INFLUENCE DE LA GROSSESSE ET DE L'ALLAITEMENT
Enfin, dans deux autres cas, c'est une fois, un mois, et l'autre fois, quatre mois après l'accouchement, que le processus pathologique a débuté.
Nous devons faire remarquer, en outre, que ces cinq cas dans lesquels Faction de la grossesse parait s'être manifestée se rapportent tous à des tumeurs fibreuses.
Sur les dix-huit cas où les femmes ont été prolifiques, l'allaitement a été fait par les malades huit fois; mais il ne paraît avoir eu une action évidente et hors de contestation que dans trois cas seulement.
Telles sont toutes les causes inhérentes aux fonctions physiologiques de la femme que l'on peut invoquer comme susceptibles d'influences sur la production des tumeurs bénignes du sein.
Voyons exactement à quoi elles se réduisent.
Vin/hience du célibat di\a\i certainement été exagérée, puisque les femmes mariées sont atteintes en plus grand nombre que celles qui ne le sont pas. Il est vrai que l'on peut dire que les femmes mariées sont plus nombreuses que celles qui restent célibataires.
Là menstruation n'intervient que dans certaines circonstances données, et seulement pour accroître le développement d'une tumeur.
La vie sexuelle agit dans de certaines limites, mais moins étendues qu'on ne serait disposé à le supposer ; parmi les conditions nouvelles que crée cette vie sexuelle, Yallmtement est de toutes celle qui paraît le moins contestable.
Après avoir ainsi étudié les causes que nous pouvons appeler physiologiques, nous devons nous demander s'il n'existe point encore d'autres conditions capables d'in-
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tervenir puissamment pour amener la production des tumeurs dites adénoïdes.
Nous ne parlerons pas des maladies diathésiques, telles que la syphilis, la scrofule; personne, à notre connaissance du moins, n'a songé & les incriminer, et nous croyons que, si elles sont Tori^ne de néoplasmes dans lamaraelle« ces produits sont autres que ceux que nous éludions actuellement et s'en différencient par un certain nombre de caractères sur lesquels nous aurons à revenir, à roccasion du diagnostic.
Causes traumatiques. — Il est un phénomène que les malades font très-souvent intervenir pour expliquer la production d'une tumeur dans le sein ; nous vouions par* 1er de l'action d'un traumatisme. Faut-il, avec les uns, considérer cette cause comme très-fréquente sinon môme comme constante, ou bien avec d'autres la rejeter absolument pour lui substituer l'idée d'une sorte de déviation dans l'évolution ptiysiolo<;:ique de l'organe atteint?
Velpeau était un des plus ardents défenseurs de l'origine traumatique de ces tumeurs. Pour lui, ainsi que nous l'avons déjà plus d'une fois répété, elles provenaient d'un épanchement sanguin dont la fibrine s'organisait et prenait, au milieu du tissu mammaire, une structure analogue à celle de la glande. Nous n'avons pas à revenir sur cette partie de notre étude que nous avons suffisamment approfondie. I^ physiologie pathologique de Yelpcau était erronée et reposait sur une connaissance imparfaite des conditions qui président à l'organisation des caillots.
Mais est-il vrai cependant que, dans un certain nombre de cas, il soit possible de remonter à une cause traumati-
que? Est-il vrai que la conslatalion de l'existence de la tumeur ait été manifestement précédée d'un coup, d'une contusion plus ou moins violente? Ou bien faut-il admettre que le traumatisme n'a été que l'occasion de la découverte de la tumeur, au lieu d'en être le point de départ? Cette dernière opinion, soutenue par quelques auteurs, a pour elle un certain nombre de faits, dans lesquels il n'est pas douleux que le traumatisme n a pu intervenir qu'en fixant l'attention de la malade sur sa glande mammaire et en lui faisant reconnaître un état pathologique qui existait, sans aucun doute, depuis un certain temps. Mais en est-il toujours ainsi? Nous ne le croyons pas, et nous pensons que la vérité existe entres ces deux opinions si opposées. Si, dans un grand nombre de cas, les tumeurs doivent manifestement leur origine à une perturbation de la nutrition de l'organe en relation avec un dérangement dans ses fonctions normales, on trouve cependant un assez gi*and nombre de faits dans lesquels on peut invoquer avec certitude un traumatisme comme point de départ de la tumeur.
Velpeau, dans une statistique reposant sur l'analyse de cinquante-trois observations qui lui étaient personnelles, trouve que dans vingt-deux cas un traumatisme avait évidemment précédé l'apparition du néoplasme, tandis que trente et une fois il n'admet pas cette origine.
Certes, si cette proportion était la représentation exacte de ce qui se passe dans la réalité des faits, l'opinion de Velpeau se rapprocherait beaucoup de la vérité. Mais si d'autre part, nous faisons le même travail pour nos observations, nous arrivons à un résultat un peu différent. En effet, sur les vingt -neuf observations complètes que nous possédons, nous voyons que cinq fois
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seulement on peut saisir une relation évidente de cause à effet entre le traumatisme et le développement de la tumeur. Nous disons que celte relation nous a semblé évidente, parce que la contusion a été constatée par le chirurgien, parce que la malade a continué à souffrir depuis le moment du traumatisme jusqu'au jour où a paru le néoplasme, parce qu'enfin ce dernier répondait au point précis où l'action traumatique s'était produite.
Si nous portons plus loin, l'analyse, nous voyons que, sur quinze fibromes , deux doivent être rattachés évidemment à une cause traumatique.
Sur trois kystes par rétention, les deux faits dans left-^ quels la tumeur est unique et située dans le voisinage du mamelon, se rapportent d'une façon évidente à une cause identique. Dans les deux c'est une contusion violente qui a été très-neltcment le point de départ du processus morbide.
Enfin , parmi les sarcomes, sur huit cas un seul peut être attribué d'une façon manifeste à une cause analogue. Pour ces dernières tumeurs, l'action traumatique intervient sans aucun doute d'une autre manière, non pour amener la production de la tumeur originelle, mais plus tard pour modifier sa nature. Nous avons vu en effet que, très-souvent, les sarcomes commençaient par un fibrome qui peut rester indolent pendant de longues années. Puis, à l'occasion de causes presque futiles, parmi lesquelles il faut ranger les contusions fréquentes auxquelles sont soumises ces tumeurs, à côté d'un fibrome on voit se développer avec une très-grande rapidité, comme production nouvelle, un sarcome. Nous signalons dès à présent l'importance que doit avoir la connaissance de cette notion au point de vue du traitement.
Que résulte-t-il de cette longue discussion? C'est que les tumeurs dites adénoïdes du sein sont dues à des causes multiples. Dans certains cas, mais moins souvent que ne le supposait Birkett, elles doivent leur formation à une hypernutriiion de Y organe atteint; dans d'autres, au contraire, c'est un traumatisme qui intervient et rend compte du développement du néoplasme.
Telles sont à notre avis les deux causes qui interviennent le plus habituellement.
Les autres conditions étiologiques que Ton a voulu invoquer n'ont aucune importance ou bien n'ont qu'une importance très-secondaire. Telle est par exemple l'influence du côté atteint. Dans la statistique de Velpeau, on voit que vingt-deux fois la tumeur siégeait dans le sein droit, vingt-six fois dans le sein gauche et deux fois dans les deux seins à fa fois ; si nous faisons la môme analvse des faits que nous avons recueillis, nous voyons que la prédominance paraîtrait appartenir au sein droit; quatorze fois celui-ci était le siège de la tumeur, onze fois elle se trouvait du côté gauche. Nous n'avons observé que deux cas dans lesquels la tumeur ait existé en mématemps ou successivement dans les deux mamelles.
Pour mieux faire comprend le au lecteur les résultats de l'étude que nous avons faite des deux causes principales de ces tumeurs, nous donnons le résumé de ces recherches dans les tableaux suivants.
Quant à Yin/luence du sexe, il nous paraît inutile d'en parler. Les faits relatifs à destumeurs bénignes du sein chez l'homme, publiés jusqu'à ce jour, n'ont pas été suffisamment étudiés, pour être pris en sérieuse considération. Un casdefibromemammairechezrhomme signalé parVirchow mériterait d'être exceplé.Maisjusqu'à ce jouril est unique.
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