‹ Traité des tumeurs de l'orbiteChapitre 4 sur 58 · LACRYMALE · texte numérisé non relu

LACRYMALE

18 TUMEURS EXTRA-ORBITAIRES

truilune partie de cette voûte, a pénétré dans l'orbite el remplit la partie postérieure de cette cavité. En se développant, elle a amené la destruction du plancher orbitaire et

pénétré d'un côté dans le sinus maxillaiie, de l'autre dans les fosses nasales.

« Cette tumeur présente dans sa totalité une structure fibreuse; on y trouve plusieurs petites cavités qu'on dirait formées par des prolongements ou des lames de tissu cellulaire dégénéré. Enfin c'est un de ces cancers qu'on a appeléfongUs de la dure-mère. »

3° Tumeurs diverses. — D'autres produits morbides intracràniens peuvent faire irruption dans l'orbite; tels sont les cancers, les exostoses, les tumeurs fibreuses. Au dire de M. Carron du Villards, il existe plusieurs exemples de ces dernières dans la collection de l'université de Florence et dans celles de Paris. Quant aux cancers, on en trouve d'assez nombreux exemples dans les Annales cl 'oculistique . Nous citerons entre autres deux observations : dans l'une, due à M. Rabn, de Zurich, il s'agit d'un cancer orbitaire ayant repullulé plusieurs fois. A l'autopsie, on trouva les plus grands désordres dans le cerveau, dont le lobe antérieur gauche était recouvert de plis. La partie antérieure était intimement unie aux masses fongueuses qui faisaient saillie hors de l'orbite. La partie orbitaire de l'os frontal était complètement

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détruite du côté gauche et remplacée par une masse Fongueuse partant de la dure-mère.

Dans l'autre cas, il s'agît d'un enfant de quatre ans opéré par M. Heyfelder, rTErlangen. L'affection cancéreuse de l'orbite venait du cerveau, où elle occupait le lobe antérieur de l'hémisphère gauche.

Dans l'observation 1 10 de l'ouvrage de Mackenzie, empruntée à Landmann, c'est une masse cartilagineuse qui est venue du crâne chasser l'œil de sa cavité.

i vuion.. — Un homme, à la suite d'un violent coup reçu sur la tête, lequel lui permit cependant de continuer pendant cinq semaines ï<on travail ordinaire, éprouva de» douleurs cépbaliques avec fièvre suivie bientôt d'accès fréquents d'épilepsie ; quinze mois après l'accident, l'épilepsie i douleurs de tète s'accrurent, une fièvre violente et le délire survinrent.

La douleur descendit graduellement à l'œil droit, qui s'enflamma, se gonfla et lut coassé de l'orbite,

Après dix-huil viron, les accès d'épilepsie revin-

rent plus fréquents et [dus violents qu'auparavant. Le malade mourut enfin dan- de violentes convulsions.

A. l'autopsie, outre divei ions, on trouva

- branches environnés par une [ui pénétrai! dans l'orbite par la

fente spbéno-orbil 'irait le nerf optique el remplis-

1 Landmann, Comtn rhum cerebri oculique

singularem, Lipais, \

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sait si exactement l'espace siiué entre les muscles droits supérieur externe et inférieur, qu'elle enveloppait leur origine et leurs vais-eaux, la partie postérieure du nerf naso-ciliaire, la branche inférieure du moteur oculaire commun et le ganglion ophthalmique. On pouvait suivre cette même substance cartilagineuse, à travers la fente spbénomaxillaire, jusque dans la fosse zygomatique.

4° Kystes, abcès. — Les tumeurs dont nous venons de parler sont des tumeurs solides. Il en est d'autres qui, quoique liquides, peuvent venir de la cavité crânienne faire saillie dans l'orbite. Tels sont les abcès du cerveau.

Tels sont encore les kystes.

J'ai pu recueillir deux faits de ce genre; l'un est emprunté à Jean-Louis Petit , l'autre à un journal allemand.

Observation*. — 11 y a vingt-sept ou vingt-huit ans, dit Jean-Louis Petit, If. Maréchal, chirurgien du roi, me fit voir un jeune homme de vingt ans qui avait l'œil gauche proéminent et jeté en dehors de plus d'un travers de doigt, en conséquence d'une tumeur qui paraissait au grand angle de l'oeil, accompagnée de douleur de tète, d'étourdissemeot, de larmoiement et de sécheresse de la narine du même côté. Ce célèbre chirurgien attaqua la tumeur avec un grain de cautère ; l'escarre fut incisée jusqu'au fond ; i! sortit deux ou trois cuillerées de lymphe un peu rou>Mitre, l'œil se remit presque dans >on lieu naturel.

Les chairs brûlées par la pierre à cautère étant tombées,

1 Jean-Louis Petit, Œuvres complètes, p. 231.

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on crut voir cicatriser la plaie ; mais huit ou dix jours après la chute des escarres, il parut, dans le milieu de l'ouverture, une éminence qui semblait être une vessie par sa mol- . sa surface unie et sa facilité à rentrer ; elle fut ouverte avec une lancette : l'humeur qui en sortit était semblable à la première, mais un peu plus abondante. Deux jours après, il en parut une troisième qui lut ouverte de même ; il en sortit peu de chose. L'œil s'éloigna du nez et devint saillant en d hors comme il l'avait été dans les commencements ; la tète devint pesante, la lièvre s'alluma, et, en peu de temps, le malade mourut dans l'assoupissement léthargique.

A l'ouverture du crâne, «quand j'approchai de la portion du coronal qui forme la voûte de l'orbite (continue Jean- Louis Petit) , je la trouvai cartilagineuse, puis, ayant enlevé la dure-mère avec le scalpel, je trouvai trois hydatides ; elles avaient chacune la grosseur d'une noix; l'une élait dans l'orbite, l'autre moitié dans l'orbite et moitié dans le crâne, la troisième dan- la partie de la cavité du crâne formée par l'os des tempes, la base de l'os sphénoïde et la moitié de l'apophyse pierreuse. »

Dans ce fait, les kystes existaient sous la duremère; dans le fait suivant, le kyste parait avoir pris sa source dans la substance cérébrale.

Sur un enfant dont l'observation est rapportée dans ie Journal de Scbmidt *, on trouva, à l'ouverture du crâne, sur le coté droit, entre la duremère et la paroi crânienne, un kyste qui s'était en grande partie développé dans la substance oé-

1 SchmidU Johrbycher, 1854.

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