‹ Traité des tumeurs de l'orbiteChapitre 24 sur 58 · SUITE DE PLAIES PENETRANTES · texte numérisé non relu

SUITE DE PLAIES PENETRANTES

lancés par la poudre à canon, d'éclats de mitraille ou d'obus, de balles ou de grains de plomb, comme dans l'observation suivante :

Observation *. — Plaie pénétrante de Vorbite.—Epanchement de sang. — Compression et hernie de l'œil. — M. Sée, prêtre, en allant à la chasse, reçut à peu de distance un coup de feu ; plusieurs plombs de perdrix pénétrèrent dans l'orbite et y provoquèrent un épanchement sanguin assez abondant pour qu'en moin? de deux heures l'œil fît une saillie considérable ; la vue fut suspendue immédiatement. Le malade n'éprouvait autre chose qu'un sentiment désagréable dans toute la région crbitaire. L'œil ne pouvait être refoulé dans son orbite sans faire surgir dans son pourtour un bourrelet sanguin fort appréciable. Les premiers secours administrés consistèrent dans l'application de compresses glacées, que l'on renouvela fort souvent; on pratiqua en même temps une compression modérée, et le malade fut saigné largement. 11 ne survint aucun accident. Quarante-huit heures après, il se manifesta des abcès sanguins dans la partie inférieure de l'orbite. L'ouverture que l'on fit donna issue à une grande quantité de sang déjà décomposé; pendant quelques jours il sortit à travers l'ouverture une certaine quantité de liquide sanguinolent; peu à peu l'œil rentra dans l'orbite; mais la vue ne revint que plusieurs mois après.

D'autres fois il s'agit de corps contondants plus ou moins aigus, poussés avec violence et ayant produit de graves désordres , comme dans le fait que cite Mackenzie.

1 Garron du Villards, loc. cit.

280 EPANCHEMENTS SANGUINS

Observation1.— Le 10 décembre 1819 J'assistai à l'examen du corps d'un homme qui, la veille au soir, pendant une rixe dans la rue, était tombé subitement mort, par suite d'une plaie pénétrante de l'orbite, produite par l'extrémité aiguë d'un parapluie. 11 s'était écoulé beaucoup de sang par le nez et la bouche. La paupière supérieure était gonflée et livide, et la conjonctive soulevée par du sang épanché. Il existait, juste au-dessus du tendon de l'orbiculaire, une plaie pénétrante qui permettait au petit doigt de s'introduire jusqu'au fond de l'orbite, entre la paroi interne et le globe de l'œil. L'extrémité du doigt sentait l'orbite fracturé. — En ouvrant le crâne, on trouve dans la cavité de l'arachnoïde et celle de la pie-mère une grande quantité d'un sang noir et fluide. La dure-mère est déchirée juste au-dessus du bord qui limite la fosse moyenne de la base du crâne, et ^qui est formé par la petite aile du sphénoïde. Le cerveau est déchiré en ce point, et une petite portion en est complètement détachée. En enlevant la dure-mère, la fracture, qu'on avait pu distinguer dès qu'on avait soulevé le cerveau, est complètement mise à nu. La petite aile du sphénoïde fracturée est séparée du frontal le long de la suture sphénoïdale. La fracture s'étend d'arrière en avant sur la voûte orbitaire du frontal, dans la moitié environ de son étendue ; mais, ce qui est beaucoup plus remarquable, la portion relativement épaisse et résistante du sphénoïde, qui complète en arrière la voûte de l'orbite, est rompue en travers à son extrémité interne ; preuve, ainsi que l'état de la dure-mère et du cerveau, de la violence avec laquelle avait été dirigé l'instrument de mort. Je dois noter que le nerf optique et le globe de l'œil étaient intacts, la cornée transparente, les humeurs de l'œil et la rétine bien conservées.

Enfin les explosions de machines à vapeur,

1 Mackenzie, observation 21.

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