ENFANTS
— — du rachis,
— — du genou,
— — du pied,
— — du poignet,
— — du coude,
— — de l’épaule,
— — des phalanges,
Autres tumeurs blanches,
Il s’entend que j’ai rapporté à l’enfance toutes les tumeurs blanches qui
ont débuté dans cette période de la
vie. Ce tableau montre que le sexe a
bien peu d'influence, et que les tumeurs blanches ont le même degré de fréquence chez les hommes et chez les femmes. Ceci ressort également de la comparaison des opinions des auteurs. Ainsi, quant à la maladie de la hanche, qui a été le plus étudiée, Van der Haar la dit plus fréquente chez les femmes, et il l’explique par la faiblesse plus considérable et le lymphatisme plus prononcé de leur constitution, qui semble les rapprocher davantage de l’enfance. Dyl fait jouer un rôle aux métastases laiteuses, et Morgagni l’explique par la position plus antérieure du cotyle, qui rendrait plus facile la luxation (1). Je l’ai aussi rencontrée plus fréquemment chez des femmes que chez des hommes. — Au contraire, Albers, Ficker, Rust, l’ont vue plus souvent chez les hommes ; M. Pigeolet, sur 14 cas l’a rencontrée 4 fois chez des femmes et 10 fois chez des hommes; et sur 76 cas relatés par différents auteurs, il en a trouvé 23 pour le sexe féminin et 53 pour le sexe masculin. Il l’explique par l’action plus fréquente dans ce dernier des causes traumatiques et rhumatismales. Ces discussions montrent qu’il est impossible d’établir une différence sous ce point de vue entre les deux sexes. Je dirai la même chose des autres espèces de tumeurs blanches, pour lesquelles aucune contestation n’est même possible, et sur lesquelles les auteurs n’ont pas cru devoir émettre d’avis. La conclusion de tout ceci, c’est qu’on ne peut pas dire qu’un sexe constitue plutôt que l’autre une condition favorable au développement des tumeurs blanches. Il y a en quelque sorte équilibre entre les circonstances favorables et défavorables que chacun d’eux présente.
Je n’en dirai pas autant de l’âge ; et un coup d’œil jeté sur le tableau précédent suffira pour convaincre le lecteur que les enfants jusqu'à l’âge de 10 ans sont particulièrement prédisposés aux tumeurs blanches. En effet, sur 140 cas, on voit 54 enfants de cet âge. Tous les auteurs sont d’ailleurs d’accord sur ce point et le nom de pædarthrocace, donné par les anciens à cette maladie , prouve que ce fait les avait frappés. En effet , le tissu osseux est chez eux moins solide, plus raréfié, plus vasculaire que chez les adultes, plus rapproché de cet état que j’ai signalé dans les os courts de certains sujets atteints de tumeurs blanches. Ensuite, c’est à cet âge que se font le plus de chutes, et qu’elles sont le plus négligées. Ces considéra tions nous expliquent pourquoi toutes les tumeurs blanches ne prédomi-
(1) Van der Haar, Genees en heelkundige mengelschrift. Amsterdam, 1797. — Dyl, De claudiccitione dissertatio. Lugd.un. Batavor. 1798. — Morgagny, De sedibus et cuasis morborum, epist. 56, 19.
lient pas également chez l’enfant, mais principalement celles de la hanche et du rachis. En effet, ce sont surtout les corps vertébraux qui offrent cette texture spongieuse et vasculaire dont j’ai parlé ; c’est souvent sur le dos et plus souvent encore sur le côté, sur le grand trochanter, qu’ont lieu les chutes chez les enfants. Ces considérations expliquent comment ces tumeurs blanches, qui ne sont pas plus abondantes que les autres chez les adultes, les dépassent de beaucoup chez les enfants.
On observe rarement les tumeurs blanches avant l’âge de deux ans ; cependant j’ai vu une tumeur blanche vertébrale débutera l’âge de six mois, une coxarthrocace à l’âge de neuf mois, et une gonarthrocace à quatre mois. Morgagni a observé une coxarthrocace à l’âge de quelques mois et Brodie à un an. La période où l’on en voit le plus grand nombre est de 2 à 15 ans ; puis vient la période de 15 à 30. Au-delà de 30 ans elles deviennent beaucoup moins fréquentes ; cependant elles sont loin d’être rares. Ainsi, on verra dans le cours de cet ouvrage des observations dont les sujets avaientde30 à45 ans ; Brodie en cite aussi plusieurs dans cette période; Albers l’a vue à 45 ans, Boyer à 46, Paletta, Kraak, Rust, Brodie, à 50 ans, Sabatier après 60 ans; j’ai observé une tumeur blanche du poignet à 70 ans. Il n’est donc pas d’âge qui en soit entièrement exempt. Pourtant, l’enfance est l’âge le plus exposé, et leur fréquence diminue à mesure qu’on devient plus vieux.
Une des causes prédisposantes les plus évidentes et les plus fréquentes des tumeurs blanches est l’hérédité, ou plutôt la consanguinité. Pourtant, les auteurs en parlent à peine, et la plupart ne la mentionnent même pas. C’est qu’elle est évidente, que chacun peut la constater, et qu’ils aiment mieux disserter sur des sujets plus obscurs et plus contestables, comme sont les causes constitutionnelles et spécifiques. Aussi , dans les faits qu’ils nous ont conservés, ont-ils relaté avec soin tout ce qui est relatif à ces causes, tandis qu’ils ne disent rien en général de l’état des parents. Cependant il est des cas où ils n'ont pas pu manquer d’être frappés par les faits : ainsi Zwinger (1) cite le fait d’une mère boiteuse de la hanche, qui eut trois enfants affectés de claudication de la même articulation. On verra dans mes observations des exemples analogues ; ainsi, je connais une famille où le père et l’oncle sont atteints de mal de Pott ; l’enfant est mort de la même maladie à l’âge de dix-huit mois à deux
(1) Zwingerius, Theatrumpraxeos medicœ. Basliis, 1710, scct. II, pagin. 109.
ans. Dans une autre, les parents sont sains, ainsi qu’un enfant , mais les deux autres, les deux aînés, sont affectés, l’un de coxarthrocace, l’autre de ma! de Pott. Ailleurs, c’est un enfant mort de coxarthrocace, dont la mère, actuellement robuste et bien portante, eut autrefois une tumeur blanche du genou. Ailleurs encore, c’est un enfant atteint de tumeur blanche du genou, dont le père avait eu des trajets fistuleux à la hanche. On verra ces différents cas relatés parmi mes observations. D’après ces données, il me semble impossible de ne pas admettre l’hérédité des tumeurs blanches. Cette hérédité offre d’ailleurs toutes les variétés que l’on cite en parlant des maladies héréditaires en général; ainsi elle peut sauter une génération ; elle peut provenir du côté paternel, ou du côté maternel, ou des deux à la fois; elle peut affecter de préférence, soit les filles, soit ies garçons.
Mais, dira-t-on, est-ce bien la maladie qui est héréditaire? n’est-ce par le tempérament qui y prédispose, ou la diathèse qui la produit? D’abord, quant au tempérament, nous voyons cette maladie exister comme maladie de famille avec les tempéraments les plus divers. Et quant à la diathèse, peut-on dire qu’elle existe chez des sujets qui ne portent qu’une seule lésion, dont un organe seul est affecté? Ces raisons rendraient-elles compte d’ailleurs de ces cas où chez tous les sujets de la même famille la même articulation est atteinte? Ainsi, dans le cas de Zwinger, la mère et les trois enfants boitaient de la cuisse; dans un des miens, le père et l’oncle étaient atteints de tumeur blanche vertébrale dorso-lombaire, et l’enfant portait une maladie de la même région.
Il y a là autre chose que la simple influence d’un tempérament ou d’une diathèse : il y a transmission d’une disposition spéciale de telle articulation donnée à devenir malade. Ceci est d’accord avec tout ce que nous apprend l’observation. En effet, ne voit-on pas bien souvent dans les familles des ressemblances de trait, de caractère, de manières? Ne voit-on pas certaines maladies ou infirmités s’y développer de préférence, sans que l’on puisse invoquer ni tempérament particulier ni diathèse? N’en est-il pas ainsi de la pleurésie, de la pneumonie, du cancer du sein, du cancer de l’estomac, de l’apoplexie, des hernies, des varices, de la fistule à l’anus, etc.? Ne rencontre-t-on pas aussi dans ces mêmes familles des sujets qui n’ont pasces traits communs, qui ne ressemblent pas aux autres, chez lesquels ces prédispositions morbides ne se développent pas ? C’est également ce qui a lieu pour les tumeurs blanches : elles peuvent exister,
elles existent souvent comme maladies de famille, et offrent comme telles toutes les apparentes bizarreries, toutes les circonstances particulières des maladies de cette catégorie. L’hérédité ou la consanguinité doit être considérée comme une de leurs conditions prédisposantes les plus actives et les plus certaines.
Quant aux tempéraments, on a cité de tout temps comme prédisposant aux tumeurs blanches, le tempérament lymphatique. C’est à ce tempérament qu’appartiennent la plupart des enfants, et j’ai dit combien chez eux cette maladie était fréquente. Lorsqu’on examine les sujets lymphatiques et les enfants, on trouve, en effet, entre eux certains points de ressemblance, certaines particularités anatomo-physiologiques, qui expliquent cette préférence. Les os sont plus spongieux, plus mous, plus vasculaires, leurs cellules sont plus larges, leur diploë plus abondant, leur lame compacte plus mince. Les ligaments sont moins forts et moins serrés : aussi ces personnes sont-elles plus que les autres sujettes aux entorses, début si fréquent des tumeurs blanches. Voilà pour les conditions organiques locales du système articulaire ; voyons maintenant quelles sont celles des autres systèmes. Le système sanguin est bien développé, et rempli d’un sang riche en sérum et en fibrine, pauvre en globules. Aussi ces sujets ont-ils généralement les chairs épaisses, la face rebondie, le teint clair et rosé ou blanchâtre, et les cheveux blonds. Ce sang donne facilement lieu à des exsudations séro-fibrineuses, et celles-ci ne tendent pas à la résorption, mais bien à l’organisation, soit sous la forme purulente, soit sous la forme moins embryonnale, cellulo-vasculaire. Les tissus articulaires sont, comme on vient de le voir, prédisposés à devenir le siège de pareilles exsudations ; et lorsqu’elles s’y produisent, on y voit se développer toutes les lésions qui caractérisent les tumeurs blanches.
Selon Brodie, J.-L. Petit et Brambilla considéraient les Anglais comme prédisposés aux tumeurs blanches ; si cela est en effet, on doit l’attribuer à ce que leur tempérament est généralement lymphatique.
Dyl (1) prétendait n’avoir vu que rarement un paysan boiteux, et n’avoir rencontré non plus que peu d’estropiés parmi les juifs. Quant à ces derniers, ils sont trop peu nombreux pour que l’on puisse rien affirmer de pareil : un juif est déjà assez rare; comment donc un juif boiteux ne le serait-il pas? Quant aux paysans, Fickcr et Rust expliquent déjà l’opinion
(1) Dvl, De cîaudicatione disscrtatio.
de Dyl, en disant que sans doute les paysans atteints de cette maladie meurent presque tous faute de soins, et passent ainsi inaperçus. J accepte d’autant plus volontiers cette explication, que chez nous, j’ai vu les tumeurs blanches être beaucoup plus fréquentes à la campagne qu’en ville. Ceci paraît étonnant au premier abord, le séjour de la campagne étant regardé comme plus sain que celui des villes, et étant recommande surtout pour les enfants qui sont le plus prédisposés à cette maladie. C’est que d’un coté les habitants des campagnes ont un tempérament plus lymphatique, et que d’un autre côté ils vivent dans des conditions hygiéniques détestables, dont je ferai la part tout à l’heure.
Le tempérament lymphatique n’est pourtant pas une condition nécessaire au développement des tumeurs blanches, et l’on en voit se former chez des sujets sanguins et bilieux, surtout dans l’âge adulte.
Après le tempérament, j’ai rangé parmi les conditions qui prédisposent aux tumeurs blanches, la constitution. Il y a bien entre l’un et l’autre certains rapports; pourtant il y a aussi des différences. Le tempérament est constitué par la prédominance de tel principe, de tel élément organique dans l’économie; la constitution est le résultat du plus ou moins d’intensité d’action des forces organiques, du plus ou moins d’activité de la nutrition. Une constitution forte ou faible peut co-exister avec toute espèce de tempérament ; cependant le tempérament lymphatique est souvent, et le tempérament nerveux généralement accompagné d’une constitution faible ; tandis qu’une constitution forte est généralement l’attribut du tempérament sanguin. Une constitution affaiblie prédispose aux tumeurs blanches, comme elle prédispose à toutes les maladies. Avec cette espèce de constitution, la moindre cause dérange le jeu des organes et la circulation du sang ; des exsudations se produisent, et ces exsudations ne peuvent, ni être résorbées, ni passer par toutes les phases d’une organisation complète. Elles se transforment en pus ou en fausses membranes, en fongosités ; si c’est une articulation qui est ainsi atteinte, on aura les tumeurs blanches.
On doit donc ranger parmi les causes prédisposantes éloignées de cellesci, tout ce qui tend à affaiblir la constitution, surtout en rendant moins énergiques les forces de nutrition et d’assimilation. Ces circonstances agissent avec le plus de fréquence et d’intensité chez les enfants, sans doute parce que leurs organes sont plus délicats, qu’ils ont besoin d’une réparation plus active, et que leurs fonctions sont plus facilement troublées.
Parmi ces circonstances, je citerai comme les principales : 1° les maladies qui affaiblissent considérablement ; 2° une mauvaise aération et une habitation contraire aux lois de l’hygiène; 3° une alimentation insuffisante; 4° l’onanisme et l’abus des plaisirs vénériens.
Les maladies qui jettent l’organisme dans un état de débilité favorable au développement de ces affections et des maladies chroniques en général, sont principalement les fièvres éruptives, la fièvre typhoïde, l’entérite chronique (surtout chez les enfants). A propos des premières, j’ai déjà dit que c’est à cette circonstance et non 5 une répercussion ou à faction d’un principe morbifique hypothétique qu’il faut attribuer les tumeurs blanches que dans quelques cas très-rares on voit survenir à leur suite. C’est en effet non pendant la maladie même, mais après, lorsqu’elle a cessé, pendant la convalescence, qu’on voit arriver l’arthropathie dans les exemples que les auteurs en ont rapportés. La même chose a lieu pour la fièvre typhoïde.
Trop souvent l’homme, soit par ignorance, soit par misère, donne aux habitations des dispositions de tout point contraires aux lois de l’hygiène. Ainsi, il ira se bâtir une maison contre un rocher ou au milieu d’un marécage ; il couchera dans un rez-de-chaussée qui n’offrira ni plancher ni pavement, mais rien que la terre humide et nue; quatre, huit, dix personnes et au-delà seront entassées dans une chambre qui ne contient de l’air que pour une, tout au pli 3 pour deux. Cette pièce quelquefois 11e communique avec l’extérieur que par une porte, les fenêtres n’étant pas susceptibles d’être ouvertes; ou bien elles le sont, mais ce sont de simples lucarnes; ou bien elles sont convenables, maison ne les ouvre jamais. Parfois même la porte donne dans un corridor, dans une autre chambre, dans une remise, dans une étable. De cette façon, on ne respire qu’un air vicié, chargé de vapeur d’eau, d’acide carbonique, d’exhalaisons méphitiques, et moins riche en oxygène que l’air normal ; souvent des animaux, chiens, chats, lapins, moutons, porcs, viennent accroître cette viciation, et par l’oxygène qu’ils consomment, et par les émanations auxquelles ils donnent lieu. Dans ces circonstances, l’hématose se fait mal, le sang se charge de tous les gaz dont j’ai parlé, et l’affaiblissement de la constitution en est la conséquence inévitable.
Chose remarquable et que l’on ne croirait pas si on ne le voyait chaque jour, c’est surtout à la campagne que ces conditions existent. Oui, c’est là, au milieu d’un air pur, de vastes plaines balayées par les vents, que
l’on rencontre le plus souvent peut-être ces habitations malsaines. On dirait que le campagnard cherche à éloigner de lui cet air pur et vif que nous autres, habitants des villes, nous aimons tant, et qui lui est si libéralement dispensé. Il le peut d’autant mieux que les autorités du village sont généralement fort peu versées dans l’hygiène et ne s'inquiètent aucunement de la salubrité publique, dont les administrations des villes ont un si grand souci. — Cette cause est une de celles qui expliquent comment à la campagne on voit des enfants tout aussi lymphatiques, tout aussi chétifs que dans les grandes cités, et comment même les tumeurs blanches y sont plus fréquentes.
A côté de cette cause de débilité vient se placer une alimentation mauvaise et insuffisante. Ainsi, dans la classe pauvre, tantôt l’alimentation est purement végétale, composée de pommes de terre et de quelques légumes; tantôt elle est de mauvaise qualité, composée de débris, de restes, d’aliments déjà corrompus ; tantôt enfin elle est par la quantité en-dessous de ce qu’il faudrait pour procurer une réparation convenable. Toutes ces circonstances amènent avec elles la débilitation ; la première, celles de l’alimentation par trop végétale, s’observe le plus fréquemment à la campagne et concourt avec les mauvaises conditions d’habitation et d’aération à déterminer les résultats mentionnés précédemment.
J’ai parlé de la mauvaise alimentation dans les classes inférieures; mais, pour ce qui concerne les enfants, elle est bien fréquente aussi dans les classes supérieures, au sommet de l’échelle sociale, et elle y est bien moins excusable, je dirai même qu’elle ne l’est en aucune façon. Là, en effet, on a tout en abondance, on ne se refuse rien ; pour prouver à l’enfant chéri l’amour qu’on lui porte, on le bourre de pâtés, de friandises, de sucre, qu’on lui donne à toute heure de la journée. On agit ainsi de deux manières. Donnant sans cesse des aliments à l’estomac, on l’entretient dans un état de surexcitation continue, on ne donne pas le temps de se manifester au besoin, à la faim, indice que l’organe se trouve dans des conditions favorables pour fonctionner. Ces bonbons, ces friandises donnent lieu à une sécrétion surabondante d’acides, qui se manifeste par des éructations et de temps en temps par des vomissements; l’estomac s’y habitue et ne supporte plus bien les aliments ordinaires. Enfin, toutes ces friandises fournissent en définitive fort peu d’éléments de réparation, et nuisent encore en prenant la place d’aliments plus solides. On trouve ainsi, dans des positions sociales où l’on ne devrait pas s’y attendre, l’alimenta-
tion insuffisante avec toutes ses conséquences. Ajoutez à cela que trop souvent les enfants, surtout lorsque l’âge est venu d’aller à l’école, restent enfermés toute la journée et ne prennent aucun exercice ; de là le défaut d’hématose dû à d’autres circonstances que chez les pauvres, mais amenant des résultats analogues.
Une excitation immodérée des organes génitaux, produite, soit par la masturbation, soit par l’abus des plaisirs vénériens, exerce absolument la même action. Toute l’activité organique semble être détournée au profit de ces organes, et faire dans la même proportion défaut aux autres. Aussi ces causes produisent-elles une débilitation tout aussi immédiate, tout aussi facile à ramener à son point de départ, que la mauvaise aération et la mauvaise alimentation. Elles agissent aussi principalement chez les enfants, d’autant plus que chez eux ces organes n’ont pas acquis le développement nécessaire, et ne sont pas encore destinés à l’action.
Les causes de débilitation, défaut d’aération, alimentation insuffisante et excitation excessive des organes génitaux, agissent principalement sur les enfants, comme je l’ai déjà dit. Sous leur influence, on voit ces petites créatures devenir maigres, malingres ; leurs cheveux sont d’un blond terne ; leur peau est jaunâtre, terreuse, ou d’un rose pâle. D’autres fois au contraire ils sont bouffis, comme infiltrés ; leur sang est si riche en sérum, et contient si peu d’éléments fibrineux, qu’on dirait que le sérum s’épanche dans les tissus et les imbibe. D’autres fois encore ils n’offrent aucun des traits du tempérament lymphatique , leurs cheveux sont noirs , leurs yeux sont noirs, mais ils sont maigres, chétifs et doués d’un teint pâle et terreux. Ce dernier cas a lieu surtout chez ceux qui ont acquis un certain âge, six, huit, dix ans, avant que les causes débilitantes n’aient agi avec efficacité. — C’est chez les sujets offrant cette espèce de constitution due à des maladies ou à de mauvaises conditions hygiéniques, qu’apparaissent presque toujours les tumeurs blanches.
La grossesse agit principalement comme cause prédisposante sur certaines articulations, sur les articulations sacro-iliaques, pubienne et coxofémorale. Elle y détermine un afflux considérable de liquide, et un relâchement des ligaments, bien connus des accoucheurs. Dans cet état, ces articulations sontbien pluspropresquedanslesautrescirconstances àdevenir le siégé des exsudations albumino-fibrineuscsqui sont le point de départ des tumeurs blanches. La légère irritation dont elles sont le siège tend à favoriser l’action des causes d’irritation qui peuvent les influencer. Ces tumeurs
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blanches peuvent débuter, soit pendant la grossesse, soit après la parturition. Dans ce dernier cas, souvent à la cause prédisposante vient se joindre la cause occasionnelle de la métro-péritonite.