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CHAPITRE II. — CAUSES OCCASIONNELLES. — VIOLENCES extérieures

Les causes occasionnelles sont celles dont l’action est la plus immédiate et la plus évidente. Elles peuvent se ranger en trois catégories: 1° violences extérieures; 2° influences atmosphériques ou rhumatismales; 3 influence d autres maladies. Les violences extérieures qui peuvent atteindre les articulations sont de cinq sortes : 1° plaies; 2° coups; 3° chutes; 4° entorses et luxations; 5° fatigues.

Les plaies articulaires peuvent se terminer de trois manières : lu elles peuvent se cicatriser sans accidents ; 2° elles peuvent amener une arthrite aiguë; 3° elles peuvent donner lieu à une affection chronique de l’articulation, que ses caractères anatomiques et séméiologiques prouvent être en tout identique avec les tumeurs blanches. Celles-ci succèdent quelquefois à l’arthrite aiguë, lorsque cette dernière n’a pas emporté le malade.

Les coups portés directement sur les articulations ne produisent généralement qu’une simple contusion ; cependant, surtout si le sujet se livre à des mouvements et à des efforts inconsidérés, la douleur et le gonflement peuvent se perpétuer, et l’affection peut parcourir toutes les périodes des tumeurs blanches.

J’ai môme vu un coup porté sur le coude produire une fracture, celle-ci guérir, mais les douleurs articulaires continuer, et aboutir à la manifestation d’une tumeur blanche des mieux caractérisées.

Une cause beaucoup plus fréquente, ce sont les chutes. La chute peut avoir lieu directement sur l’articulation, et alors elle agit comme les coups; mais beaucoup plus souvent elle a lieu sur un point plus ou moins éloigné. Ainsi, une chute sur les pieds amène une gonarthrocace et plus souvent encore une coxarthrocace ; une chute sur le siège ou sur la tete amène la tumeur blanche vertébrale ou mal de Pott. La force imprimée par la chute est transmise de proche en proche jusqu’à ce qu’elle rencontre un point fixe qui la brise; ce point en éprouve tout l’effet et se trouve dans les memes conditions que si h violence avait agi directement sur lui. Ainsi, dans une chute sur les pieds, la force est transmise à travers le tibia et le fémur jusqu’à la cavité cotyloïdc ; là, elle rencontre un point fixe, le bassin, qui la brise; mais les parties qui composent la cavité cotyloïde en subissent tout l’effet : de là une contusion de l’articulation coxo-fémorale. Si le fémur est fortement maintenu par les muscles qui l’entourent, ce qui n’a pas lieu en général, c’est le genou qui reçoit l’action de la force et qui est contus. La contusion de l’articulation de la hanche peut de meme résulter d’une chute sur le genou ou sur le grand trochanter; la position de cette articulation rend la chute directe impossible.

C’est la contusion articulaire résultant d’une chute sur le grand trochanter qui occasionne le plus souvent cette maladie. J.-L. Petit regardait cette cause comme préparant habituellement les luxations spontanées du fémur. On sait combien sont fréquentes chez les vieillards les chutes sur le grand trochanter, qui amènent les fractures du col du fémur.

Eli bien! elles sont plus fréquentes encore chez les enfants. Pourtant chez eux celte fracture est inconnue parce que le col du fémur est élastique et peu cassant. Le coup est transmis intégralement à l’articulation, et comme justement dans l’enfance celle-ci est prédisposée à devenir malade, une tumeur blanche se déclare.

Dans les chutes sur le bassin, c’est généralement sur la région dorsale ou dorso-lombaire du rachis que la violence agit ; dans les chutes sur la tète, c’est sur la région cervicale ou dorsale.

Le mécanisme par lequel agit une chute éloignée de l’articulation sur laquelle elle exerce son influence, est celui du contrecoup ; c’est de la même manière que dans une chute sur le sommet de la tête, la violence est transmise au sphénoïde, et va fracturer la base du crâne.

L’entorse diffère de la contusion en ce que l’articulation ne reçoit pas une simple commotion, mais exécute un mouvement exagéré ou anormal. Ce mouvement amène la distorsion des tissus péri-articulaires, la rupture de fibres ligamenteuses, de vaisseaux, de parties de la synoviale, et parfois même la séparation d’extrémités osseuses. Comme on le voit, l’entorse produit des désordres plus graves et plus importants que la contusion : aussi plus souvent que cette dernière détermine-t-elle des tumeurs blanches.

De toutes les articulations, celle où l’entorse est la plus commune est l’articulation tibio-tarsienne ; aussi est-ce peut-être celle où, dans l’âge adulte, les tumeurs blanches sont les plus fréquentes; presque toujours d’ailleurs elles se laissent ramener à cette cause, et le malade rapporte comme le fait le plus remarquable qui ait précédé sa maladie, qu’il s est foulé le pied.

Après l’articulation tibio-tarsienne, ce sont celles du genou et de la hanche où l’on observe le plus fréquemment la tumeur blanche à la suite de l’entorse.

Aux membres supérieurs et surtout au poignet et au coude, l’entorse est fréquente aussi ; mais en général elle n’amène pas de tumeur blanche, parce que ces membres ne sont pas soumis à des mouvements forcés et intempestifs, comme les membres inférieurs.

Au rachis, la plupart du temps on peut rapporter l’origine du mal de Pott à une chute, c’est-à-dire à une contusion ou à une entorse des articulations inter-vertébrales. Je sais bien qu’il est de mode aujourd’hui de rejeter dédaigneusement cette étiologie, et de hausser les épaules ou de sourire lorsque des parents racontent que tel accident est survenu à leur

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