XXXVIII. Mort apparente
« Un homme peut tomber en syncope ; il peut y rester trois et même huit jours ; on a vu dans ce cas des gens recouvrer la vie après avoir été déposés parmi les
(1) Dunuitle, Mémoire sur l'abus de V ensevelissement des mûris. Strasbourg , 1789, p. o2.
(2) Durande, loc, cit., p. 66.
morts. Tandis que j'étais en Allemagne, l'infirmier, garçon de pharmacie de l'hôpital militaire de Cassel , parut avoir rendu le dernier soupir. On le porta dans la salle des morts, où on l'enveloppa d'uue sinjple serpillière. Quelque temps après , revenu de sa léthargie , il reconmit l'endroit où on l'avait déposé. Il se traîna jusqu'à la porte , qu'il frappa de ses deux pieds. Ce bruit fut heureusement entendu de la sentinelle, qui, s'étant bientôt aperçue du mouvement 'de la serpillière , appela du secours. On porta le moribond dans un ht bien chaud; et j'ai vu cet homme continuer jusqu'à la paix le service des hôpitaux. S'il eût été serré par des bandes ou des Hgatures étroites , il n'aurait pu se faire entendre; ses efforts inutiles l'eussent fait tomber dans une nouvelle syncope ; on l'eût enterré tout vivant (l). »