XVII. Mort apparente ; inhumation précipitée
« Un jurisconsulte de Vesoul , ville de la Franche- Comté, auprès de Besançon , cachait si soigneusement une léthargie dont les accès étaient assez fréquents, que personne n'en savait rien. La raison principale qui l'y engageait était la crainte de manquer un mariage qu'il était sur le point de contracter. Craignant pourtant que quelque bévue inopinée ne lui devînt fatale , il fit confidence de son état au prévôt de la ville que sa charge obhgeait d'y être sédentaire. Le mariage se conclut, et il fut assez longtemps en bonne santé. Mais sa femme , à qui il n'avait point fait de confidence, l'ayant jugé mort dans un accès très violent de son mal , le fit mettre dans le cercueil. Le prévôt, qui était absent dans le temps de l'accès , revint heureusement assez tôt pour le sauver ; il fit surseoir à l'enterrement , et le malade , revenu à lui, lui eut l'obligation de seize ans de vie (1). »