconnue par le médecin; désappointement des héritiers.

« Asclépiade revenant de sa maison de campagne, rencontra un grand convoi. La curiosité lui fit demander le nom du défunt. Personne ne lui ayant répondu tant la consternation était grande , il s'approcha du corps , il le trouva entièrement frotté de parfums , sa bouche humectée d'un baume précieux, suivant l'usage des Grecs. Il le lâta de toutes parts, et trouva des signes cachés de vie. Aussitôt il s'écria que le défunt n'était pas mort. Les uns voulaient qu'on fît attention au discours du médecin; d'autres, au nombre desquels étaient surtout les parents , et notamment les héritiers , se moquaient du médecin et de la médecine. Asclépiade eut beaucoup de peine à obtenir une courte surséance. II fallut arracher le corps des mains des porteurs , aussi avides de leur proie que l'enfer. On le reporta chez lui, où le secours des remèdes convenables le rappela sur-le-champ à la vie. Celse fait une courte mention de cette histoire dans le chapitre VI du livre II de sa médecine (2). »

(1) Bruliier, Additions^ t. I, p. 89, 90.

(2) Bruliier, Additions, 1. 1, p. 91, 92.

V. La même observation de mort apparente rapportée sous deux noms différents.

« Eiisèbe, Théodoret et Calixte (1) rapportent d'après Platon, au dixième livre de sa République, l'histoire d'im Arménien qu*ils nomment Erus, qui fut tué dans une bataille. Quand on vint au boutde dix jours pour enterrer les victimes, leurs corps furent trouvés corrompus, excepté le sien ; ce qui fit qu'on le reporta chez luipour lui rendre les derniers devoirs. Il revint à lui deux jours après, étant sur le bûcher. Ce trait d'histoire , rapporté dans Quenstedt , est tiré du traité de Kornmann, deMiracxilis mortuorum. Il y a tout lieu de croire que c'est le même que rapporte Valère-Maxime, liv. I, chap. VIII, car il n'y a d'autre différence que celui du nom et de la patrie du prétendu mort , que ce dernier appelle Phéréus, et dit natif de Pamphilie ; et ce qui me persuade encore plus que de part ou d'autre il y a erreur de nom, c'est que Valère-Maxime cite aussi Platon pour garant , et qu'il est bien difficile à se persuader qu'il se rencontre deux événements aussi parfaitement semblables. Cependant Kornmann , dans son traité de Miraculis mortuorum, rapporte ces deux traits d'histoire, attribuant à Platon celle de Phéréus de Pamphilie, et citant Noël Taillepied dans son traité de Apparitione spirituum pour garant de celui d'Érus, Arménien , sans dire que ce dernier l'ait aussi tiré de Platon. Quoi qu'il en soit, ces deux histoires font faire à Quenstedt cette judicieuse réflexion : « Manent interdum spiritus corporibus huma-

(1) De imm. anim., c. viij.

» nis inclusif sed motus occulti sunt, devinctique sensus * adeo ut vivant ne annon , ejusmodi corpora non facile » intelligatm\ » Il arrive quelquefois aux esprits de demeurer enfermés dans le corps des hommes , dans le temps que les sens sont tellement liés, qu'il n'est point aisé de savoir si ces corps sont encore vivants ou non (1).

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