‹ Traité des tumeurs bénignes du seinChapitre 20 sur 84 · TUMEUR MIGRATRICE DE LA MAMELLE · texte numérisé non relu

TUMEUR MIGRATRICE DE LA MAMELLE

coupe reste béante et ils sont remplis d'une masse granuleuse due aux débris épithéliaux qui y sont tombés et ont subi une régression granulo-graisseuse. Toutefois on ne trouve pas de modifications bien nettes de l'épithélium, car il n'est pas hyperplasié et ne remplit pas les culs-desac glandulaires; cependant on croit voir qu'il s'est un peu modifié dans sa forme et que, pavimenteux au fond des culs-de-sac glandulaires, il est devenu quadrangulaire et tend à se rapprocher de la forme cylindrique.

Les vaisseaux et surtout les artérioles sont assez développés; ils décrivent des réseaux remarquables et l'on doit noter le nombre d'éléments conjonclifs jeunes, accumulés autour de leurs parois.

Dans les lobules, au contraire, où l'altération est moins avancée, on trouve des lésions analogues à celles que nous avons décrites, mais moins caractérisées.

Le tissu conjonctif interstitiel est en voie de prolifération et on voit que les acini sont écartés les uns des autres; mais ce sont surtout les lobules primitifs qui sont séparés de leurs voisins par des espaces triples ou quadruples de ceux que l'on rencontre à l'état normal. Ces espaces sont occupés par du tissu conjonctif, en voie de prolifération Irùs-active, car les éléments cellulaires y sont trcs-abondanls, turgides et colorés vivement par le carmin. L'épithélium glandulaire ne paraît pas modifié comme forme et comme volume; on ne retrouve pas, dans ces points de la coupe, des conduits excréteurs dilatés et remplis de matière granuleuse.

Ainsi qu'on peut le voir, dans ce cas nous avons affaire à un fibrome pèri-canaliciUairc, ayant eu son point de départ surtout dans le tissu interstitiel péri-lobulaire et amenant mécaniquement des modifications de volume et

de forme dans les lobules, sans qu'il y ait eu de tendance . manifeste à la production de végétations intra-canalicU' laires.

Nous appelons particulièrement l'attention sur ce fait, à cause des erreurs cliniques auxquelles peut donner lieu la situation acquise par ces tumeurs à la suite de leurs migrations, puisque dans ce cas, un clinicien aussi consommé que M. Gosselin a pu hésiter un moment sur la véritable nature de la tumeur soumise à son appréciation.

D'ailleurs, cette erreur n'est pas absolument rare, et nous avons eu entre les mains une autre pièce anatomique dont l'examen histologique a permis de rectifier le diagnostic qui avait été porté ; il s'agissait d'un fibrome mammaire peu volumineux, très-mobile, et qui, par sa situation Irès-rapprochée de l'aisselle, avait également fait croire à l'existence d'un ganglion hypertrophié.

Dans les deux cas, la marche de la maladie ne fournis sait aucun renseignement qui pût expliquer le processus d'après lequel cet isolement s'était produit.

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