GÉNÉRALITÉS SUR LANÀTOMIE PATHOLOGIQUE
sont jeunes et en voie d'évolution, le tissu interposé entre les mailles de ce réseau fibreux présente une coloration plus rosée, en rapport avec une richesse vasculaire plus grande et avec une abondance considérable d'éléments embryonnaires. Quelquefois, d'anciennes hémorrhagies interstitielles donnent une teinte jaune rouille , opaque, aux tissus dans lesquels elles se sont produites. Enfin, une coloration rouge sombre est généralement en rapport avec un développement télangiectasique assez prononcé.
On note les mêmes variations très-manifestes lorsqu'on étudie la consistance au toucher présentée par ces productions morbides. Ce caractère physique est bien diflérent et bien différemment perçu suivant les circonstances dans lesquelles on le recherche, et suivant les tissus que l'on examine. Lorsque la tumeur est entière et contenue dans sa capsule fibreuse intacte, la palpation donne une sensation tout à fait autre que lorsque la même tumeur a été sectionnée en deux portions à peu près égales. D'autre part, la sensation ressentie est modifiée par la présence de ces cavités kystiques plus ou moins considérables que l'on rencontre , presque constamment , dans toutes les tumeurs, lorsqu'elles ont acquis un volume moyen.
La présence de ces cavités peut faire croire à l'existence d'un tissu plus mou que celui qui existe réellement; mais l'erreur inverse peut être également commise. Il n'est pas rare de rencontrer des cas où la mollesse toute particulière des tissus qui constituent les lobes de la tumeur fait supposer, à torl, qu'il existe des cavités kystiques remplies d'un liquide plus ou moins filant, plus ou moins muqueux. Néanmoins, ces erreurs possibles étant mises de côté, il faut reconnaître que les sensa-
lions fournies par le palper donnent, sur la consistant? des tissus qui constituent la tumeur, des notions aski exactes et en rapport avec la nature intime de ces raêm*^ tissus.
Lorsque la tximeur est fibre^iM dans la plus gi'ande partie de son étendue, on percevra par le toucher une dureitoute particulière, presque chondroïde. Si, au contraire, le tissu fondaynental est surtout sarcomateuXy la résistance au toucher sera diminuée et pourra, dans certoins points, faire place à une sensation de mollesse assez grande. Mais, de toutes ces tumeurs, celles dont la consistance est la moindre, il est vrai qu'elles sont les plus rares, ce sont les myxomes. En effet, s'il est fréquent de rencontrer une altémtion muqueuse^ disséminée par nodtdey isolés dans un grand nombre de tumeurs du sein, il est exceptionnel de voir une tumeur tout entière présenter, dès son drbut et dans toute son étendue, Valleration myxomatcuse.
Comme on le voit, par cette revue rapide, ces caractères extérieurs ne nous donnent aucune notion bien précise et immédiatement applicable. Cependant, il est deux phénomènes anatomiques dont Timporlance, différente pour chacun d'eux suivant le point de vue auquel on se place, devient assez grande, pai* suite de leur caractère de généralité, pour devoir attirer tout particulièrement notre attention.
Nous voulons parler, en premier lieu, des points où se développent ces tumeurs et de leurs migrations ultérieures y et par conséquent étudier, à cotte occasion, les rapports qu'elles peuvent contracter successivement avec les différentes parties de la région Ihoracique.
Le second fait anatomique qui doit ensuite fixer notre
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attention est relatif à la présence, dans ces tumeurs, de cavités lacunaires ou kystiques, avec ou sans végétations intérieures. Ce caractère se retrouve toujours, le plus habituellement visible à l'œil nu, quelquefois perceptible seulement à l'examen microscopique, mais dans ce cas on assiste au début de l'évolution morbide qui préside au développement de ces cavités. Son existence constante en fait un des caractères anatomiques les plus précieux. Nous aurons à discuter sa valeur et les explications données relativement au mécanisme qui préside à la genèse de ces cavités si singulières.