‹ Traité des tumeurs bénignes du seinChapitre 29 sur 84 · KYSTES D'ORIGINE EXCLUSIVEMENT GLANDUUIRE · texte numérisé non relu

KYSTES D'ORIGINE EXCLUSIVEMENT GLANDUUIRE

le point de départ du processus morbide, subit une élongation progressive et un élargissement notable. Comme premier effet de cette action mécanique, les lobules primitifs et leur canal excréteur sont changés en une sorte de glande tubuleuse multidigitée ; puis la cause déformante continuant à agir, l'élongation des cavités glandulaires est portée à un tel point, que le lobule n'est plus représenté que par une sorte de fente anfractueuse. C'est ainsi que se forment les lacunes.

Si plus tird, le tissu de nouvelle formation, repoussant devant lui la membrane limitante et son revêtement épithélial, pénètre dans la cavité glandulaire et augmente de masse, l'espace lacunaire dont nous avons décrit la formation, est distendu par suite de cette protrusion intérieure. Il se transforme en cavités plus ou moins irrégulières, dans lesquelles bourgeonnent les excroissances papillaires de la tumeur; puis à la suite d'irritations répétées, du liquide s'y épanche ; c'est alors le cysto-sarcome proliférant ou phyllode de Muller.

Nous devons faire remarquer que les bourgeons papillaires et les parois de la cavité sont tapissés par un revêtement épithélial, le plus souvent cubique.

Cette variété de cavités cystiques est, de toutes, la plus fréquente et celle que nous aurons à étudier le plus particulièrement.

3* Quelquefois une tumeur, souvent très-petite, fibrome intra-canaiiculaire, épithélioma végétant, se développe dans l'intérieur d'un conduit galactophore, sur un point circonscrit de sa paroi interne, et oppose, à l'écoulement des produits sécrétés dans le lobe ou le lobule, une gène intermittente. Cette sorte de barrière empêchant l'excré-

lion des liquides provoque la formation d'un vérilalr kyste par rétention aux dépens de la partie du caii située en arrière de l'obstacle.

D'autres fois, la cause oblitéranlCy quoique prodowi le môme eiïet que la tumeur intra-canaliculaire, rêjri^ autour et en dehors des conduits excréteurs. C^f. qui a lieu dans les cas de fibrome diffus de la mamflk<t voie de rétraction fibreuse; et cette cause, analogue il précédente dans ses effets immédiats, donne égalemeE: naissance à des kystes par rétention.

Cette dernière variété est rare, on n'en trouve p^ d'exemples bien nets dans les auteurs. Ils ont été signaid'après nos conseils par M. Rogeau (i) dans sa tlièse inaa gurale avec leurs caractères principaua:. Nous croyoïb. en les faisant connaître, plus loin, dans totts leurs déiah appeller sufiisamment l'attention sur eux, pour que «1< nouveaux faits, semblables à ceux que nous avons étudiés, soient recueillis par d'autres observateurs.

{* DES KYSTES PAR RKGRESSION GRANULO-GR AIS8BL' S B DE L'ÉPl- THÉLIUM INTRA-GLANDULAIR B ET DES PRODUITS SÉCRÉTÉS.

l** Kystes par régression granulo-graissetise. U<

kystes par régression granulo-graisseuse sont obsené^, ainsi que nous l'avons déjà signalé, dans celles des tumeurs mammaires dans lesquelles l'intérieur des acini est devenu le siège d'une hyperplasie èpithéliale suDisante pour dilater ces éléments glandulaires. Plus tard, la destruction et la régression granuleuse de la partie centrale

(1) Rogeau, Sur une variété spéciale des kystes par rétention de le (jlande mammaire, Th. doct. Paris, 1874.

KYSTES PAR RÉGRESSION GRANULO-GRAlSSEUSE. 161

du produit sécrété ont succédé à cette hyperplasie et ont donné naissance à un liquide variable dans sa nature, sa composition et son aspect.

Cette pathogénie est admise par M. Cadiat, qui l'élablit même comme régie générale, prenant toutes les tumeurs dites adénoïdes du sein pour des adénomes. D'après cet auteur, alors que le cul-de-sac est devenu un kyste assez grand pour être visible à Tœil nu, on y retrouverait la paroi propre de l'élément glandulaire ; cette paroi serait mèmi*, plus nette, car son épaisseur aurait augmenté en proportion de l'accroissement du kyste. Le liquide contenu aurait les caractères du lait, surtout dans les petites cavités cystiques; dans les grandes, il serait séreux comme le colostnim; tels seraient les caractères des kystes succédant aux adénomes.

Nos observations ne confirment pas ces résultats. Dans toutes les tumeurs que nous avons pu examiner, nous n'avons pas rencontré de véritables adénomes; et de» plus, dans celles des tumeurs que l'on aurait pu considérer comme représentant cette variété pathologique, c'est-à-dire dans les épithélioma intra-glandulaires, nous n'avons pas assisté au développement d'un processus aussi complet et aussi caractéristique que l'est celui qui est décrit par M. Cadiat. Il nous semble que cet auteur a lapporté au développement kystique par régression granuleuse ce qui appartient, en réalité, au véritable kysle par rétention.

Lorsque nous étudierons cette dernière variété de kysle, nous aurons même l'occasion, pour appuyer notre opinion, de nous servir de l'une des observations du mémoire de M. Cadiat.

Les kystes par régression sont toujours petits, et il est

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rare qu'ils dépassent le volume d'une noisette ou d'une cerise ; leurs parois sont épaissies et leur surface interne est souvent tomenteuse ou plutôt recouverte de petites saillies villeuses. Le liquide contenu est plus ou moins laiteux, quelquefois coloré en brun ou en vert par des produits hématiques. Ce liquide contient des cellules pavimenteuses soit dissociées, soit agglomérées en membranes, des corpuscules de Glûge et des détritus granulegraisseux.

Les végétations que l'on rencontre quelquefois et que l'on voit partir, alors qu'elles existent, de la face interne des parois du kyste sont toujours très-petites et donnent à cette paroi l'aspect villeux que nous avons signalé ; elles sont constituées par des boui^eons vasculaires, soutenues par du lissu conjonclif plus ou moins embryonnaire et recouvertes par le revêtement épithélial qui tapisse les parois de la cavité.

Nous ne savons pas ce qui se passe , lorsque les kystes arrivent à acquérir un plus grand volume, et nous ignorons même s'ils atteignent des dimensions considérables. Mais, comme ils se développent dans de vériUibles épilhéliomas intra-canaliculaires, ils j^rtagent les conditions d'envahissement et de généralisation que présente cette variété de tumeur lorsque sa paroi extérieure devient embryonnaire ; a ce moment, en effet, les limites de la zone fibreuse étant dépassées, il se produit un envahissement rapide du syslème lymphatique qui, jusqu'à cette période, avait élé protégé.

Voici un exemple remarquable de cette variété de kysles dont nous devons la communication à M. le docteur Cornil, qui a bien vouhi nous fournir les préparations et les notes relatives à ce fait intéressant.

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