‹ Traité des tumeurs bénignes du seinChapitre 32 sur 84 · HYPERTROPHIE GÉNÉRALE DE U GUNDE MAMMAIRE · texte numérisé non relu

HYPERTROPHIE GÉNÉRALE DE U GUNDE MAMMAIRE

en même temps, est en relation avec cette même influence menstruelle.

Dans ce cas, Tablation de la plus malade des deux mamelles ne paraît pas avoir eu d'influence favorable. Au contraire, on a vu souvent une recrudescence se produire dans la marche de la maladie de la mamelle respectée par Topération.

Les mamelles malades sont fermes au toucher, saillantes, offrant une résistance élastique à la palpation. La peau est lisse, un peu tendueet quelquefois indurée. Dans ce cas elle appliquerait, suivant Yelpeau, la glande contre le thorax.

Plus tard, le revêtement cutané perdant sa résistance, devient flasque et ridé. Les mamelles se déforment, se pédiculisent quelquefois, tombent, glissent sur les parois thoraciques et viennent, dans les cas extrêmes, s'appuyer sur le bas-ventre ou sur les cuisses.

C'est alors qu'il n'est pas rare de voir des médecins instruits croire à l'existence d'une fluctuation plus ou moins étendue. A ce moment, en effet, le tissu du sein tremblote^ comme une masse de gelée. Les accès de fièvre du début peuvent reparaître à cette période de la maladie, la cachexie se prononce, les troubles menstruels deviennent plus sérieux, la chloro-anémie arrive à un degré extrême d'intensité. Li respiration devient gênée à cause du poids des tumeurs et à cause de la cachexie anémique. Enfin, des complications variées comme la gangrène, des suppurations diffuses, finfection purulente emportent les malades si la maladie ne passe pas aux périodes régressives de la cirrhose du sein.

Nous croyons pouvoir conclure, à la suite de cette discussion, que cet état morbide désigné sous le nom

iôi

V hypertrophie géiià^ale de la glande mamimiu.ù: iHrc rapproché du fibrome diffus, dont il nVsi qt^ forme particulière. Pour mieux expliquer noire \^^ nous dirons que le fibrome diffiis peut revêtir plu>b aspects cliniques différents, selon que la marche i»» maladie est plus ou moins aiguë, suivant que les l*^» restent localisées à la charpente de la glande, ou qoVIs'étendent jusqu'au revêtement cutané de la mamelle

Lorsque la marche de la maladie est rapide, aiguë, tque la lésion envahit toute l'étendue de la région, on bl* présence du fibrome diffus éléphantiasique, à forme m

Lorsque, au contraire, l'hyperplasie fibreuse re^ir calisée à la charpente conjonctive de la glande, ileo> suite, au début, une hypertrophie mammaire due à l'aiEmenlation de masse de ce tissu conjonctif et la formaiw (Kun état anatomique analogue à celui qui caractérisai: cirrhose hypertrophique du foie. Cette hypertrophie j«d ensuite persister et même augmenter grâce à des pr^ cessus différents. Cet état peut amener la formatiomtcavités cystiques multiples, et nous-môme, nous avot étudié un fait de ce genre, que nous avons rapporté daSî nos considérations anatomiques sur les kystes par r^ lention. (Voir Observ. X.)

Dans d'autres cas la charpente conjonctive se surchare de tissu adipeux, de telle sorte que, à un fibrome deb glande, succède une sorte d'état lipomatenx de cet oiTan?.

15 4. — D:i fibrome circonscrit.

Si les formes de l'hyperplasie fibreuse que nous venon> de décrire sont rares, il n'en est pas de même lorsque le processus morbide est restreint à une partie peu

FIBROME CIRCONSCRIT. 253

étendue du tissu glandulaire et donne naissance à des fibromes circonscrits de la mamelle.

Ces derniers, en effet, sont fréquents et représentent la forme sous laquelle débutent le plus grand nonnbre des tumeurs bénignes du sein.

D'après les auteurs, Virchow entre autres, ils revêliraient deux formes anatomiques différentes.

Dans certains cas, le tissu conjonctif de nouvelle formation resteraittout à faitéfn dehors des cavités glandulaires, ne faisant que les entourer et donnerait naissance à ce que l'on est convenu de désigner sous le nom de fibrome péricanaliculaire.

Dans d'autres faits, au contraire, le tissu nouveau, proéminant dans ces mêmes cavités, produirait une forme de tumeur qui serait désignée par le terme de fibrome cndocanaliculaire.

Ces distinctions, vraies dans certaines limites, ne doivent pas être conservées avec toute leur rigueur; car, si Ton fait une étude attentive de toutes les parties d'une même tumeur j on peut voir que, au niveau de certains points où l'altération commence, le tissu nouveau est surtout péri-glandulaire. Dans ceux, au contraire, où le processus morbide est plus avancé les formations fibromateuses pénètrent dans les kystes dus a la dilatation des différentes cavités normales de la glande, et on peut constater, cr que nous avons déjà démontré, que ces deux formes considérées comme différentes doivent en réalité être rapportées à une seule variété de tumeur, étudiée à différentes périodes de son évolution.

De toutes les tumeurs du sein, les fibromes circonscrits sont certainement celles que Ton rencontre le plus fréquemment. Us peuvent rester à Tétat de fibromes pursy

•S5i ANATOMfC PATHOLOGIQUE.

mais, assez souvent, par suite de révolution natur?.>r| tissus qui les constituent,* ils peuvent donner nakai à (les sarcomes ou à des myxonies.

Li forme extérieure des fibVomes est celle delà fxi\ des tumeurs bénignes du sein, c'est-à-dire qu di ovoïdes ou arrondis et présentent, lorsqu'ils onlpiv:] certain développement, une apparence lobulée. W dernière disposition est due à ce que plusieurs k ou même plusieurs lobes ont été atteints par rallêrtel morbide, et se sont réunis pour former une masse uniip*i

Leur volume est variable ; ils restent assez longtettl pelils, présentant les dimensions d^une noix ou d'à petile pomme ; cependant, il n'est pas rare d*en rencootr'' qui offrent les dimensions du poing et qui, même sansprtsenler de changements notables dans la nature des lis* qui les constituent, atteignent le volume de la tèle d'à enfant nouveau-né; mais alors ils renferment conîte ment des cavités cystiqucs plus ou moins considérabki

Lorsque ces tumeurs sont jeunes, leur coloration ftt blanc rosé et l'on voit sur une surface de section quel? tissu présente un aspect brillant, humide. Plus lard, cettf apparence peut se modifier et le tissu fibreux, après s être sclérosé plus ou moins complètement, offre un aspwt plus dense, plus sec. Sur la surface d*une coupe, ofi aperçoit des faisceaux de tissu conjonctif volumineux qui s'entre-croisenl en différents sens et qui, par suite de cet enchiivètrement, lui donnent une apparence lobulée. Enfin, dans certains cas, lorsque le tissu est tout àfeil ancien, il présente presque partout un aspect absolument aponévrotique.

La consistance au toucher est variable, et présente des variations analogues à celles que Ton constate dans les

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différences d'aspect et de coloration. La tumeur à son début est dure au toucher, elle résiste au doigt et ne se laisse pas déchirer par l'ongle ; mais cette résistance à la pression est bien plus considérable, lorsque la tumeur est ancienne et sclérosée.

Ces tumeurs sont entourées par une atmosphère celluloadipeuse lâche, sur laquelle elles glissent facilement et dont elles sont séparées par une capsule fibreuse plus ou moins épaisse, plus ou moins aponévrotique. Cette enveloppe se continue avec le tissu fibreux qui forme la masse principale de la production morbide et en est une dépendance. C'est elle qui concourt à donner à la tumeur l'apparence lobulée que nous avons signalée précédemment, en bridant les différents lobes qui la constituent.

Ces productions nouvelles sont, comme toutes les variétés de tumeurs bénignes du sein, reliées au reste de la glande par un pédicule plus ou moins volumineux et plus ou moins apparent. Nous avons déjà suffisamment expliqué, pour nous dispenser d'y revenir, les raisons qui rendent compte des faits où on ne le retrouve pas.

Lorsqu'une de ces tumeurs est à son début, en l'étudiant sur des coupes nombreuses, on voit qu*elle est traversée en tous sens par des canaux ramifiés, canaux qui ne sont autre chose que les conduits excréteurs de la partie de la glande qui est devenue malade. Ceux-ci sont trèsdilalés, sans que cependant ils contiennent dans l'intérieur de leur cavité des végétations endo-canaliculaires pouvant expliquer cette dilatation.

Lorsque la tumeur est plus ancienne, on trouve de grandes fentes irrégulières, ramifiées, que nous avons décrites sous le nom de lacunes.

Enfin, dans un degré plus avancé de la lésion, on

observe des kystes avec véjîétalions papillaires intérieures; ces cavités, contiennent alors, le plus souvent, une quan« tité variable de liquide.

Lorsque on examine des coupes microscopiques des difféi'cnles parties de ces tumeurs, on peut se rendro compte du processus pathologique qui a présidé à tous ces changements d*aspect.

Sur le fibrome circonscrit, voici ce que l'on voit au début : dans chacun des lobules glandulaires, atteint par l'état morbide, le tissu conjonctif péri-adneux a pris un développement énorme. Le premier effet de cette hyperplasie conjonctive a été d'écarter les culS'de'Sac glandulaires les uns des autres, de les allonger un peu, (Tagrandir leur cavité; il en est résulté, qu'un lobule primitif a pris un développement considérable, sans que, cependant, on puisse dire qu'il y ait eu formation de nouveaux culsde-sac glandulaires. On lelrouve, en effet, dans les parties malades, le même nombre d'acini que dans les parties saines, seulement au niveau des premières ils ont subi les déformations mécaniques que nous venons de rappeler.

Plus tard, les altérations des éléments glandulaires augmentent, à mesure que le développement du tissu conjonctif devient plus grand, ce qui donne naissance successivement à des /acw?*e5, ddcs kystes avec végétations plus ou moins ramifiées. Nous nous sommes, du reste, suffisamment étendus sur le mécanisme qui préside à la formation de ces différents états, pour que nous n'ayons pas besoin d\ revenir ici. Nous renvoyons pour cette partie de la question à notre étude sur les cavités cystiques. Nous ne» parlerons pas davantage des liquides contenus dans ces cavités, lorsqu'c'lles ont pris un grand volume; ce que nous en avons dit doit suffire.

h FIBROME CinCONSCHIT. UT

f. Le tissu de ces fibromes prcsenle, sous diverses influences, certaines modifications dans su composition alime. Loi'sque ces tumeurs sont jeunes, ce tissu contient

un grand nombre d'éléments embryonnaires; plus tard et au fur et à mesure qu'elles avancent en âge, il se condense, tes noyaux des cellules qui le constituent se ratatinent, et lorsque le tissu libreux est tout à fait ancien, les cellules sont presque entièrement masquées par les faisceaux fibrillaires conjonctifs.

Il n*est pas rare de rencontrer, en certains points de

2ô8 ANATOMIE PATHOLOGIQUE.

ces fibromes sclérosés, des espaces circonscrits au niveau desquels il s'est fait des dépôts de matières calcaires. D'autres fois, on trouve, surtout dans les végétations volumineuses endo-canaliculaires, des points plus ou moins étendus au niveau desquels le tissu de ces végétations a subi une altération myxomateuse.

Nous devons revenir avec quelques détails sur certaines particularités de l'histoire des végétations intra-kystiques que nous avons laissées de côté, lorsque nous avons fait l'étude des cavités qui les contiennent. Ces végétations sont plus ou moins volumineuses et assez souvent multiples dans la même cavité. Lorsqu'elles sont très-ramifiées, le pédicule qui les relie aux parois des kystes est très-mince. Quand elles sont ovoïdes et très-peu découpées, leur pédicule, au contraire, est en général assez large. Toute leur périphérie est recouverte par une couche unique d'épithélium cubique ou cylindrique analogue à celui qui revêt les parois du kyste et identique, par conséquent, au revêtement épithélial des cavités glandulaires.

Lorsque ces végétations sont très-découpées, cet épithélium revêt également les deux bords et le fond de ces incisures, ce qui avait fait croire, à tort selon nous, à l'existence de culs-de-sac glandulaires supportés par un pédicule, ou bien encore au développement d'un épithélioma papillaire. Ces deux interprétations sont également fausses et reposent sur une appréciation inexacte des faits, sur une connaissance incomplète du mode de production des végétations.

Dans ces végétations et dans les tumeurs qu'elles constituent, le système vasculaire sanguin est plus ou moins développé. Lorsque l'allération fibromateuse est encore peri-glandulaire, les vaisseaux sont plus volumineux qu a

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l'état normal et le long de leurs parois on voit qu'il s'est formé un grand nombre d'élémenls embi^onnaires qui épaississent ces parois. Plus tard, lorsque la tumeur est plus ancienne, le calibre des vaisseaux est rétréci et un gi*and nombre de ceux qui existaient semblent avoir disparu, ou tout au moins, leur nombre n'est plus en rapport avec l'augmentation continue du tissu nouveau.

Lorsque ces végétations intra-kystiques sont très-volumineuses, il arrive quelquefois que les vaisseaux capillaires sont très-abondants à leur périphérie. Cet état coexiste toujours avec la formation très-considérable d'éléments embryonnaires dans Técorce de ces végétations (voirfig. 14).

Toutes ces modifications portent sur les vaisseaux et paraissent coïncider avec un état irritatif de la partie de la tumeur où elles se produisent.

Observation XII. — Fibrome récent pi>ri*can.iliculaire et endo-canaliculairc. — Kystes avec végétations. — Lacunes à différents degrés de développement.

La nommée N..., âgée de trente ans, est opérée par M. Labbé, le 26 novembre 1872 avec le concours de M. le docteur Planchon, ancien interne des hôpitaux.

Cette femme, de constitution assez vigoureuse quoique maigre, est sujette à des crises d'hystérie; elle a été réglée de bonne heure et assez régulièrement. Elle a eu trois grossesses ; les deux premières se sont terminées par des fausses couches; dans la dernière qui remonte à cinq ans l'enfant est venu à terme. On ne note aucun antécédent morbide dans sa famille.

Il y a six ans, elle s'est aperçue qu'elle portait une

260 anâtomie pathologique.

grosseur du volume d'une amande, dans h parti.Mi>| du sein droit. Peu de temps après elle est devenu^ ceinte pour la troisième fois.

Son troisième accouefiement a été normal; ellena eu de lait et n'a pu nourrir. La tumeur n'a pasaupii de volume d'une façon appréciable, soit pendant Li;?sesse, soit dans le mois qui a suivi; raupnonlak volume a été si lente, qu'au moment du siège, la lui". avait les dimensions d'une noix, roulait facilement M;!h:| peau et n'était l'occasion d'aucun phénomène doulouî?.

Mais après le siège, l'accroissement de volume r sensible et s'est particulièrement prononcé dans!.-: derniers mois. Cette tumeur est arrivée dans c^ fus espace de temps à atteindre les dimensions des t\ poings réunis. En même temps sont apparus des ptemènes douloureux, soit spontanés, soit provoquéï?' la pression. 11 n'y a jamais eu d'écoulement de liqui'lrpi le mamelon qui a commencé à s'enfoncer, bien que k'rement, dans l'auréole, à partir du moment oùa Jki le développement rapide de la masse morbide.

État actuel, — Tumeur volumineuse é*^lant les*mensions d'une tète de fœtus î\ terme, située à la part' supéro-externe de la mamelle droite; elle est louni lorsqu'on la détache des parties profondes et semble li^ à la glande mammaire ; sa surface extérieure est trés-irrtgulière et couverte de bosselures. On remarque surtoo deux saillies volumineuses situées à la partie externe ik la masse morbide. La plus élevée est du volume d'un œuf elle soulève la peau qui est distendue à son niveau ei très-vascularisée surtout par suite d'un développement veineux très-appréciable. On s'assure que cette bosselure contient du liquide et des parties solides ; en effet, on peut

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y reconnaître, par une pression modérée, de la fluclualion, puis plus profondément la présence d'une dureté particulière, lorsqu'on a eu soin de repousser le liquide.

La seconde bosselure saillante à Textérieur est moins volumineuse, la peau qui la recouvre est moins amincie, moins tendue et moins vascularisée que pour la première. Le mamelon est légèrement rétracté et enfoncé dans le sein, mais d'une façon mécanique, car à son niveau la peau glisse facilement sur la tumeur et la glande. D'ailleurs, la peau est saine, sauf les particularités que nous avons décrites ; elle est lisse et souple même au niveau de ces saillies anormales. On ne trouve rien de particulier dans l'aisselle.

L'opération est pratiquée le 26 novembre. Une incision elliptique circonscrit un lambeau fusiforme de peau qui est enlevé avec la masse morbide, et toute la glande. Ces deux parties s'énucléent très-facilement du tissu celluloadipeux de la région; la perte de sang est minime.

Examen de la pièce. — La masse morbide s'est développée dans la partie externe de la glande mammaire dont la portion interne ne présente aucune altération si ce n'est que le tissu glandulaire qui a conservé son aspect normal est repoussé en dedans. Le tissu morbide est uni dCune manière intime au tissu glandulaire par une large hase,

La partie saine de la glande et la tumeur s'énucléent facilement du tissu cellulo-adipeux qui les entoure, car l'une et l'autre sont enveloppées par une capsule fibreuse très-nette, qui les sépare. des tissus adjacents.

La surface libre de la tumeur est recouverte de bosselures de volume variable; deux de ces bosselures l'emportent sur toutes les autres plus particulièrement et cor-

respondent à la saillie qu^on avait remarquée sur h ;^; Ces bosselures sont kystiques ; elles seront étudia ricurement. Les autres, beaucoup moins volumineir bien moins saillantes, sont fermes à la palpation^ 1 incise la capsule fibreuse à leur niveau, on tombe kl une série de cavités variant du volume d'une amai^! celui d'un grain de mais. Ces cavités, à parois pb moins charnues, sont remplies par des végétations [• piformes, à bords dentelés et* ressemblant à desfwii^l de chêne. Les végétations occupent la totalité de c^ vités qui communiquent les unes avec les autres parc' série de pertuis assez étroits. Ces pertuis correspook] à la limite de séparation des lobules dont eî^t corap la tumeur.

Le canal, formé parla réunion de plusieurs de c^ vités, constitue un conduit continu par lequel on arr^ jusqu'à la base du mamelon ; tous les canaux galaolopk'Tparaissent avoir à peu près disparu à ce niveau el ^^ remplacés par des cordons fibreux.

Les végétations qui remplissent ces cavités sont fonor par un tissu jeune, ferme, blanc grisâtre, roj^» parplat^ et paraissant tiès-vasculaire dans quelques-unes «^ grandes végétations.

Dans les cavités plus petites, les végétations sont pl^irrégulières de forme et leur tissu paraît plus dense plus nacré.

Les deux grandes cavités kystiques, contiennent un liquide séreux, môle de produits hématîques; en outre"!: y trouve dos végétations volumineuses, arrondies et fm-e? à la paroi par un pédicule assez mince.

Examen microscopique. — La tumeur est examiner dans des points très-multiplics, et notamment dans los

FIBROME CIRCONSCRIT. 263

endroits où raltération est peu développée et en pleine évolution.

Le tissu fondamental soit des végétations, soit des parois des kystes et des feuillets qui les séparent les uns des autres, est constitué par un tissu conjonctif en pleine activité de formation ; les vaisseaux sont assez minces ; les celhiles plates sont gonflées, en voie de segmentation et se colorent vivement par le carmin ; de plus, traitée par Tacide acétique, la préparation prend une teinte brillante qui n'appartient qu'aux tissus fibreux; les vaisseaux capillaires, bien que très-développés, ne présentent pas de parois embryonnaires.

C'est un tissu ainsi constitué qui forme la plus grande partie de la masse des végétations et des parties solides de la tumeur.

Cependant, en certains points, on trouve de petits territoires très-limités, au niveau desquels ce tissu a subi l'altération myxomateuse : les cellules sont très-éloignées les uns des autres, et il existe une sorte de réseau entre les mailles duquel se trouve une substance homogène, très-grenue et colorée en rose clair par le carmin ; mais les parties ainsi modifiées sont très-limitées.

Les éléments glandulaires présentent toute la série des modifications habituelles ; ils sont séparés les uns des autres par de grandes étendues de tissu conjonctif qui les écarte mécaniquement de telle sorte que les lobules sont complètement dissociés. A un premier degré, les culs-de-sac glandulaires sont allongés et dilatés, les acini sont écartés les uns des autres; l'on est en présence d*nne sorte d'hypertrophie de ce lobule.

Dans un degré plus avancé, on voit une lacune anfraclueuse dont l'épithélium est devenu cylindrique; dans

2ft| AXATOMIE PATHOLOGIQUE.

d'auli-es poinis, on trouve la formation kystique aw. «zêtations intérieures; mais celte dernière allératiiîii':' la moins marquée el elle est accom^gnée d'un éDindéveloppement péri canalicu lai re du tissu coDJODctiU-| piilk'liuni qui tapisse les parois de ces lacunes et(i^> kystes ne présente aucune altéralion autre que le chas;^ ment de forme que nous a%'ons signalé. Cependant. èï| certains points il offre des traces d'irritation et foro^' plusieurs couches superposées dont les plus intern»'Sj(<ï{ desqnamées, sont tombées dans le centre des lacuoe^donnent naissance à un magma granuleux dans iequë '. reconnaît un grand nombre de cellules épithéliales dr.« altérées.

Li ^uérison a été rapide et sVst maintenue.

0BMJIVATI05 Xni. — Fibrome intra-canaUcnlaîre du sein. — Yê^jn-^

foliacées intra-kystiques.

Madame D..., âgée de quarante-quatre ans, est adresîé au commencement de Tannée 187:2 à M. Labbé parM.i<: docteur Guibout, médecin de Thôpital Saint-Louis.

Cette dame a toujours été bien réglée. Mariée àdix-st'f'i ans et demi, elle a eu six enfants, le premier à dix-huii ans et demi, le dernier à trente ans; elle a nourri 5o deux premiers enfants, el n'a jamais, pendant toute cette période, obsené de modifications dans la conformalion de son sein.

C'est en 1868 qu elle s'est aperçue que, dans la réjrion supérieure et externe du sein droit, un peu dans la direction de Faisselle, il existait une petite grosseur. Uue douleur assez vive qui se propageait vers Tépaule et surtout vers le bras droit, la conduisit à rechercher avec la

FIBROME CIRCOiNSCRIT. f6f

main s'il n'existait pas quelque chose d'irrégulier dans le sein de ce côté. La tumeur, grosse comme une noisette, a acquis progressivement le volume d'un œuf. Les douleurs sont devenues plus grandes et ont mis la malade dans l'impossibilité de se servir de son bras.

En juillet 1870, madame D... fut soit-disant opérée par les caustiques, mais en réalité la peau et le tissu cellulaire furent seuls atteints, et après la cicatrisation d'une très-vaste plaie, la tumeur n'en subsista pas moins.

Les douleui^s continuant, madame D... s'adressa à M. le docteur Guibout, et elle fut opérée par M. Labbé le 29 février 1872. Une double incision semi-lunaire circonscrivit la tumeur. La guérison de la plaie se fit très-rapidement et s'est maintenue jusqu'à ce jour, octobre 1875.

Examen de la pièce. — La tumeur est du volume d'un gros œuf; elle est parfaitement enkystée et la membrane qui forme ce kyste paraît constituée par une couche assez épaisse de tissu conjonctif fibreux.

La surface de la coupe présente un aspect blanc grisâtre, humide et brillant. Le tissu est formé de lobules friables et se détruisant facilement sous le doigt. Celte apparence lobulée est due à la présence de végétations papillaires qui remplissent complètement des cavités kystiques dont les parois sont formées par des travées de tissu conjonctif nacré.

Examen microscopique. — A l'état frais, les éléments examinés par le grattage font reconnaître du tissu conjonctif fascicule avec éléments embryonnaires entrant dans sa constitution ; dans ce tissu conjonctif, on trouve des dépressions analogues à des cul-de-sac glandulaires dont l'épithélium est cylindrique.

Après durcissement dans l'alcool absolu, il est facile de

iW ANATOMIK PATBOLOCfQCE.

s'assurer et de démontrer que toute la tumeur^" mée de cnvilés d'un volume variable allant de celni k I çrnin de maïs ù celui d'une amande; elles sont ms^ I par des végétations très-irrégulières, denleléeî, ai-

lentes en un point de la paroi de la cavité par un i^divule étroit, qu'il n'est possible de trouver, qu'après awir largement ouvert la cavité qui contient ces papillonip;. Les différentes cavités contenues dans la tumeur communiquent les unes avec les autres.

Sur de nouvelles coupes tiês-niinces, dîflicilcsà eiéciiter parce que les végétations tiès-mobiles fuient devant le rasoir, on peut observer que ces végétations préscnlent

FIBROME CIRCONSCRIT. 267

la disposition suivante : de la face interne do la paroi, part un pédicule mince très-étroit représentant pour ainsi dire le pétiole d'une feuille, puis il s'élargit rapidement, de façon à former une feuille très-largement étalée, finement dentelée sur son bord libre.

Il n'est pas rare de trouver dans la même cavité deux et même plusieurs végétations, s'engrenant les unes dans les autres par leurs points d'implantation.

Les parois des cavités kystiques sont formées par du tissu fibreux très-dense ; les faisceaux en sont très-rapprochés; on aperçoit à peine les noyaux des cellules plates interposées. Ce tissu fibreux se continue à la péripliérie avec le tissu cellulo adipeux de la région qui est Irès-sain, de telle sorte que le néoplasme est parfaitement isolé des parties voisines. Dans les couches externes de celte paroi, on trouve quelques culs-de-sac glandulaires atrophiés, entourés de noyaux.

La végétation présente les particularités suivantes. Le pédicule très-étroit, avons nous dit, est formé par du tissu conjonctif déjà ancien et sclérosé; il se prolonge avec ces caractères dans le centre de la végétation; il s'y subdivise alors et donne naissance ^ un dessin analogue aux nervures d'une feuille; chaque dentelure de la végétation reçoit une de ces nenures dont l'étendue est proportionnée à son volume.

La masse des folioles est constituée par un tissu conjonctif assez jeune, dont les cellules plates sont gonflées. Vers la périphérie on trouve accumulées des cellules arrondies embryonnaires. Le bord libre déchiqueté est recouvert d'une couche d'épithélium cylindrique le plus souvent, et qui quelquefois est qiiadrangulaire. Cette couche épithéliale se continue au niveau du pédicule avec

celle qui recouvre la face interne de la cavité kysliqin dernier présente, en effet, les mêmes caractères mc«rp logiques que celui que nous avons décrit en premierk

Les dépressions profondes et étroites, qui sêparr: chaque nervure de la foliole, simulent des culs-d'^-i «glandulaires présentant quelquefois vers leur partie id niinale une ou deux divisions. L'épithélium cyliûdn*> se continue dans ces dépressions, en consenanl les cara tères que nous lui avons reconnus.

On se rend parfaitement compte qu'on puisse oblc par le raclage, une de ces dépressions isolée el meà Texisience d'un véritable cul-de-sac glandulaire. SU contraire, on les examiae sur une coupe d'ensemble.; reconnaît leur véritable nature; ce sont de simples cfcp sions interfoliacées.

Les fibromes circonscrits peuvent subir différentes ifr> difications dans le cours de leur évolution.

La tumeur peut s'arrêter dans son développement apr^ avoir présenté un certain nombre de poussées successive qui n'ont produit qu'un accroissement insignifiant. 11^ peuvent se résorber (ce fait se présente rarement, mal^ on a pu l'observer), soit spontanément, soit à la suite de différents modes de traitement, la compression bien fail»^ entre autres. Mais cette disparition de la tumeur est lenle à se produire et ne peut survenir que lorsque la mass*^ morbide est de petit volume.

D'autre fois la tumeur peut rester stationnaire ; le lissu fibreux devient alors sclérosé, il se rétracte et il persiste un noyau fibroïde très-dense, dans lequel on retrouve toute les particularités de la structure des tumeurs fibreuses. Lorsque ce fait se produit, c'est un danger pour

riBROME CIRCONSCRIT. S69

les malades, car il peut arriver que ie noyau induré devienne ultérieurement, quelquefois après de longues années, le centre de formation d'une tumeur embryonnaire. Un certain nombre de sarcomes volumineux n'ont

pas d'autre origine et on retrouve alors, en un point de leur étendue, un noyau fibroïde plus ou moins volumineux qui tranche par son aspect, par sa consistance dure, par sa texture, sur le reste de la nouvelle tumeur. Un fibrome, abandonné à lui-même, peut acquérir d'énormes dimensions et distendre la peau jusqu'à compromettre la vitalité du revêtement cutané. C'est au niveau du point qui est le plus comprimé, que se produisent des lésions du tégument externe, dues aux irritations traumatiques qu'elle subit. Ce sont ces différentes causes réunies qui expliquent la destruction d'une certaine étendue de la peau et la mise à nu d'un ou de plusieurs lobes de la tumeur. EDfm, dans certains cas fort rares il est vrai, l'intlammation qui se produit dans cette circonstance peut être assez grande pour compromettre la vitalité de toute la masse morbide et en amener l'élimination spontanée. Nous en rapporterons un fait très-remarquable

que nous devons à Tobligeance de M. le D' Mmr> père, de Séez (Orne).

Observation XIV. — Fibrome volamincux avec des points cakiK Obserratioii coiniiiuniquéc par M. le D^ Notta. chirurgien <1? l'tiApibl if. Là

LanomméeM... âgée de cinquante deux ans, demeoml à Lisicux, a joui d'une santé liabituellement très-boi* sa constitution est robuste. Cette femme a eu sixcnfam elle n'en a nourri que deux, Tun pendant trois mé- Tautre pendant un an. Les autres n'ont pas voulu pr^ dre le sein, ou ne l'ont pris que pendant quelquesmaines.

Les règles, qui ont apparu pour la première foisàdi' sept ans, sont toujours venues très-régulièrement:* ont cessé de paraître à quarante-cinq ans.

Il y a vingt-cinq ans, cette malade nourrissait scî troisième enfant depuis un mois, lorsqu'il fut pris ii muguet ; dès lors il refusa de têter ; le sein droit se gonfla, et Ton vit apparaître à sa face supérieure, une petite grosseur du volume d'une noix. Des sangsues furent appliquées; néanmoins la tumeur persista, et à chaque gn^sesse, elle augmenta un peu de volume, quoique depuis son apparition la malade n'ait jamais fait têter de ce côté.

Il y a quinze ans, la tumeur avait atteint le volume d'une orange et depuis cette époque elle était restée slationnaire; lorsque les règles se sont supprimées la tumeur n'a pas augmenté, cl l'année dernière elle avait encore ce même volume.

llya àpeine un an, sans cause appréciable, elle a coni-

FIBROME CIRCONSCRIT. 271

mencé à grossir et elle a atteint le volume que nous lui trouvons aujourd'hui.

ÉiatactueL — Teint frais et nullement cachectique; le sein droit a le volume d'un chapeau. Tumeur mobile^ légèrement bosselée, résistante, sans fluctuation bien nette ; elle n'offre pas d'adhérence aux parties profondes et à la peau ; cependant au niveau de quelques bosselures centrales la peau paraît très-amincie et couverte d'arborisations vasculaires; en ces points elle a une teinte rougeâtre.

On ne constate pas d'engorgement ganglionnaire. La tumeur est le siège d'élancements spontanés très-douloureux; elle cause aussi par son poids des tiraillements pénibles.

L'appétit est bon, toutes les fonctions sont normales.

La malade est endormie par le chloroforme; une vaste incision elliptique permet d'énuclécr la tumeur avec la plus grande facilité. La glande mammaire, comprimée en bas, esl conservée ainsi que le mamelon. La plaie lavée avec de l'alcool est ensuite réunie par première intention^ à l'aide de nombreux points de suture.

La femme M avait été opérée le 2 avril 1873.

Dès le mois d'octobre de la même année j elle remarqua au niveau de la cicatrice une petite grosseur du volume d'une noix. Cette grosseur augmenta rapidement de volume, puisqu'à la fin de janvier de Tannée suivante elle avait atteint celui de la tête d'un enfant nouveau-né. Depuis cette époque, la tumeur est restée sUitionnaire, et comme elle ne cause aucune douleur, la malade ne veut pas se soumettre à une nouvelle opération.

Du reste, la santé générale est excellente, le teint est frais et nullement cachectique, les mouvements du bras sont très-libres. Il n'y a pas d'engorgement ganglionnaire, la

27i ANATOMIE PATHOLOGIQUE.

tumeur récidivée est dure, légèrement bosselée, Irésmobile, non adhérente à la peau, indolente à la pression.

Examen de la tumeur, — La masse morbide nous a été envoyée par M. le D' Notla, pour être soumise à notre examen.

La tumeur est très-volumineuse et dépasse la grosseur d'une tète d'adulte; elle pèse 2 kil. 1/2. On Ténuclée trèsfacilement du tissu cellulo-adipeux qui l'enveloppait et qu'on avait enlevé avec elle. Sa surface extérieure est extrêmement inégale, irrégulière, couverte de bosselures arrondies très-nombreuses et dont le volume varie entre celui du poing d'un homme adulte et celui d'une petite noix.

Toute cette surface périphérique est recouverte par une enveloppe fibreuse, d'un blanc nacré par place et alors aponévrotique à ce niveau, tandis que en d'autres points, elle devient d'une minceur extrême. C'est au niveau des sillons de séparalion des bosselures et surtout des points de convergence de ces sillons, que la capsule fibreuse acquiert sa plus grande épaisseur. Elle esf, au contraire, très-mince, au niveau des parties saillantes bien qu'on puisse y démontrer très-nettement son existence. On sent manifestement que les parties déprimées de la capsule sont attirées vers le centre de la tumeur par des tractus intérieurs qui séparent les unes des autres les diverses cavités kystiques contenues dans la tumeur.

L'enveloppe de la tumeur est sillonnée par de grosses veines dont le volume atteint celui d'une plume de corbeau; elles émergent de la partie centrale, au niveau des dépressions dont nous avons parlé, et sont contenues dans un dédoublement de l'aponévrose d'enveloppe.

A l'aide d'une coupe transversale et parallèle au plan médian de la tumeur, on constate les particularités sui-

M FIBROME CIRCONSCRIT. 273

fff vantes : Sur cette surface de section, on reirouve une Il apparence lobulée et les orifices béants d'énormes canaux ( par lesquels on pénètre dans une série de conduits yj anfractueux, irréguliers et tortueux; ces conduits paraissent former un canal alternativement dilaté et rétréci. P Au niveau des dilatations existent de grandes poches ; kystiques à parois épaisses et charnues, remplies par d'énormes végétations irrégulières, déformées et qui sont charnues comme les parois. Toutes ces cavités kystiques communiquent les unes avec les autres de telle sorte que, parlant d'un point central, elles vont en divergeant. On peut successivement introduire le doigt indicateur dans chacun des diverticulums et pénétrer ainsi jusque sous la capsule fibreuse qui, au sommet des bosselures périphériques, constitue presque seule la paroi kystique. Au niveau des points où les canaux sont rétrécis, ces parois ont acquis au contraire leur maximum d'épaisseur et les productions endo-canaliculaires prédominent; tandis que, au niveau des points dilatés et des cavités qu'ils forment, c'est surtout la prolifération péri-canaliculairc qui l'emporte. La surface de la coupe des parois charnues et des végétations est d'un blanc grisâtre ; on trouve cependant, par places, quelques végétations calcifiées.

On observe sur les coupes de ce tissu une série de trabécules d'un blanc nacré, formées par des traînées de tissu d'apparence fibreuse, s'entre-croisant en tous sens, et entre lesquelles existe un tissu plus mou.

Dans deux des bosselures périphériques, on trouve le début du processus morbide qui est formé par de petites végétations endo-canaliculaires ayant subi la transformation fibroïde.

Ces papillomes remplissent de petits kystes du volume

T. DU SEIM. iS

m ANATOMIE PATUOU>GlQU£.

d'une noisette, et chacune des deux bosselures que &': avons signalées est formée par une aggloméralion de li» à 20 de ces petits kystes papiilaires. Dans ces bosselures, i prolifération est presque exclusivement endo-canaliculaiit

Examen microscopique. — Cet examen porte d ab^jr; sur les bosselures formées par un tissu sec et entièremet: scléreux.

A ce niveau, on ne retrouve absolument quedutfâ conjonctif ancien ayant pris tout à fait une appareiK libroïde; les faisceaux conjonctils ont cessé d'être >isibk et les cellules plates interposées à ces faisceaux ont dispani. C'est à peine si Ton rencontre sur la surface de la coo;quelques fissures qui, traversant ce tissu, le divisenl»; bandes parallèles plus ou moins rapprochées : ce sont sâit aucun doute les vestiges des anciennes cellules plaies. U substance fondamentale se colore uniformément par v. carmin; elle est grenue et, par places, on y voit certaÎDes plaques opaques dues à une exagération de cet état greno

Les vaisseaux sont très-peu développés. Les élément glandulaires ont complètement disparu et ne sont nte représentés que par quelques cavités kystiques, de fomi'^ ovalaire et remplies par des végétations ovoïdes et mullilobées. On ne retrouve aucun état intermédiaire; le processus morbide dans tous les points de cette partie de b tumeur est arrivé à son maximum de développement.

Dans la portion la plus volumineuse de la tumeur celle qui renferme de vastes lacunes anfractueuses, le tissu des parois de ces lacunes et des végétations qui y proéminent, est constitué par un tissu conjonctif fascicule dans lequel les faisceaux sont peu volumineux et dont les cellules plates interposées sont au contraire g-onflées. Les faisceaux conjonctifs s'entre-croisent et se contournent

FIBROME CIRCONSCRIT. 275

en différenls sens, ce qui donne à la surface de la coupe ^ une apparence lobulée. Les parties glandulaires ont dis- ■■ paru ; dans les parois des lacunes, on n'aperçoit aucun

* vestige de cul-de-sac. Au niveau de quelques points isolés ■ des végétations, on retrouve des lacunes secondaires,

* seuls vestiges reconnaissables, à leur forme et à leur épithélium, de parties glandulaires disparues.

> Il n'existe pas de véritable tissu osseux au niveau des fi points présentant une apparence ossiforme. H s'agit seule- » ment de simples calcifications siégeant, surtout au niveau ' des lobules que nous avons étudiés en premier lieu et qui appartiennent à la partie la plus ancienne de la tumeur.

Cette intéressante observation est un exemple remarquable de récidive; elle mérite d'attirer l'attention à ce point de vue.

La production nouvelle paraissait pré^ew^er les mêmes caractères extérieurs que la tumeur ancieniie; nous ferons remarquer en outre que l'intervention chirurgicale avait respecté la plus grande partie de la glande mammaire qui paraissait saine et refoulée en bas.

Ces deux faits sont très-importants; ils nous serviront beaucoup lorsque nous étudierons la nature des tumeurs récidivées et lorsque nous chercherons à faire connaître quelles sont les limites que doit atteindre et même dépasser l'intervention chiiiirgicale.

Observation XV. — Fibrome intra-canaliculairc. Vaste ulcération du sein. Cavitéii kystiques et végétations. (Examen microscopique par M. Cornil.)

Madame veuve X..., demeurant 72, avenue des Ternes, âgée de soixante-quatre ans, est entrée à la Maison Muni-

cipale de santé, où M. Labbé dirigeait alors le seniceè chirurgie, le 24 octobre 4864.

Madame X... vient nous consulter pour une tumeur da sein droit placée à la partie externe et inférieure de 'n mamelle, du côté de l'aisselle. Cette tumeur est ulcéré? La peau qui entoure la partie saillante est comme tailla à l'emporte-pièce ; de tous ces points il s'écoule unliquii roussâtre, sanieux, mélangé avec une certaine quantité dpus.

La malade avait été examinée par plusieurs médeciaî et Ton avait songé à Texistence d'un encéphaloîde dusek Moi-même, au premier abord, je me rangeai à cette opinion, mais l'interrogation attentive de la malade me li: bientôt abandonner ma première idée.

Voici les renseignements très-précis que je pus obtenir: Cette dame, qui a toujours joui d'une santé excellente, a eu quatre enfants. Elle n'a jamais nourri. A Page de quarante-huit ans, ses règles ont cessé de paraître et, àceiie époque, aucun trouble ne s'est manifesté dans sa santé.

En 1830, après son troisième accouchement, elle crul remarquer qu'il existait une grosseur dans le sein droit, à la partie externe. Elle n'y attacha pas d*importance et, après une quatrième grossesse survenue en i 833, la tumeur, qui pour elle était toujours appréciable, n'avait pas augmenté de volume.

Cependant en 1835 elle se présenta à la consultation de Dupuytren. L'illustre chirurgien constata l'existence de la tumeur ; après un examen des plus attentifs il déclara à la malade qu'elle ne devait pas avoir d'inquiétude, que l'emploi d'une pommade et de quelques purgatifs suffirait pour modifier un peu cette tumeur. II recommanda, d'une manière toute particulière, de ne pas

FIBROME CIRCONSCRIT. 277

employer les sangsues, dont on faisait alors un usage abusif; enfin il rejeta complètement l'idée d'une opération sanglante.

Depuis cette époque, le volume de la tumeur ne s'étant pas modifié, la malade y apporta peu d'attention; de temps en temps quelques douleurs se firent sentir et furent combattues par l'emploi de cataplasmes émoUients.

Enfin, il y a quatre ans environ, vers le commencement, de 1860, la tumeur s'accroit d'une façon très-appréciable ; des élancements apparaissent à des intervalles assez rapprochés. Jusqu'à la fin de 1863, la tumeur reste bien indépendante de la peau ; il n'existe pas de trace d'adhérences entre elle et son enveloppe cutanée ; mais, au commencement de 1864, la peau devient violette, s'amincit peu à peu et enfin s'ulcère dans le courant du mois d'août. L'ulcération s'agrandit et la tumeur fit hernie à l'extérieur.

Le 24 octobre 1864, cette dame soumise à notre examen se présente dans les conditions suivantes : la santé générale est excellente, la coloration de lapeau normale, toutes les fonctions s'accomplissent avec régularité; mais la malade, ennuyée de voir depuis trois mois sa tumeur ulcérée, rouge, donnant lieu à un écoulement de sanie et de pus assez considérable,' vient réclamer une opération.

Jusqu'à ce jour, depuis que la peau est ulcérée, elle n'a pas employé de pommades, d'emplâtres, elle ne s'est pas soumise au traitement par les caustiques, les pansements ont été faits avec des topiques adoucissants, de telle sorte que nous pouvons l'observer, alors que le développement naturel de sa tumeur n'a été entravé en aucune façon.

A l'examen clinique du sein droit nous constatons qo^ la mamelle est saine dans presque toute son étendu», que le mamelon présente sa saillie normale, que lapeac, même celle qui est voisine de la tumeur, n'oflre ni induration ni aucune de ces saillies et de ces dépressioccomparables à celles que Ton observe sur une peau d'orange.

La tumeur siège à la partie externe et inférieure de h mamelle ; elle fait saillie à travers la peau ulcérée et ^. présente sous la forme d'un champignon, gros en\iroD comme le tiers du poing. Il existe un pédicule voluminem ce pédicule correspond à l'ulcération de la peau.

Depuis qu'il a franchi l'ulcération de la peau, le corpj de la tumeur parait avoir pris un développement considérable ; il ne pourrait plus rentrer par Torifice qu'il a franchi il y a quelques mois. Au niveau du pédicule, la tumeur peut être isolée de la peau qui Tenloure. H est possible d'introduire l'extrémité d'une sonde de temm^ entre ce pédicule et le pourtour de Tuleération cutanét. Saisissant alors la tumeur, j'essaye de la mobiliser et je constate qu'elle n'adhère pas aux parties profondes ; elK me paraît offrir au-dessous de la peau une base assez large.

Li surface est mamelonnée, rouge, saignante. Le liquide qui s'écoule est un mélange de pus et de sang.

La malade éprouve peu de douleurs.

Il n'y a pas de traces d'engorgement ganglionnaire, soit dans l'aisselle, soit sous la clavicule.

Le sein du côté opposé n'attire pas alors mon attention d'une façon particulière.

La santé excellente de la malade, l'absence d'engorgement ganglionnaire, l'état sain de la peau qui envi-

FIBROME CIRCONSCRIT. 279

ronnait la tumeur et par-dessus tout, les renseignements précis fournis par la malade sur la marche de la maladie, me firent admettre Texistence d'une tumeur bénigne, d'un adénome de la mamelle arrivé à la période d'ulcération. Cependant l'opinion de ceux qui avaient vu la malade avant moi, opinion que je partageais tout d'abord, tendait à rattacher cette tumeur à la classe des encéphaloides ulcérés. La tumeur paraissait caracléristique, en raison de l'existence de ce gros champignon inégal et ulcéré qui faisait hernie à travers la peau.

L'opération à l'aide de l'instrument tranchant fut exécutée le 29 octobre 1804-. La malade étant soumise aux inhalations de chloroforme, deux incisions circonscrivent largement la tumeur; il resta une plaie à grand diamètre à peu près transversal dont les bords furent affrontés dans l'étendue d'environ 0'",12 et maintenus au contact à l'aide de la suture à points séparés. Dans la partie externe de la plaie, je ne tentai pas la réunion immédiate et plaçai une petite mèche pour laisser au pus la facilité de s'écouler au niveau de ce point déclive.

La malade fut, dés le jour de l'opération, soumise à l'alimentation. Elle prit plusieurs potages ou bouillons, le lendemain elle mangea une côtelette, etc.

Le 31 , troisième jour de l'opération, les points de suture furent enlevés, la réunion par première intention avait eu lieu dans les quatre cinquièmes de la plaie, mais, au niveau de chacun des fils, l'épiderme était soulevé par une petite phlyclène remplie de pus.

Le 3 novembre un frisson survient, et de la rougeur parait autour des petites ulcérations qui correspondent aux points de suture. Un érysipèle envahit toute une portion

de la poitrine et s'étend au-dessus de la clavicule droite Le pouls monte à cent pulsations. Une siipporaliot assez abondante s'était établie au niveau de la partie de k plaie non réunie ; le pus, d'abord de bonne nature, im fétide; on pratiqua alors deux fois par jour des injecliooî avec le vin aromatique étendu d'eau ; ces injections ]*• nétraient bien évidemment dans une poche assez vaste. qui existait derrière la peau réunie par première intention.

Le 6 novembre l'érysipèle n*a pas de tendance à envahir de nouvelles parties. La fièvre est moins forte; h malade, dont l'appétit avait disparu, prend de nouveau quelques ahments. Elle boit tous les jours 200 gramme^ de vin de Bordeaux et 200 granunes de vin de Bagnob.

Le 9 novembre, l'érjsipèle est à peu près complél*»ment éteint. A partir de ce moment la suppuration denent de bonne nature et la partie externe de la plaie ne se ferme complètement que le 29 novembre. La malade a quitté la maison de santé le 4" décembre, ayant une oicatrice solide et n'éprouvant aucune souffrance.

La malade a été revue le 14 mars 1865 ; on a pu constater que la guérison se maintenait parfaitement, seulement cette dame a attiré l'attention sur l'existence d'une autre tumeur mobile, nullement adhérente à la peau, peu ou point douloureuse et qui siégeait dans le sein gauche, exactement dans le point correspondant à celui qui était occupé dans le sein droit par la tumeur décrite plus haut. Les ganglions de ce côté ne sont pas engorgés et l'état général de la santé est toujours des plus satisfaisants.

Pour cette seconde tumeur le diagnostic a été : tumeur adénoïde de la mamelle gauche.

Le jour même, 29 octobre, où je pratiquai l'opération,

FIBROME CIRCONSCRIT. 281

^ procédai à Texamen anatomique de la tumeur avec Taide ^un habile micrographe, mon ami le docteur Cornil. La tumeur est composée d'une grande cavité, dans la- ***uelle sont logées des masses globuleuses, en forme de -^.*>bes et lobules, qui sont reliées les unes aux autres par ^^^"^«s filaments qu'une injection démontrerait probable- ■'.^lent être des conduits excréteurs de la mamelle. Ces lu- ^ Vneurs lobulées sont libres, sans adhérences et enroulées ians la cavité kystique dont on peut les faire sortir. Alors 4 ion voit que la surface de cette cavité présente également ïitsdes espèces de bourgeons ou petits polypes plus ou moins .njcctés. Dans certains points l'injection vasculaire donne «Mieu à une coloration très-foncée.

■I! Les tumeurs lobulées que l'on peut faire sortir de la ^cavité kystique sont toutes composées de la même maminiére; elles sont dures, résistantes, non friables. Sur une A; coupe on n'obtient pas de liquide laiteux. . ]ii En les examinant au microscope sur des coupes ou ^: après la dissection, on reconnaît des acini composés de k^ culs-de-sac, séparés les uns des autres par des cloisons ^^. de tissu lamineux, et s' ouvrant parfois dans un conduit ^ commun.

^ Les culs-de-sac sont généralement très-gros; nous en avons mesuré qui avaient 0'",3, et il y en avait probablement môme de plus volumineux. Ils possèdent une membrane glanduleuse distincte et ils sont tapissés par des : cellules épitliéliales pavimenteuses. Par la dilacération on obtient des lambeaux très-étendus de cet épithélium. Ces cellules épitliéliales sont très-régulièrement disposées en mosaïque. Elles sont parfaitement transparentes et possèdent un noyau arrondi. Tous ces noyaux renferment un nucléole central.

Les petits polypes saillants à la surface de la^Tiv^l constitués essentiellement de la même manière, f-^| dire par des aciniet des culs-de-sac glandulaires hyptl phiés, avec les mômes éléments que précéderameni.ï': lement ils sont libres et très-vasculaires.

Il existe, en outre, des éléments précédents, un^[ïil de la tumeur à la base des lobules libres qui est ior et donne sur une coupe une surface demi-transpar* grisûtre, uniforme, ne possédant pas de suc laileffli:j l'examen microscopique montre une prédomiimc* î] tissu lamineux qui est œdématié et dont les éléments :^ Iules et nopux de tissu conjonctif (corps fibro-pbs^? de Robin), sont atrophiés; mais il n'y a rien là noiî» qui puisse faire penser au cancer.

En résumé, tumeur adénoïde par hypertrophie acu des culs-de-sac glandulaires de la mamelle. Il n e>t i/t probable qu'il y ait hypergenèse, c'est-à-dire fomtf nouvelle de culs-de-sac.

Il est possible que la tumeur se reproduise sur pi» avec les mêmes caractères, mais il ne doit pas y avoirp* néralisation du mal.

L'examen anatomique que nous venons de relater» peut laisser dans l'esprit aucun doute sur la véril* nature de la lésion, malgré l'interprétation erronée (p en a été donnée et qu'explique le courant d'idées donnantes sur cette question à l'époque où cette obsenati» a été recueillie. Il s'agissait évidemment d'un ^hrm eiido'canaliculaire delà mamelle, ancien et ulcéré. Ce^i au sujet de ces deux phénomènes, VancienneU et futeration, et surtout comme exemple de marche lente , q* nous avons rappelé ce fait intéressant.

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