‹ Traité des tumeurs bénignes du seinChapitre 66 sur 84 · DIAGNOSTIC AVEC LES TUMEURS OSTÉOÏDES · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC AVEC LES TUMEURS OSTÉOÏDES

se rapportent-ils véritablement à ce qui est décrit sous ce nom? N'a-t-on pas souvent confondu des kystes par rétention^ remplis de sang, avec un épanchement traumatique dans le tissu cellulaire?

Les collections sanguines, étudiées dès le moment où elles se sont produites, pourraient être difficilement confondues avec une tumeur d'origine hyperplasique. Cette erreur ne serait possible que si Tenkystement du sang et la condensation de ses éléments solides amenaient la formation d'un noyau induré plus ou moins volumineux, mais les adhérences que ce noyau aurait contractées avec les parties voisines et son peu de mobilité le différencieraient immédiatement et d'une tumeur dite adénoïde et d'un kyste par rétention.

Tumeur ostéoide, — Enfin il est une dernière variété de tumeur qui se développe bien rarement dans la glande mammaire, dont nous n'avons pas encore parlé, et sur laquelle cependant nous devons nous arrêter un instant : c'est la tumeur ostéoide. Nous n'avons jamais vu d'exemple de cette affection et les rares faits qui existent dans la science ne sont pas tous comparables entre eux. Les plus anciens dus à A. Gooper et A. Bérard sont douteux; le seul qui paraisse authentique est celui que M. Ileurtaux (de Nantes) a présenté à la Société de chirurgie en 1866 et que nous citons en entier, à cause de son importance. Comment faut-il l'apprécier? Nous trouvons que l'examen microscopique qui en a été fait et qui seul peut fixer sur la nature du néoplasme s'éloigne de la description habituellement donnée par les auteurs.

Voici dans quelles conditions ce fait a été observé.

« Une femme de cinquante-deux ans vient me consulter,

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dit M. Ileiirlaux, pour une tumeur du sein gaucliel malade chez laquelle il n'y a aucun antécédent hérédiia: a reçu, il y a huit mois, une légère contusion au gauche de la poitrine. Deux mois après elle découvnlA hasard une petite tumeur grosse comme le pouce dâit. paisseur de la mamelle. Cette tumeur s'est graduelki accrue et depuisquclque temps des douleurs s'y font ^

> Au moment où on Tobserve, le sein gauche estuDj' plus volumineux que le droit, bombé à sa partie movrii le mamelon n'est pas rétracté, mais il semble un/ adhérent aux couches profondes; des veines sinikic rampent et rayonnent autour de la tumeur. A la [é^ tion on trouve une tumeur de la grosseur d'une y^ orange faisant partie de la glande mammaire, (fàf ses contours soient bien limités et parfaitement mobiW-: tout sens. La surface de celte tumeur présente \m^' quatre bosselures très-dures. Du côté de l'aisselle où ^ trouve aucun engorgement ganglionnaire appréciable. .5 diagnostique une tumeur squîrrheuse.

» Aussitôt après l'opération, quand on voulut divi^e^i pièce pour en étudier les caractères, on fut très-sur['r. de rencontrer une résistance inattendue, il fallut rsployer une assez grande force pour couper avec lebislor ce tissu morbide qui en certains points offrait unedurw comparable à celle d'un os spongieux un peu raréfié, 'f put reconnaître alors sur une coupe médiane que oeC' tumeur était constituée, il est vrai, par du tissu squiiTheai lardacé, contenant quelques zones qui paraissaient ossifiées, mais qu'elle renfermait en outre un certain nombre d'ostéoïdes ou corps d'apparence osseuse ayant la forW' de lames assez épaisses ou de lobes arrondis.

n Au microscope la partie squirrheuse de la tumeur

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offrait les caractères habituels du squirrhe avec cette différence qu'on y trouvait de très-petites zones de tissu cartilagineux. Les ostéoïdes n'avaient pas tout à fait la structure du tissu osseux véritable, mais on pouvait les regarder comme le résultat d'un travail d'ossification avorté.

» Trois mois après l'opération, développement dans l'aisselle gauche de deux tumeurs extrêmement dures qui bientôt se confondent, s'accroissent avec rapidité et auxquelles se joignent d'autres bosselures développées au voisinage. Toutes ces masses examinées avec grand soin sont d'une dureté pierreuse, ce qui ne laisse aucun doute sur l'analogie de texture qui doit exister entre ces tumeurs récidivées et la tumeur primitive. La santé se détériore rapidement; de nouveaux symptômes font bientôt supposer que les poumons sont le siège d'une éruption de tumeurs secondaires, et la malade succombe dans le marasme moins de huit mois après le début de la récidive. >

Ce fait est très-remarquable, et il est très-rare; on doit ajouter que les tumeurs de cette nature n'ont jamais été diagnostiquées qu'après leur ablation. La dureté parliculière que l'on constate dans quelques-unes des bosselures et, la marche rapide qu'elles présentent, nous semblent être les meilleurs signes diagnostiques que l'on puisse invoquer pour les reconnaître. Il ne nous paraît possible de les confondre qu'avec le fibrome dur et l'cnchondrome. On ne connaît pas de faits authentiques d'enchondrome du sein chez la femme; mais la distinction est facile à faire avec le fibrome, eu égard à la rapidité de la marche de la maladie et à sa prompte généralisation qui lui donnent de très-grandes analogies avec le car-

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cinome le plus inreclii-'iix. C'est d'ailleurs un l'ait remar^ quable de voir ta tumeur ostéoïde, quelle (]uc soit la région où elle se d^-veloppc, s'i.'tondi'e si vilo an poumon. Vîrchow avail altin' l'allonlion sur lu m.-ilignit'' ImuI': particulière de cette forme morbide. Nous rappellerons, h ce point de vue, le fait si intéressant présenté paiement ' en i873 à ta Société anatoniiqae par HH. P. RediB et Defois.

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