DÉVELOPPEMENT DE LA GLANDE MAMMAIRE. 7Î
Pendant tout le temps que dure la période infantile, la glande s'accroît lentement et progressivement par addition do nouveaux bourgeons qui se développent sur les extrémités en massue des canaux glandulaires. Ces derniers eux-mêmes se creusent successivement à mesure que le développement de nouveaux bourgeons se produit; c'est à ce mode de formation que sont dus les. canaux excréteurs de la glande mammaire, canaux dont les ramifications se font pour ainsi dire à l'infini. Ces transformations ont lieu lentement et durent pendant toute la période de Tenfance qui précède l'éruption des régies (1) ; les parties qui se forment ainsi donnent naissance à des canaux incomplètement développés, terminés en massue. Ainsi que nous l'avons déjà dit, pendant toute cette période on ne trouve pas de véritables vésicules terminales; c'est également après l'établissement de la puberté que l'on commence à rencontrer des vésicules glandulaires proprement dites, et les premières que l'on trouve apparaissent à la périphérie de la glande. C'est seulement plus tard, h l'époque de la première grossesse, que la structure glandulaire se perfectionne et arrive à son complet développement; c'est, en effet, à ce moment que tous les canauxexcréteurs se hérissent de véritables et de nombreuses vésicules glandulaires (fig. 1).
Lorsque l'excitation nutritive produite par la grossesse et la lactation a cessé, la glande diminue de volume. Mais est-il vrai qu'un certain nombre de grains glandulaires disparaissent complètement, pour se reformer à l'occasion d'une nouvelle grossesse? On peut le supposer, mais rien dans l'examen des acini ne le démontre d'une façon
[{) Liiigor. V(»ir les études di» cet auicur { i'ber den Dau und die Enlwickelung der MUcfidriiserij etc. Wicn, 1851 j.
péremptoire. Si ce point d'anatomic doit rester doiilm. ii n'en est pas de même pour ce qui se passe après li
I. — LnlMlD i^rulnlilni praiminl ilioa phyuol^iqiiD iln» cnl«-dc-«:ii rittmt. — (Ocyl. S oliject. i. ]
ttcritetr (■riMiiml,
ménopause, car alors les grains glandulaires disparaissent peu à peu, les bosselures qu'ils forment s'effacenl, et il ne reste plus dans les mamelles de vieilles femmes que les canaux excréteurs, atrophiés eux-mêmes, et dont les plus fins sont tellement rétractés qu'ils se confondent avec les tractus fibreux du tissu celluloadipeux ambiant. Au fur et à mesure que la partie glandulaire a subi ce mouvement de retrait, l'élément cellulo- adipeux a envabi la place laissée vide, de telle sorte que chez les femmes dgécs, les résidus de la glande
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se perdent dans une vaste atmosphère adipeuse; ce qui permet assez souvent à la mamelle de conserver sa forme et une apparence extérieure normale, dans une certaine mesure du moins, alors que la partie glandulaire a perdu son volume habituel.
Mais ce n'est pas ces états extrêmes de développement du début et d'atrophie terminale que nous désirons étudier d'une façon spéciale. Nous avons surtout besoin de connaître la structure de la glande en état d'activité, non pas alors qu'elle sécrète, et qu'elle a subi cette hypernutrition toute physiologique et exceptionnelle, mais telle qu'on la retrouve chez une femme jeune, alors que la glande subit les influences génitales en rapport avec la fonction menstruelle, et avec l'excitation génésique. C'est, en effet, pendant cette période que se développent surtout les lumeurs que nous étudierons.
Dans ce cas, la glande se trouve dans une sorte d'élat moyen, où l'on peut mieux juger des rapports réciproques existant entre les parties qui constituent la portion sécrétante et celles qui forment la charpente de soutènement ot de cloisonnement.
Nous pourrons beaucoup mieux, à cette période, étudier la constitution intime de l'acinus, la structure des conduits excréteurs secondaires et principaux dont ils sont la dépendance, enfin la disposition spéciale du tissu conjonctif péri-acineux, relativement à l'élément glandulain» proprement dit.
io Du lobule primitif et de l'acinus. — Sa structure. — Du tissu conjonclif l>éri-acincux et péri-lobulaire.
Les grains glandulaires ont une forme ovoïde dont I<î volume, chez une femme adulle, est à peu près uniforme ;
ils ont de 15 à 18 centièmes de millimètre, dans le sensde leur plus grande longueur, tandis que dans leur largeur ils ont de 10 à 12 centièmes de millimètre; ils sont légèrement rétrécis au niveau de leur embouchure. En s' abouchant ensemble au nombre de trois' ou quatre, el c'est le fait le plus habituel, ils donnent naissance à un petit canal excréteur dont le diamètre égale ou dépasse de peu le plus grand diamètre des grains glandulaires qui l'ont formé, et dont il ne se distingue, arec netteté, que par l'étranglement placé au niveau du point d'abouchement.
Pendant toute la période embryonnaire, alors que la glande était en voie de formation, ces grains glandulaires» encore remplis de l'épithélium qui en faisait une dépendance de la couche muqueuse de Malpighi, n'avaient pas (le membrane d'enveloppe conjonctive bien nette. Les bourgeons épithéliaux plongeaient, en effet, dans un tissu conjonctif embryonnaire contenant de nombreuses cellules arrondies pourvues de un à trois noyaux.
Ce n'est que plus tard, alors que la glande est arrivée à son entier développement, que la distinction peut être établie entre les différentes parties constituantes de Tacinus, dans lequel on trouve alors une membrane d'enveloppe très-nette, membrane dont l'épaisseur est marquée par un double contour. Celte membrane est amorphe, on n'y trouve pas d'éléments ligures, mais elle se colore en jaune orangé par les réactifs colorés, carmin ou picrocarminate d'ammoniaque par exemple; par sa face externe elle se continue avec le tissu conjonctif ambiant, dont elle est, pour quelques auteurs, une dépendance et dont les éléments concourent à la former par une série de modifications qui n'ont pas été étudiées.
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Le tissu conjonctif qui entoure la membrane limitante présente le plus souvent, à une distance très-minime de sa limite externe, une condensation des éléments qui entrent dans sa constitution. En effet, à ce niveau, ils sont disposés concentriquement au grain glandulaire.
Les cavités de ces gmns glandulaires sont tapissées par une couche unique d'épithélium cubique, presque aplati, (fig. 2), très-facile à étudier sur des pièces récentes, ou
FiG. 2. — Coupo d'un cul-<le-sac glandulaire. — Ocul. 2. oh. 8 (Harluack). Forme cubique apbtie de l'épithélium.
bien conservées, car sur les coupes bien réussies, faites dans ces conditions, les cellules qui constituent ce revêtement épithélial restent adhérentes à la face interne de la cavité (fig. 3).
Cet épithéHum (1) est constitué par des cellules régulières, dans lesquelles les dimensions en longueur et en largeur sont sensiblement les mêmes; seule l'épaisseur est de moitié moindre environ que les autres dimensions, de telle sorte qu'on peut le considérer comme formé de cellules à peu près cubiques. On retrouve un épithélium
(lyCct épithélium est «lans quelques cas, chez le fœtus, superposé en couches multiples et remplit la cavité du grain glandulaire. Lorsqu'il subit révolutioH granule-graisseuse, il donne naissance à du colostruni, dont le mode déformation se rapproche beaucoup de celui du lait. On doit voir à ce sujet le travail intéressant de M. de Sinetv, sur la mamelle des enfants nouveau-nés. (De Sinetv. Gaiette médicale de Paru, n" du 21 avril 1875, page 198.)
SI DE LA CUNDE IHAMHAIRI! ET DE SES TUMECRS.
analogue dans les canaux excréteurs primitirs, c'est- à-dire dans ceiix qui parlent immédiatement de l'acinus et qui m se dilTérencient pas par leur structure de celle des acini.
Kn effet, la membrane d'enveloppe du canal est anhyste. sans éléments figurés et entourée des mêmes zones dv tissu conjonctif que t'acinus lui-même. Les cellules sont parallèles à la direclion du canal et lui forment comme une seconde gaîne conjonctive qui l'emboîte S distance; cette analogie de structure, soit dans la membrane d'enveloppe, soit dans la nature de l'épithélium intérieur, doit faire supposer une certaine communauté dans les fonctions de ces deux parties. C'est ce que permet de constater une étude attentive de ces portions de la jjlande lorsqu'elle est en pleine activité sécréloire. Dans cet élat, l'épithélium de t'acinus et celui du conduit auquel il est
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immédiatement appendu, se tuméfie, se remplit de granulations graisseuses, se desquame et donne naissance aux globules du lait.
Ce n'est que dans les canaux plus volumineux et formés par la réunion de plusieurs de ces canalicules primitifs que la structure se modifie notablement Dans ces nouveaux conduits, la membrane limitante présente une structure conjonctive très-manifeste; elle est formée de plusieurs couches d'un tissu conjonctif fibreux dont les rellules plates, interposées entre les faisceaux, sont toutefois encore visibles. Ils sont tapissés à leur intérieur par un épithélium dont la forme est diflférenle de celui que nous avons trouvé dans les acini. Les cellules épithéliales forment des cubes parfaits, ce qui, sur la surface de la coupe microscopique, représente une sorte de dessin quadrangulaire (fig. 5 B) ; mais bientôt le diamètre en éj)aisseur remporte sur les autres dimensions, et les cellules deviennent alors cylindriques (fig. 3, b). Lorsqu'on Itjs aperçoit de face par leur base, elles représentent une sorte de mosaïque polygonale à cinq côtés en général, tapissant les conduits devenus alors véritablement excréteurs.
Les gros conduits lobulaires sont constitués par une membrane épaisse, formée de tissu conjonctif mêlé de nombreuses libres élastiques, entourée d'une zone également conjonctive^ d'une épaisseur variable. Entre la parlie conjonctive et l'épithélium, on voit une couche lamelleuse qui aurait la plus grande analogie avec l'élastique interne des vaisseaux et qui, plus épaisse que la membrane limitante des acini, présente la plus grande ressemblance avec elle.
Exisle-t-il des fibres musculaires lisses dans les parois de ces canaux? Sur de nombreuses coupes nous n'en
m D£ LA GLANDK HAHHAfRE ET DE SES TUMEURS.
avons jamais rencontré ; l'existence de ces fibres miisculaires, acceptée par quelques auteurs, avait é^lementêlc niée par Kùlliker (1), Eberth etHenle.
Gomme conclusion de cette courte étude anatoniique, nous désirons faire remarquer que la structure de l'admis et celle du canal excréteur qui lui est immédialemeDi accolé sont identiques ou tout au moins ont beaucoup ilt rapport. En effet, la face interne de l'une et l'autre itfi ces deux cavités est tapissée par un cpithélium cubique, identique et par la forme qu'il présente et par les modifications physiologiques qu'il subit. La membrane limitante de l'acinus se continue également d'une façon manifeste avec celle du canal excréteur (fig. A).
Dans les conduits excréteurs plits volumineua- nous
(Ocul, i, cbjeil. J. Harl
trouvons une disposition différente. On peut en effet di-
(t) D'ailleurs Kâiliker Uil, expressémi^l, i son suji-t ; que c'esL une membrane dans la(|uelle il n'a pas trouvi; d'une niniiiËrc certaine des fibres musculaires, mais sculcmenl clu tissu conjanclir â rihiits lungiliidinales. - (KulIikcr. p. Tiie. Traduct. française |>ar U. Sèe.)
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\iser les parois de ces canaux en deux zones, Tune interne -qui pourrait être considérée comme l'analogue, avec certaines modifications, de ce qui forme Facinus, et qui serait -constituée par Tépithélium cylindrique et la membrane limitante épaisse sur laquelle il s'appuie. Cette première couche serait pour ainsi dire la partie principale. La seconde zone ne serait que surajoutée, et les grandes variations qu'elle présente dans son épaisseur montrent qu'elle est bien plutôt sous la dépendance des couches de tissus ambiants. Ce sont, ainsi que nous Tavonsdit, différentes couches de tissu conjonctif entremêlées de libres élastiques.
De cette description il ressort que, malgré cette distinction légitime à établir entre la zone interne et la zone externe, on ne trouve pas dans ces canaux, même les plus volumineux, une membrane distincte représentant une véritable muqueuse.
En décrivant Tacinus proprement dit et le conduit dont il dépend, nous avons déjà indiqué sommairement la disposition du tissu conjonctif, péri-acineux (fig. A). Immédiatement en dehors de la membrane limitante se trouve une zone claire trés-raince, dans laquelle les éléments figurés sont rares ou tout au moins peu apparents; puis plus en dehors existe une seconde couche, formée d'un tissu dont les cellules sont plus nombreuses et concentiiquement disposées à l'élément glandulaire, de telle sorte que, par leur accumulation, elles p.iraissent former une seconde membrane limitante (fig. 5) aux grains glandulaires. I^ nature conjonctive de cette membrane n'est pas douteuse. Insensiblement le tissu, au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la zone glandulaire, se combine, s'entremêle avec des faisceaux dirigés dans des sens différents,
re qui lui donne un aspect aréolaire ; de plus, les élîmenls figurés y sont moins nombreux ou peut-ètie nioius apparents.
Cette couche, d'une étendue variable, se confond peu à
^ff^^\ Y : ;
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FiG. 5. — Même préparation d'un plus fort grossissement (Ocul. 2, objcct. 8. Ilartnack.) — Kn A, pour nioiilrcr Ir» (lél;;ils du revèlcmenl épithéli.il, ceux de la zone clain' t\ *ii> hi zone opaque du ti5su conjonclif péri-acinoux. — En R, rcvètenMnt ëpitMiul. sjir lin dessin sclicnuUisé, cl ses diver^s modifications.
peu avec les cloisons fibreuses plus ou moins épaisses et les masses conjonctives, qui forment la charpente de la glande, et dans laquelle sont disséminés les lobules.
Dans Félat moyen, physiologique, que nous avons supposé, on retiouve au milieu de cette charpente fibreuse quelque ilôts adipeux au niveau desquels la disposition micrographique du tissu cellulo-adipeux se présente avec tous ses caractères particuliers. Mais ces îlots sont peu /'tendus et occupent ces portions de la masse du tissu conjonctif qui est intermédiaire à plusieurs lobules glandulaires lorsque ces derniers présentent déjà un certain volume.
Lorsque la glande subit le mouvement de retrait qui succède à la cessation de la vie utérine, les ilôts de graisse
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augmentent de nombre et d'étendue, et la charpente fibreuse finit par être noyée dans une masse adipeuse considérable; la glande a subi alors une surcharge graisseuse.
Au contraire, lorsque la glande est en pleine activité physiologique et sécrète le liquide lacté, on constate une disposition inverse; ces îlots adipeux interlobulaù^es n'existent plus, ou, s'ils existent, sont à peine visibles ; mais ce qui est plus caractéristique encore, c'est l'état du tissu conjonclif péri-acineux et péri-lobulaire. Autour de chaque acinus, les deux zones situées en dehors de la membrane limitante se sont accentuées davantage, si c'est possible. La première, celle qui paraissait la plus claire, contient manifestement des vaisseaux capillaires sanguins, ce qu'indique la disposition des cellules et des noyaux qui paraissent limiter des canaux très-fins; les éléments cellulaires sont d'ailleurs très-abondants à ce niveau. La deuxième couche est plus épaisse, elle est formée de faisceaux conjonctifs volumineux, très-réfringents, qui, par les réactifs colorés, prennent un éclat d'un brillant tout spécial, qu'on ne retrouve que dans le tissu conjonclif en pleine activité nutritive, lorsqu'il est rempli de sucs, et présente pour ainsi dire l'œdème physiologique. De plus les cellules interposées entre les faisceaux sont tuméfiées et plus visibles qu'à l'état normal.
Telle est la disposition habituelle du tissu conjonctif péri-lobulaire et telles sont les différentes modifications qu'il peut subir, et qui, de l'absence presque complète de tissu cellulo-adipeux, amène graduellement la mamelle à un état polysarcique. Dans cet état, et il se présente lorsque la glande est atrophiée, ce qui reste des acini et des canaux excréteurs est comme perdu au milieu de la masse graisseuse.
30 Des vaisseaux lymphatiques glandulaires. — Leurs rapports avoc k lobule primitif et les zones conjonctives péri-acincuses.
Les vaisseaux sanguins des lobules sont très-visibib dans rétat de lactation ; ils entourent complètement le grais glandulaire, et sont presque immédiatement appuyés sur la membrane limitante; mais lorsque l'activilé physiologique de la glande se ralentit, ils deviennent bien raoin> visibles.
Existe-t-il des vaisseaux Ijinphatiques péri-acineux el péri-lobulaires? Cette question est très-controversée, si Ton consulte les auteurs. Le plus grand nombre des niicrographes, en effet, met en doute la présence de vaisseaux de cette nature dans le voisinage immédiat de IVlément glandulaire.
M. Sappey décrit dans la mamelle des lymphatiques profonds. « Il existe en effet, dit-il, un plan profond ou » glandulaire, d'une prodigieuse richesse, qui enlace de » ses radicules chacun des lobules et des lobes de la » glande. » Kôlliker déclare au contraire que personne n'en a encore rencontré.
Dans une première série de recherches entreprises pour résoudre cette difliculté, nous devons dire que d'abord nous n'avons pas été plus heureux que les anatomistes auxquels nous faisons allusion. Dans un grand nombre de coupes faites sur des glandes mammaires, à l'état de repos physiologique, et prises, il est vrai, sur des femmes un peu âgées, nous n'avons pas retrouvé, d'une façon nette, dans le tissu cellulaire périacineux ces lacunes lymphatiques si faciles à reconnaître, une fois qu'on a pu les étudier dans les différentes couches du derme cutané. D'un autre côté, certains faits pathologiques paraissent
en contradiction avec l'existence d'un riche réseau Ivmphatique immédiatement accolé aux éléments glandulai'^es. On sait, en effet, que les mastites proprement dites, exactement limitées aux éléments glandulaires, n'amènent pas de lésions des ganglions axillaires; tandis que lorsque l'irritation inflammatoire s'est étendue davantage et a dépassé la zone conjonctive du cul-de-sac, ou atteint le tissu cellulaire sous-cutané, les mêmes ganglions se tuméfient ou deviennent au moins douloureux, indice certain d'un retentissement pathologique sur leur activité nutritive.
De plus, nous verrons que certaines formes de cancers développés dans les culs-de-sac de la glande n'amènent pas ou n'amènent que très-tardivement un retentissement ganglionnaire (1). Pour expliquer ces faits pathologiques, il fallait nécessairement, ou qu'il n'existât pas de lacunes lymphatiques glandulaires, ou s'il en existait, qu'elles adoptassent une disposition spéciale qui les mît à l'abri d'un envahissement précoce.
Ce sont toutes ces considérations réunies qui nous eussent fait pencher vers l'opinion des anatomistes mettant en doute l'existence de ce réseau lymphatique profond, tout au moins dans sa partie exclusivement glandulaire. Mais une seconde série de recherches entreprises dans de meilleures conditions que les premières, sur des mamelles appartenant à des femmes plus
(1) Voir à ce sujcl le travail de WaUleyer, inséré dans Virchow's Archiv, l. LV. Berlin, 1872.
Cet auteur parle de lacunes lymphatiques, mais il ne doime rien sur les planches qui accompagnent son travail qui puisse les représenter; toutefois, dans la planche 8, dessin 15, il existe un espace qui correspondrait assez bien à une lacune lymphatique. A cause de ces divergences d'opinion, celte question n.érilait d'être étudiée à nouveau.
Oi DE LA GLANDE MAMMAiRE ET DE SES TUMEURS
jeunes, sont venues modifier notre opinion priminv-;, nous sortir de notre indécision et nous faire ado[>ter pleinement celle des anatomisles qui croient à l'existeft;^ d'un réseau lymphatique profond, pénétrant dans la cliâfpenle conjonctive de la glande mammaire, de façon à entourer les lobules de cet organe.
Voici d'abord dans quelles conditions nous avons faii nos recherches. Nous avons utilisé, en premier lieu, m^ glande mammaire bien développée, provenant d'un^ femme, jeune encore, âgée d'environ 32 ans, et qui avait dû subir l'amputation du sein, à cause de Texistence d*; plusieurs noyaux cancéreux développés dans l'intérieur de cet organe; puis deux glandes mammaires provenani de nourrices jeunes, 22 à 24 ans, mortes Tune des suites d'une rougeole, l'autre de métro-péritonite puerpérale, après quelques jours de maladie. Dans les deux dernières glandes la lactation avait cessé depuis huit jours environ, (le telle sorte que l'organe avait commencé à subir le mouvement de retrait qui accompagne toujours la cessation de la l'onction, mais ne l'avait subi que très-faiblement.
Voici ce que l'on observa dans la première glande mammaire que nous avons étudiée.
Dans la description que nous avons faite du lobule primilif glandulaire et du département de tissu conjonclif au centre duquel il est situé, nous avons reconnu que ce tissu conjonctif formait deux couches : iune presque immédiatement accolée à la membrane limitante des culsde-sac, dont elle est séparée par une zone claire. Dans cette couche les faisceaux de tissu lamineux et les cellules plates interposées sont pressés les uns contre les autres et sont accumulés en grande quantité, en formant une couche concentrique à l'élément glandulaire.
VAISSEAUX LYMPHATIQUES nLANDtUrRES. \iS
A la périphérie et constituant la seconde couche, l« tissu était plus lâche, il se confondait insensiblement avec la portion de la charpente fibreuse dans laqudle se dépose le tissu cellulo-adipeux que l'on rencontre si souvent dans les glandes lactifères au repos physiologique. C'est dans cette seconde couche conjonctive {fi^. 6) que l'on
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rencontre des lacunes qui présentent tous les caraclères de lacunes lymphatiques ; elles sont aplaties le plus souvent, d'autres fois triangulaires ou ovalaires, ou bien de forme plus irrégulière encore; elles sont situées entre les faisceaux du tissu conjonctif, mais ne paraissent pas dues à un simple écarlement de ces faisceaux, comme
94 DE LA GUNDE MAMMAIHE ET DE SES TITMEURS.
on serait peut-être disposé à le supposer. Les parois \V ces canaux sont constituées par des faisceaux conjonctifi recouverts^ dans la partie qui correspond à la lumière ila vaisseau, par un endothélium très-net (fig. 7) ; les nom.
Kic. 7. — Lacuno Ij-mphalique përi-lobulairo (Ocal. 2, object. 8, Hartnacfc). a. Ucvélomcnl eiidolhélial. — b. Fibres de tissu conjonclif.
de ces cellules endothéliales proéminent à distance à peu prés égale et ressemblent ainsi à une rangée de petites perles, suivant la comparaison élégante et si vi-aie de M. Renaut (1).
Immédiatement en dehors de cet endothélium on trouve un réseau élastique à fibres très-minces et très-délicates.
Les relations de ces lacunes lymphatiques avec les faisceaux de tissu conjonclif sont très-manifestes lorsque la coupe a été dirigée perpendiculairement à la direction de ces faisceaux. C'est dans ce cas que les lacunes sont de forme triangulaire; lorsque au contraire la coupe a intéressé les faisceaux conjonctifs parallèlement àleur direction, les lacunes se présentent, assez souvent, sous forme d'un espace très-allongé, semi-lunaire, concentriquemenl placé à la zone conjonctive épaissie dont nous avons parlé,
(1) Recherches anatomiqiies sur l'érysipclc et les œdèmes de la peau par J. Renaut (Archives île physiologie normale et pathologique^ 1874, p. 234).
et toujours reconnaissable au revêtement endothélial qui tapisse la cavité sur tout son pourtour. On y voit quelquefois aboutir des lacunes plus petites, le long desquelles on peut suivre le revêtement endothélial si caractéristique. Dans quelques-unes de ces cavités on trouve des cellules d'endothélium desquamées, mais il n'y existait, dans au« cun des cas que nous avons examinés, de coagulum fibrineux.
Dans les parties des coupes qui correspondaient aux points 011 du tissu cellulo-adipeux s'était déposé dans la charpente conjonctive de l'organe, nous n'avons pas trouvé ces espaces lacunaires si remarquables; ils siègent toujours, tout au moins sous la forme que nous venons de leur assigner, en dehors de ces régions, dans la couche que nous avons délimitée, formant ainsi une série de lacunes au milieu desquelles baignent pour ainsi dire, mais à distancey les lobules et la zone conjonctive qui soutient et renforce les éléments glandulaires eux-mêmes. Il nous a été impossible de retrouver de ces lacunes dans le voisinage immédiat des cids-de-sac. 11 ne nous a pas paru non plus que les lacunes envoyassent des prolongements qui, traversant la zone conjonctive concentrique au lobule, pénétreraient entre les culs'de-sac glandulaires eux-mêynes.
Cette première pièce était extraordinairement favorable pour cette élude, et les résultats ont été très-nets.
Sur les deux autres glandes que nous avions sous la main, nous avons retrouvé une disposition identique; seulement, dans les deux cas, l'élément glandulaire, trèsdéveloppé encore, laissait entre les lobules une bande conjonctive moins étendue et dans laquelle les lacunes lymphatiques avaient moins d'espace : toutefois elles apparaissaient très-nettement avec les mêmes caractères que
dans le premier cas, ne laissant subsister dans IVspn; aucun doute sur leur véritable nature.
Pourquoi n'avions -nous pas retrouvé cette dispositk sur d'autres j»:landes? D'abord en faisant une revue rélnjspective des coupes anciennes que nous avions à noln^ disposition, nous avons retrouvé des indices de ces lacunequi, par suite de la préparation défectueuse de la pife. et de son mauvais état de conservation n'avaient pas attiré sulïisamment notre attention. D'autre pari, sur de^ glandes séiiiles le tissu conjonctif s" est tellement raiaiim, a pris une apparence tellement fibroïdey que les lacunt> sont effacées, et que seules, des injections interstitiel^^ peuvent les déceler. Dans les faits qui ont attiré noir»attention sur ce point d'anatomie normale, l'état d'activité de la nutrition de la glande, due à une rénovation moléculaire très-activée, était certainement la cause pr laquelle était occasionné l'espèce d'œdèrae physiologique du tissu conjonctif interlobulaire, grâce auquel ces particularités anatomiques étaient devenues visibles.
Dans la première glande, celle qui contenait des nodules cancéreux, ces faits étaient très-nets à une certaine distance des noyaux de carcinome; lorsqu'on se rapprochait de la lésion qui avait nécessité l'opération le tissu conjonctif devenant embryonnaire entre les faisceaux, les lacunes s'effaçaient, et on retrouvait la disposition si bien décrite par M. Marc d'Espine, lorsqu'il dépeint la deuxième zone de prolifération cancéreuse.
Sur des mamelles de femmes plus Agées, nous avons essayé de reproduire un œdème artificiel qui permît d'étudier ces lacunes lymphatiques. — Nos efforts ont été couronnés de succès; mais ce n'était pas tout, il fallait chercher à injecter ces vaisseaux pour se rendre compte de
leur forme. Avec une solution de bleu de Prusse, nous avons, en dernier lieu, pratiqué plusieurs injections interstitielles; elles ont donné naissance à la formation d'un réseau remarquable rempli par la matière colorante.
Lorsque la coupe était perpendiculaire à la direction principale des vaisseaux, nous avions une disposition lacunaire irrégulière, et les lîicunes étaient remplies par de la matière à injection qui dissimulait en partie le revêtement endothélial.
Sur d'autres coupes, la disposition du réseau injecté était plus remarquable et'plus caractéristique s'il est possible. On trouvait, dans la zone péri-lobulaire, des canaux remplis et distendus par de la matière colorante. Ces canaux étaient bosselés, comme variqueux. Ils représentaient, assez bien, un chapelet dont les grains seraient formés par les parties dilatées du canal, tandis qu'au niveau de la portion intermédiaire plus étroite on voyait, sous certaines incidences, une sorte de diaphragme annulaire qui n'était autre chose qu'une valvule modifiée. La présence de ces valvules ne peut être constatée que dans les vaisseaux les plus volumineux, ceux qui ont des parois propres; tandis que dans les lacunes interposées aux fiiisceaux de tissu conjonctif, on n'en trouve aucune trace.
Nous n'avons pu étudier, en détail, la structure de ces sortes de valvules ou diaphragmes annulaires. Aucune de nos coupes ne s'est trouvée favorable pour effectuer cette recherche.
Nous insistons d'une façon toute particulière sur le siège occupé par ces lacunes lymphaliques dans la glande mammaire. Dans cet organe, ce siège est bien différent de celui qu'elles occupent dans les autres glandes en grappes, les glandes salivaires et le pancréas par exemple. Dans ces der-
nières, les culs-de-sac ne sont séparés que par ua-mince couche des lacunes lymphatiques, et les élément glandulaires baignent, pour ainsi dire, dans les cavil^v lymphatiques.
On peut se rendre compte de la cause qui préside àcell'' différence de siège, en se reportant au mode de développement de la glande mammaire. On sait, en efîet, que celte glande tire son origine d'un bourgeon épithélial provenant du réseau de Malpighi, ce qui en fait une dépendance de la peau. Nous rapprocherons de cette notion préliminaire, les recherches intéressantes de M. le D' Renaut sur 1»^ siège des lacunes lymphatiques dans Tépaisseur du revêtement cutané. Cet auteur a démontré que ces lacunes se trouvent dans la seconde zone du derme, c'est-à-dire dans la région sous-papillaire et même dans la profondeur de cette seconde zone.
La connaissance que nous venons d'acquérir du siège occupé par les lacunes lymphatiques dans le tissu conjonctif péri-acineux, est ainsi d'autant plus intéressante. Cette notion est une preuve nouvelle que, malgré les immenses modifications subies par les bourgeons épithèliaux, pour arriver à former un organe glandulaire d'apparence aussi complexe, la glande mammaire n'en reste pas moins une dépendance de la peau.
Gomme conclusion de ces recherches nous dirons que : dans la glande maminaire il existe xui réseau lymphatique péri-lobulaire contenu dans sa charpente conjonctive. Ce réseau est sit\i.é assez loin de l'élément glandulaire et en est séparé par une zone conjonctive épaisse^ concentrique au lobule. Cette disposition nous paraît intéressante, en ce sens qu'elle nous rend compte de la facile généralisation lymphatique du carcinome^ qui y développé
TUMEIRS D*0RIGINE ÉPITHËLIÂLE. 99
dans le tissu conjonctif p^ri-lobulairey se trouve presque immédiatement en contact avec les cavités lymphatiques; tandis que les altérations parties du ctil-de-sac glandulaire ^ séparées de ces mêmes lacunes par la zone épaissie sur laquelle nous avons insisté à plusieurs reprises, ne peuvent arriver dans la circulation lymphatique qu'après avoir franchi cette limite^ ou plutôt cette sorte de barrière protectrice.
i^ Application des notions précédentes au mode de formation des tumeurs
glandulaires dans la nianielle.
Ces considérations anatomiques préliminaires étaient nécessaires, pour arriver à une classification naturelle des tumeurs que nous avons à étudier. En effet, dans Vêlement glandulaire que nous venons de décrire, deu^ pa^^ties différentes peuvent subir, isolément^ des irritations susceptibles d'exciter leur activité nutritive au delà des limites normales, et d'y amener la production de néoplasmes. C'est d'une part le revêtement êpithélial ^ et, d'autre part, le tissu conjonctif péri-acineux.
TUMEURS d'origine ÉPITIIÉLIALE
Dans le premier cas, ce sont, avons-nous dit, les épithéliums glandulaires qui subissent une irritation formatrice considérable. Par suite de leur production exagérée, ils donnent alors naissîince à des tumeurs épilhelialeSj ou tout au moins à des tumeurs dans lesquelles ces éléments ont une prédominance marquée. Cette classe de tumeurs se rapproche évidemment de celle des carcinomes, mais elle
se différencie des cancers ordinaires de la même région, par son mode de développement, par sa marche clinique et par une disposition anatomique spéciale des alvéoles qui simulent, à s'y méprendre, d'énormes culs-de-sac glandulaires distendus par Tépitliélium.
Celte distinction n'est pas acceptée partons les auteurs, plus particulièrement par ceux qui admettent que le cancer de la mamelle se développe dans les culs-de-sac glandulaires^ ou est dû, dans tous les cas, à une liyperplasie des épithéliums glandulaires. Disons, toutefois, que le plus grand nombre des anatomo-palhologistcs se rattache à l'origine conjonctive du cancer vrai : les uns le faisant débuter dans les lacunes lymphatiques de ce tissu dont ils admettaient à priori l'existence, d'autres le faisant naître aux dépens des cellules plates interposées entre les faisceaux do ce même tissu conjonclif.
Nous sommes obligés de discuter, brièvement, les opinions des uns et des autres, pour arriver à démontrer que ce que nous appellerons Vêpilhélioma intra-canalicu^ laire, et le carcinome vrai, sont deux tumeurs bien différentes.
Au nombre de ceux qui admettent Vorigine conjonctive (lu cancer, nous devons signaler, plus spécialen^cnt, Richard Volkmann de Halle (1), MM. Cornil et Ranvier (:2),
'Il Zur Ilistologif ilex Mmkelkrehses par Richard Volkmann. Vircttow*n Archiv, M. i., 1870, p. 513.
<ii <> C(> qui r^iracti'risi; lo carcinome, cVst stm dévclop|)oment dans les cspaci*s plasmatiques du tissu conjonrtif^ ol la glande marnmaii'c nVchappe fias à cette rè{çle. » (Cornil et Ran\ier, Manuel d'histologie pathologique^ l. I, p. 171. Paris, l«60.j
Cepi'udanl M. Cornil, dans un travail antérieur, insénr dans le Journal tle Vanatomie et de la physiologie, a paru admettre l'origine du carrinonic du seiu par la $;enèse de nouveaux acini, qui, d*abord de nouvelle formation, ne tarderaient pas à s'altérer.
TUMEURS D'ORIGINE ÊPITHÊLIALE. 101
enfin le D' Marc d'Espine de Genève (1). Ce dernier anatomo-pathologiste, dans une note récente, étudie le développement du cancer de la glande mammaire et, sur les coupes microscopiques qu'il a faites à la limite de la lésion, il a trouvé trois zones différentes, indépendantes de Télément glandulaire, dont la description résume la manière de voir de ceux qui partagent son opinion.
Une première zone, la plus éloignée du noyau cancéreux, est le siège d'une sorte d'œdème (phase œdémateuse de Ranvier).
La deuxième est la zone de prolifération, dans laquelle les cellules plasmatiques du tissu conjonctif présentent une multiplication active de noyaux. L'exsudat, dû à cette prolifération, refoulant les faisceaux de tissu conjonctif, les a épaissis et a déterminé la formation d'espaces alvéolaires.
Enfin, dans la troisième zone, on trouve le tissu alvéolaire constitué avec tous les caractères qu'on lui reconnaît dans les carcinomes vrais.
Waldeyer (2) est le principal représentant des auteurs qui n'acceptent que Yorigine épiihéliale du cancer vrai.
Pour défendre cette opinion, Waldeyer admet la migration des cellules d'épithélium, provenant soit des culsde-sac glandulaires, soit des lacunes lymphatiques. Mais ce fait reste douteux , et le devient davantage lorsqu'on réfléchit au volume, à la consistance, à la friabilité et à l'organisation avancée des produits épithéliaux. Dans ces conditions , nous ne comprenons pas comment pourraient
(1) Contribution à l'étude du développement du carcinome de la ma melle, par Marc d'Espine. (Ardiives de physiologie normale et pathologique. 1874, p. i77-180.)
(2) Virchow's Arch. Band. LV, 1872.
lie DE LA GLANDE MAMMAIRE ET DE SES TDMEURS.
s'opérer les migrations de pareils éléments cellulaires. Ik plus, nous devons faire remarquer qu'au niveau des espaces où se produit le développement des nodules cancéreux, la glande a disparu. Si donc rinfeclion provenait des cellules épithéliales glandulaires, on ne pourrait l'expliquer que par une action infectieuse et toute hypothéliquc, propagée à distance, entre les mailles du tissu conjonrtif et malgré la présence de couches plus ou moins épaisses de ce tissu.
D'ailleurs AValdeyer, tout en admettant que, dans le squirrhc et le cancer médullaire, les noyaux cancéreux proviennent des épilhéliums normaux de la mamelle, est obligé de reconnaître dans cette forme morbide plusieurs variétés bien distinctes, fondées sur la manière dont'se produirait leur développement.
Dans une première variété le processus, d'après lequel s'opérerait la migration des épithéliums, s'accompagnerait d'une infiltration considérable de petites cellules dans le tissu conjonclif existant entre les acini, travail pathologique qu'il désigne sous le nom de prolifération périacineuse. On verrait en même temps, les épithéliums des acini mammaires prendre part à la prolifération et former des bouppes cancéreuses.
Il cite à l'appui de cette opinion et comme preuve le fait suivant : c'est que l'on réussit à injecter des substances colorées dans ces noyaux carcinomateux, en poussant une injection, par les canaux galactopbores, dans les alvéoles. Mais te n'est pas là une preuve que ces alvéoles soient une dépendance de la glande mammaire; car, si le cancer fait disparaître les culs-de-sac glandulaires proprement dits, les gros conduits galactopbores échappent longtemps à ces envahissements et à la destruction