INFLUENCE DE L'AGE
vie où l'activité physiologique et nutritive de la mamelle est le plus vivement sollicitée, et pendant laquelle les fonctions génitales paraissent être à leur maximum d'intensité.
Les résultats auxquels nous arrivons ne sont plus absolument les mêmes que ceux qui sont donnés par Birketl. Si la presque totalité des tumeurs que nous avons observées se sont développées quand la fonction menstruelle existait encore, elles ne semblent pas avoir été aussi précoces que celles qui servent de base à la statistique du chirurgien anglais.
En effet, en ce qui concerne les fibromes, nous voyons que dans quinze cas de tumeurs de ce genre siu* lesquels nous avons des renseignements cliniques suffisants, sept se sont développés avant trente ans, et huit ont été observés après cet âge.
De 15 à 20 1
De 20 à 30 C
•De 30 à 40 5
De 40 à 50 l
De r>0 à GO 1
De 00 à 70 1
De rétude de ce tableau il résulte que la très-grande majorité des tumeurs fibreuses se développent, alors que les fonctions utérines s'exécutent encore; cependant on peut observer quelques faits qui font exception à cette règle .
Les cas de kystes par rétention dépendant de fibromes sont au nombre de trois, ainsi que nous Tavons vu; deux fois ils ont débuté à l'âge de trente ans; une fois à l'âge de trente-trois ans.
Dans les huit cas de sarcomes que nous avons observés.
:.66 ËTIOIjOGIB.
«Iciix se sont développés avant trente ans et sîxaprèsceti^^:
De 10 à 15 l
Ile 15 à âO 0
De 20 à 30 1
De 30 à 40 2
De 40 à 50 3
De50à60... l
Ce résultat est en relation avec le fait anatomiqw f nous avons signalé , à savoir, que le plus souvent ■ sarcomes débutaient par un petit fibrome qui restait ndolent pendant de longues années.
Les cas de myxomes ne sont qu*au nombre de k^ Nous n'avons de renseignements cliniques que powa seul. Dans ce cas la tumeur s'est développée tardivemfsi à l'Age de quarante-huit ans ; en outre la malade èîïî chloro-anémique depuis longtemps et avait eu plusOTgrossesses tardives.
Les épithéliomas intra-canaliculaires ( adénome ïïi de i^^rlains auteurs) ne sont qu'au nombre de \^ Nous n'avons pu recueillir les observations cliniques qk pour deux d'entre elles; dans ces deux cas la mabfr débuta entre trente et quarante ans, mais plus près* trente que de qiiaranle.
Cette étude est basée sur un trop petit nombre de faits, en ce qui touche aux mj-xomes et aux épithéliomas, por servir de base à des conclusions.
Elle a besoin de s'étendre à un plus grand nombre d'observations pour ce qui regarde les sarcomes; néanniOïK elle démontre, si on l'envisage en bloc, que la presqne totalité de ces tumeurs se développent pendant que Tutérus fonctionne encore comme organe physiologique. Mais, contrairement à l'opinion de Birkett, ce serait aune période plus avancée de la vie féminine que se montre-
raient le plus grand nombre de ces produits morbides.
Influence du mariage. — Nous devons aussi attirer Fattention sur un second point dont nous aurons plus tard à apprécier la valeur. Nous voulons parler de l'influence que peuvent avoir la vie de mariage, ou pour mieux dire les rapproehements sexuels qui en sont la conséquence.
En effet, certains auteurs, Nélaton (1) entre autres, avaient cru remarquer que ces tumeurs se développaient surtout chez les femmes non mariées ou chez celles qui , bien que mariées, étaient restées stériles.
La statistique faite par Birkett et basée sur soixantedeux cas lui donnait à ce point de vue les résultats suivants :
Dans quarante-cinq cas les malades n'étaient pas mariées lorsqu'on observa la tumeur pour la première fois, tandis que dans dix-sept cas celle-ci existait sur des femmes mariées. Cette dernière catégorie se décomposait elle-même de la façon suivante : onze femmes avaient eu des enfants, cinq étaient stériles; dans un cas les renseignements manquaient sur ce point.
D'après nos propres recherches, dans les vingt-neuf cas au sujet desquels nous possédons des renseignements cliniques complets, les tumeurs d'origine conjonctive sont au nombre total de vingt-sept.
Dans dix'-huit cas les femmes étaient mariées, dans quatre elles ne Tétaient pas et dans cinq cette circonstance n'a pas été notée.
Dans les deux cas d'épithéliomas tes deux malades étaient mariées.
(1) Nélaton, Pathologie chirurgicale, vol. tV, p. 4i.
368 ÊTIOLOGIE.
Ces résultais, comme on le voit, sont bien ditl«frefi'-i ceux auxquels était arrivé Birkelt. Nous ne savons qij^ circonstance est la cause de celte divergence, vm ^j indique d'une façon certaine que de nouvelles recheni^ sont encore nécessaires dans cette direction; «arle^i* clusions de Birkelt étaient favorables à l'opinion anfi^E: qui considérait le célibat comme une came prédi^pôy^f à la production de ces tumeurs, tandis que noire stata que vient faire échec à cette même opinion et la fg: très-improbable.
Maintenant, si nous recherchons quelle influeM ii vie de mariage peut avoir eu sur la production de 14 forme morbide de préférence à telle autre, nousnelrxvons dans nos observations rien de caractéristique, âUe que le démontre le tableau suivant :
0 femmes mariées.
15 fibromes { 3 femmes non mariées.
3 douteux CcirconsUnce non u-^ :\ kystes, dépendance de fibromes 3 mari<f*es.
5 mariées.
^ , 1 non mariée.
H sarcomes < ^ . .
s douteux (circonstance otMi la"
quée;.
1 myxome 1 mariée.
i, épithéiiomas 2 mariées.
Injluencc de la menstruation. — La menstruation d paraît pas avoir une influence bien évidente sur la formalion des tumeurs dites adénoïdes. Ainsi, sur les vin<H-neut cas que nous avons analysés, vingt-trois femmes étaient réglées au moment de l'apparition de Ja tumeur, trois avaient cessé de voir leurs époques depuis un nombre d'années suflisant pour faire écarter toute pensée d'influence de la ménopause, et dans trois cas ce détail n'a