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CHAPITRE XVII. — Tumeurs blancues de la clavicule

La clavicule offre deux articulations : Pacromio-claviculaire et la sternoclaviculaire.

La tumeur blanche de la première est fort rare. En effet, cette articulation offre fort peu de mobilité, et est fort peu exposée aux violences extérieures. Je ne l’ai jamais observée. Elle est caractérisée par des douleurs vives au-dessus de l’acromion, au point correspondant à l’articulation, douleurs qui augmentent par les mouvements de totalité de l’omoplate, sans être influencées par ceux qui se passent uniquement dans l'humérus, tels que ceux de rotation et de flexion antéro-postérieure. Les abcès auxquels elle donne lieu s’ouvrent immédiatement au-dessus de l’acromion, au point correspondant delà peau.

La tumeur blanche sterno-claviculaire est moins rare. Elle s’annonce par une douleur répondant à l’articulation, augmentant par la pression et par les mouvements étendus de l’épaule auxquels cette articulation prend part. Bientôt survient du gonflement, parfois de la rougeur ; cet état persiste plus ou moins longtemps; enfin, des abcès se forment, et s’ouvrent généralement en avant de l’articulation. On voit là des trajets fistuleux aboutir à la peau ; ou bien celle-ci est détruite, et la lête de l’os est

recouverte de bourgeons charnus à travers lesquels se font jour des pertuis, qui permettent au stylet de toucher l’os dénudé. Toujours alors, la tête de la clavicule est saillante en avant, par suite du relâchement de ses ligaments ; quelquefois ils sont détruits, et il y a luxation complète en avant.

Il pourrait arriver, bien que je n’en connaisse aucun exemple, que le pus fusât dans le médiastin, en arrière du sternum, ou même qu’il perforât la plèvre. Ce dernier cas serait nécessairement mortel ; quant au premier, il entraînerait à sa suite tous les dangers des abcès rétrosternaux.

Le pronostic de cette tumeur blanche est favorable, â cause du peu d’étendue de l’articulation, et du peu d’étendue de ses mouvements ; son ankylosé ne gêne en aucune façon l’individu qui en est affecté, sinon dans les premiers temps. Cette maladie ne doit amener que bien difficilement le marasme, à cause du peu d’étendue de la synoviale; la seule circonstance qui lui donne une grande gravité, c’est la possibilité que le pus fuse vers l’intérieur du thorax.

Le pronostic de la tumeur blanche acromio-claviculaire est bien plus favorable encore, car cette articulation est moins étendue et moins mobile, et l’on n'a pas à craindre que le pus fuse vers des organes im portants.

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