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enfant à la suite d’une chute ou d’un effort. On rejette le tout sur une diathèse, sur la scrofule, sur la disposition tuberculeuse, sur un je ne sais quoi qu’on ne sait meme comment désigner. — Mais alors comment des sujets de constitution très-différente en sont-ils atteints? Comment est-ce assez souvent la seule lésion que l’on trouve dans l’organisme? En vérité, il faut une idée préconçue bien enracinée pour continuer à se contenter de pareilles explications. Je reviendrai d’ailleurs plus loin sur l’influence des diathèses. — Pour le moment, je ferai seulement remarquer avec M. Bonnet, que les dernières vertèbres dorsales et les premières lombaires sont les plus fréquemment atteintes, et que ce sont celles où les distorsions et les mouvements forcés ont le plus souvent lieu. Cette coïncidence est fort remarquable ; elle nous explique au moins pourquoi la maladie adopte généralement tel siège de préférence, ce que ne peuvent même nous faire entrevoir toutes les diathèses du monde.
Ces causes agissent égalementpour produire les tumeurs blanches désarticulations occipito-atloïdienne et atloïdo-axoïdienne. En effet, chez nous les luxations spontanées de ces articulations sont fort rares ; dans certaines parties de l’Allemagne, au contraire, elles sont assez fréquentes, tellement que liust qui pratiquait en Autriche, va jusqu’à les regarder comme plus abondantes que les gibbosités dorso-lombaires. Il en avait observé treize cas. Il rapporte que Schallgruber les a également rencontrées fréquemment en Styrie (1). Or, à quelle inconstance pourrait-on attribuer cette différence, sinon à ce que dans ces contrées existe généralement l’habitude de porter des fardeaux sur la tête ou sur la nuque? Cette habitude prédispose évidemment aux mouvements forcés et aux entorses.
Ce que j’ai dit du rachis peut s’appliquer aux autres articulations. Ici l’on admet plus facilement l’action des causes extérieures, surtout pour la podarthrocace. Cependant trop souvent encore, surtout lorsqu’il s’agit de l’articulation de la hanche, on les repousse pour s’attacher uniquement aux causes constitutionnelles. Ici je me bornerai encore à répéter ce que j’ai dit précédemment : pourquoi donc rencontre-t-on cette maladie chez des sujets de constitution si différente? Pourquoi est-ce souvent la seule manifestation morbide qu’ils offrent? Pourquoi cette manifestation choisit-elle justement tel point de l’organisme de préférence? D’ailleurs, lorsqu’on a eu l’occasion de voir le patient peu de temps après l’accident, on
(1) Rust, Arlhrohahologic. Vienne, 1817, p. 70.
peut fort bien suivre la marche continue des phénomènes qui relient la contusion articulaire et l’entorse à la tumeur blanche. J’exposerai cette suite de phénomènes lorsque j’en serai à la symptomatologie.
Ici, on me demandera peut-être pourquoi bien souvent l'entorse et la contusion articulaire n’amènent pas de tumeurs blanches? D’abord, il y a dans ces lésions différents degrés ; lorsqu’elles sont légères, elles guérissent facilement et rapidement, sans qu’il en reste de traces ; lorsqu’au contraire les tissus sont déchirés dans une grande étendue, il n’en est plus de même, et l’étendue et l’activité du travail réparateur rendent très-faciles les transformations morbides. Il faut tenir compte également de l’existence des circonstances prédisposantes, que j’indiquerai plus loin, et de l’influence du traitement. Une entorse convenablement traitée, c’est-à-dire maintenue pendant un temps convenable dans un repos absolu, se termine toujours favorablement. Mais si cela n’a pas lieu, si le patient se livre à des mouvements inconsidérés, pourvu que l’entorse soit un peu forte, elle prend petit à petit les caractères des tumeurs blanches.
C’est, je crois, la raison pour laquelle les luxations, bien que produisant des désordres plus graves que les entorses, ne sont que très-rarement suivies de tumeurs blanches. Par leur gravité même, ces accidents attirent forcément l’attention des malades, ils se soignent bien, et laissent aux tissus le temps de se réparer.
La fatigue, les marches forcées, peuvent aussi amener la formation de tumeurs blanches. Tout le monde connaît l’exemple cité par Richerand, d’un musicien qui fut atteint d’une tumeur blanche du coude, après avoir joué très-souvent du violon pendant tout un hiver.