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DES LACUNES ET DES KYSTES DE LA MAMELLE; LEUR DEVELOPPEMENT

ET LEURS ÉVOLUTIOiNS SUCCESSIVES.

g 1. — DifTérentos opinions émises sur Torigine de ces cavités.

Le second des caractères anatomiques, que Ton doit faire rentrer dans une élude générale des tumeurs bénignes du sein, n'est pas moins important que celui que nous venons d'étudier; on peut dire même, que l'intérêt qu'il oiîre est plus considérable. Il s'agit, ainsi que nous l'avons déjà dit, de ces cavités lacunaires et de ces kystes dont la forme, le volume et le mode de développement sont si remarquables.

Les lois qui président à la formation des cavités closes dans les différents tissus et dans les différents organes du corps humain, trouvent leur application dans le cas particulier qui nous occupe.

En effet, un certain nombre de ces cavités se sont formées de toute pièce, à la suite de modifications successives subies par les éléments anatomiques de certaines régions; elles sont les vestiges d'une série de processus qui ont amené la destruction d'une étendue plus ou moins

considérable du tissu malade; ces cavités correspondent aux kystes néogènes de M. Broca.

D'autres kystes, au contraire, et c'est le cas le plus fréquent, doivent leur origine à ce que une cavité préexistante a subi une série de modiiications qui, après l'avoir déformée, ont amené sa dilatation. Cette seconde variété, des deux la plus importante, est celle que l'on rencontre pour ainsi dire exclusivement dans les tumeurs mammaires bénignes ; elle rentre dans la classe des kystes appelés par M. Broca kystes progènes.

Avant d'étudier ces cavités dans les détails que nécessite leur histoire pathologique, nous devons rechercher rapidement dans les auteurs qui se sont occupés de la question, quelles ont été les opinions émises à leur sujet, quelles ont été les théories faites pour expliquer leur développement.

Astley Cooper est le premier qui ait fait connaître une maladie kystique du sein, tout au moins, qui ait étudié les kystes do cet organe à un point de vue général. Il les décrit sous le nom de maladie hydatique de lii mamelle^ bien qu'il ne confonde pas ces différentes cavités avec des vers vésiculaires, car il établit une distinction très-nette entre les diverses variétés de ces tumeurs liquides. Il conserve cette dénomination générale pour suivre un usage ancien qui avait réuni, sous le nom commun d'hydatide, tous les kvstes séreux. C'est dans son mémoire sur les hydatides de la mamelle qu'il étudie cette question, au sujet de laquelle une certaine confusion paraît régner dans son esprit, car il admet quatre variétés de tumeurs kystiques, subdivisant ainsi des choses qui devraient être réunies dans une même description, alors que d'autre part il réunissait par un lien commun des objets disparates.

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