‹ Traité des tumeurs de l'orbiteChapitre 3 sur 58 · TUMEURS EXTRA-ORBITAIRES, ETC · texte numérisé non relu

TUMEURS EXTRA-ORBITAIRES, ETC

professeurs Cloquet, Velpeau, Mackenzie, Chélius, etc., ont insisté sur le passage de certaines tumeurs des parties voisines dans la cavité orbitaire : on en trouve des exemples dans la plupart des traités de chirurgie.

Ces tumeurs se dirigent vers l'orbite de bien des points différents ; tantôt, en effet, leur origine est dans le crâne, tantôt dans les fosses nasales : ici , c'est dans le sinus maxillaire qu'elles prennent naissance; là, dans le sinu^ frontal; et il n'est pas jusqu'aux tumeurs de la région temporale et même du pharynx qui ne viennent quelquefois chasser le globe oculaire de son orbite , comme le prouve un fait observé par M. Gosselin.

A. — Tumeurs venant «le la cavité crânienne.

Les tumeurs qui viennent de l'intérieur du crâne sont de plusieurs espèces :

1° Encéphalocèles. — D'abord le cerveau luimême et ses membranes peuvent faire hernie dan.-) l'orbite. Dans la séance de la Société de chirurgie du 0 juin 1858, M. Guersant présenta un enfant de cinq ans affecté d'une tumeur siégeant au grand ançle de l'œil, tumeur du volume d'une petite noix et dans laquelle il était facile de re-

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connaître des battements isochrones aux pulsations artérielles. Cette tumeur, d'après M. Guersant (et ce fut aussi l'avis de la Société), était formée par les membranes du cerveau faisant hernie à travers la suture fronto - ethmoïdale. Quelques membres de la Société pensèrent qu'elle devait contenir de la substance cérébrale.

Dans un cas rapporté par M. Lyon1 il existait une encéphalocèle à l'angle interne de chaque œil; on aurait dit que de chaque côté du nez le sac lacrymal était fortement dilaté.

« Tantôt la hernie sort au niveau de l'os unguis et fait saillie du côté de l'angle interne de l'œil ; à cet ordre appartiennent, outre le cas de M. Guersant, les faits suivants : Breschet " a vu les deux hémisphères confondus ensemble faire saillie à l'angle interne de l'œil droit; Richoux 3 a vu une hernie située au niveau de l'angle externe de l'œil droit; M. Breslau, de Munich4, en a vu une au niveau de l'angle interne de l'œil gauche. D'autres fois, la hernie fait saillie en arrière du globe oculaire, et c'est par la fente sphénoïdale qu'elle

1 Edinburgh Journal ofmcd. se, mai 1842, p. 400. " Archives générales de médecine, l. XXVI, p. 76, observation 24.

8 Presse médicale de Hruxrlles, 1851, n° 23.

* Bulletin de la Société anatamique, l.Sîio, p. 100.

pénétre (Waltcr 1). La pièce démontrant ce lait est déposée dans le Musée de Bonn, n° 1372. a ilïouel, Mémoire sur Vencéphalocèle**)

2° Tumeurs de lu dure-mère. — Arrivons maintenant aux tumeurs foi niées par des produits morbides :

« Il serait facile de citer beaucoup de cas d'affection de la dure-mère ayant amené la destruction de l'orbite par compression et absorption. La plupart de ces cas paraissent avoir succédé à des lésions Iran ma tiques de la tète, tels que coups, cbutes, etc. Dans quelques-uns, la dure -mère était malade sans que le cerveau parût s'éloigner de l'état normal; dans d'autres, cet organe participait à la maladie Quelquefois l'affection delà dure mère était de nature fongueuse; dansd'autres circonstances il s'agissait d'hydatides, de tumeurs enkystées*. »

Pour ce qui est des tumeurs dites fongueuses, Louis 4, M. le professeur Velpeau ', Chélius ,;,

1 Sytteme der. Chirurgir, t. II, p. 86. * Archive* (jmrraies de médecine, octobre et novembre 185'J. z Mackenzie, Traité des maladies des ytux, 4e édition, traduction WarlomoQt-Testelin, t. Ier, p. 103.

1 Mémoire sur les tumeurs fongueuses de la dure-mère; Mémoirr^ chirurgie^ L III ; Paris, 1 774.

D i ' Ml trente volumes, t. X, art. 1)iïu:-3Ièkk.

Irchive* générale* de médecin*, t. XXVIII, j>. i-.

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Mackcnzie ' dans son ouvrage si riche en faits, ont rapporté un certain nombre d'observations de ces tumeurs arrivant dans la cavité orbitaii e à travers sa paroi supérieure , et venant faire saillie au grand angle de l'œil.

Observation *. — Un homme* âgé do cinquante ot un ans tomba do cheval et reçut une violente contusion à la tète. Quatre ans après, la mémoire commença à lui manquer; elle continua à baisser à tel point qu'il oubliait en un moment les paroles qu'il venait de prononcer. Il fut pris < nsuite d'accès épileptiformes intenses et fréquents; une céphalalgie violente et continue se déclara bientôt.

Six mois plus tard le malade mourut. Six semaines avant sa mort, l'œil gauche avait été déplacé de sa position naturelle dans l'orbite.

Autopsie. Une tumeur fongueuse adhérente à la dure-mère avait produit l'absorption de la voûte de l'orbite gauche et s'était ainsi frayé une voie à l'intérieur de cette cavité. Cette tumeur a\ait aussi détruit la lame criblée de l'ethinoïde; la portion correspondante du cerveau était affectée.

Citons encore un cas remarquable , rapporté dans le Journal de Leroux et Boyer8, dans lequel l'ablation de la tumeur fut, trois fois de suite, immédiatement suivie de récidive, et une obser-

• Loc. cit., observations 107, 109 et 111.

2 Extraite de Jauchius par Louis, loc. cit., p. G2.

3 Juillet 1807, t. XIV, p. 36.

VENANT FAIRE SAILLIE DANS l'oRBITE. 17

ration du Giornale délia II. Academica di Torino\ dans laquelle la tumeur avait envahi la totalité de l'orbite et chassé l'œil de sa cavité.

Enfin, en voici un cas intéressant rapporté par M. Sichel :

Observation*. — Un malade, affecté d'une cxophthalmic considérable de l'œil droit, causée par une tumeur squirrheuse de la glande lacrymale, fut opéré par M. Jules Cloquet à la Maison municipale de santé, et mourut subitement dans la nuit qui suivit l'ablation de la tumeur.

« A l'autopsie, on trouve l'hémisphère cérébral droit considérablement hypertrophié ; un liquide sanieux et rougeâtre en baigne toute la surface inférieure, surtout en avant.

« A la partie moyenne de la voûte orbitaire existe une ouverture considérable, irrégulièrement ovalaire, entourée d'une espèce de crête et de pointes osseuses très-saillantes. Les bords de cette ouverture sont en partie usés et comme nécrosés. »

«Au niveau de Pos frontal, la dure-mère est le siège d'un épaississement considérable, d'une véritable dégénérescence en un tissu fongueux, d'un aspect semblable à celui des libres musculaires ; mais c'est surtout au-dessus de la voûte orbitaire que cette dégénérescence est le plus marquée : là prend naissance une tumeur énorme qui, après avoir dé-

i Juillet 1849. Voir les Archives de médecine, janvier 1850, p. 89.

1 Sichel, Iconographie ophthalmologique, observation 253 , p. 71U. Voir l'observation au chapitre : Tumeurs dl la glande

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