‹ Traité des tumeurs de l'oeil de l'orbite et des annexesChapitre 38 sur 128 · PATHOGÉNIE · texte numérisé non relu

PATHOGÉNIE

des observations de Roux, de Jobert, comme de celles que rapporte Dolbeau clans son mémoire.

Les exostoses du sinus frontal seraient donc, d'emblée, primitivement osseuses et formées par une ossification de la membrane du sinus; dès lors, elles seront absolument indépendantes de l'os lui-même.

Dolbeau se base sur l'anatomie pathologique pour édifier sa thèse. Il considère les exostoses qui se développent dans la cavité même des fosses nasales comme identiques à celles qui prennent naissance dans les sinus. Il admet les deux formes : éburnée et spongieuse. Enfin, il cherche à démontrer que ces productions ont pour origine première une ossification du périoste, et qu'elles n'émanent jamais du squelette lui-même, dont elles restent toujours indépendantes à toutes les phases de leur développement. Cette indépendance de la tumeur doit être mise en évidence. C'est l'idée mère du mémoire de Dolbeau, celle à laquelle il attache le plus d'importance, parce que d'elle découle logiquement cette conséquence opératoire qu'il réclame comme lui appartenant en propre, à savoir : qu'une fois la cavité qui recèle l'exostose largement ouverte, il ne s'agit plus que de la saisir avec une pince pour l'extraire comme un calcul de la vessie.

La théorie de Dolbeau est vraie, mais elle ne se rapporte qu'à un petit nombre d'ostéomes du sinus frontal ; elle est beaucoup trop exclusive et, pour la généralité des cas, il a fallu chercher mieux. »

Virchow a fait ressortir que l'orbite est la région qui, dans son évolution embryonnaire, offre le plus de variations. La connexion des différents os de l'orbite, frontal, sphénoïde, maxillaire supérieur, ethmoïde est tellement étroite qu'il peut très facilement se faire des troubles réciproques dans leur développement, et d'ailleurs la présence des nombreux sinus qui avoisinent l'orbite fait encore mieux comprendre la fréquence de pareils désordres.

Les ostéomes du sinus frontal, qui sont les plus fréquents, ont été, au point de vue de leur pathogénie, particulièrement étudiés par Virchow, qui s'en est occupé d'une façon spéciale ; il a décrit le développement de la tumeur dans le diploé (enostosej ; les lames de l'os frontal sont atrophiées, dissociées et finalement rompues. Souvent à ces enostoses sontappendues

DE L OSTEOME DE L ORBITE

des polypes qui ne jouent aucun rôle étiologique dans le développement de l'affection et qui même, très probablement, n'en sont que la conséquence.

Ces polypes tiennent quelquefois une grande place et donnent lieu à des symptômes qui masquent ceux de la tumeur osseuse. Mitvalsky a étudié attentivement la structure de la muqueuse et la formation des polypes à propos de l'ostéome du sinus frontal (fig. 68, 69, 70).

Fig. 68. — Partie de l'enveloppe conjonctive de l'ostéome (Mitvalsky).

a, épithélium cylindrique stratifié ; — b, tunique propre de la muqueuse ; — c, tissu conjonctif sous-muqueux; — d, couche périostéale de l'ostéome.

Fig. 69 (Mitvalsky).

a, polype villeux formant papillome ; — b, formation folliculaire du tissu lymphatique ; — c, pédicule du polype (10 fois grossi).

Arnold, après Virchow, a rapporté deux cas d'ostéome du sinus frontal, et de leur étude il conclut que la question de l'origine de l'ostéome est difficile à résoudre ; il croit toutefois que ces deux tumeurs étaient fixées dans la partie du sinus où l'ethmoïde s'accole à l'os frontal, que ce lieu est précisément le lieu de naissance de ces ostéomes, mais il ne dit pas quelle est la couche de la paroi qui donne naissance aux ostéomes tels qu'il les a observés.

Rokitansky (20) a émis l'idée que les ostéomes du sinus frontal sont consécutifs à des enchondromes ossifiants. Le tissu cartilagineux viendrait d u périoste du sinus frontal (endosteum) ou bien il proviendrait de résidus

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