CHAPITRE III. — PÉRIODES DE L'HISTOIRE DES TUMEURS PLANCHE
Comme je l’ai dit dans l’introduction, c’est seulement dans les temps
modernes, et par suite des progrès de l’anatomie pathologique, que les maladies dont je m’occupe ont été bien connues. C’est à notre époque seulement que des traitements efficaces ont été proposés et suivis avec ensemble.
L’histoire ne nous offre donc que peu de choses à considérer relativement à cette question. Toute la suite des siècles se réduit à deux périodes. Dans la première, on ne possédait que de simples notions, des aperçus vagues. On savait que la maladie existait, on avait reconnu quelques-unes de ses causes et tracé à grands traits ses symptômes ; mais voilà tout. Aussi est-on réellement étonné lorsqu’on voit la petite place que les tumeurs blanches, dont on parle tant aujourd’hui, occupent dans les anciens traités de pathologie. Lisez, par exemple, Guy de Chauliac, Paré, Duverney, J.-L. Petit, etc., et vous serez surpris de voir combien peu ces auteurs parlent de ces affections pourtant si communes. C’est que la place qu’une maladie tient dans les auteurs ne dépend pas tant de sa fréquence, que de l’état de nos connaissances relativement à elle.
Aussi, dans les traités les plus récents, ceux de MM. Velpeau, Néla-
ton, etc., les tumeurs blanches occupent-elles une place importante, qui témoigne des progrès qu’a faits cette partie de la science.
Partant de ce point de vue, je diviserai l’histoire de la chirurgie, en ce qui concerne les tumeurs blanches, en deux grandes périodes. La première, ou période ancienne, s’étend d’Hippocrate à la fin du xvnie siècle ; on n’y
trouve que des notions imparfaites sur la nature et le traitement de ces affections. La seconde période, ou période moderne, commence à la fin du dernier siècle ; elle est marquée par le développement successif et rapide de ces notions. Ce développement continue de nos jours ; il a déjà atteint un degré assez élevé pour que l’on puisse aspirer à édifier sur ce point de la science une doctrine rationnelle et complète dans son ensemble, de façon a ne plus laisser à élucider que quelques questions de détail. C’est ce but que je me suis proposé d’atteindre dans cet ouvrage, en m’appuyant surtout soi les nombreux et importants travaux de nos contemporains, et y ajoutant ce que mes propres recherches m’ont permis de constater.