‹ Traité des tumeurs de l'orbiteChapitre 30 sur 58 · CONSÉCUTIFS · texte numérisé non relu

CONSÉCUTIFS

hliee à l'étranger comme un cas d'anévrysme vrai situé à l'intérieur du crâne.

Observation1. — En 1836, le malade éprouvait à des intervalles irréguliers des attaques de douleur au-dessus de l'œil droit ; l'intensité et la fréquence de ces attaques avaient été graduellement en augmentant. Avant la fin de la seconde année, l'œil faisait une saillie considérable hors de l'orbite. En 1859, la tempe droite était, de même que l'œil, le siège d'une saillie morbide, et vers cette époque la douleur devint si violente qu'elle alla jusqu'au délire : celui-ci se prolongea une fois pendant quinze jours. Des douleurs se firent aussi parfois sentira la tempe et au côté gauche de la face. Pendant l'hiver de 4838-1859, les souffrances du malade furent presque incessantes; mais finalement un écoulement spontané abondant d'un fluide jaune, qui se fit par les narines, amena un soulagement marqué. Les douleurs augmentaient ensuite chaque fois que cet écoulement nasal s'arrêlait. L'œil droit ne lui permit bientôt plus de distinguer les objets éloignés, et, quant à l'oreille du même côté, elle avait perdu toute perception des sons.

Le déplacement de l'œil attirait tout d'abord l'attention ; il était d'un demi-pouce environ plus saillant que l'autre. La portion inférieure et externe du frontal comprenant la portion orbitaire et la moitié externe de l'arcade sourcilière, les portions correspondantes du pariétal, du temporal et du sphénoïde, séparées du corps de ces os, étaient comprises dans un soulèvement commun, occupant la tempe et ce côté de la tête. Toute cette masse laissait percevoir au toucher le frémissement caractéristique des anévrysmes, tandis que l'œil, vu de côté, était agité d'un mouvement alternatif

1 American Journ. of med. se, janvier 1845, p. 175; — Mackenzie, observation 297.

306 ANÉVRYSMES DIFFUS

d'avance et de recul correspondant aux battements du cœur. Les souffrances du malade furent beaucoup allégées par le traitement préparatoire à l'opération : il consista dans l'usage d'une nourriture simple, de facile digestion, prise en quantité modérée, et dans l'emploi des évacuants jugés nécessaires pour maintenir les organes digestifs en bon état. Au mois de janvier, le professeur Dudley de Lexington lia la carotide primitive. L'effet de la ligature se fit immédiatement sentir sur l'œil et dans tout le côté droit de la tète et de la face. L'œil n'éprouva plus aucune pulsation, la circulation dans les téguments devint languissante, et la tension de toutes les parties comprises dans la tuméfaction diminua beaucoup; en même temps le malade déclarait qu'il était débarrassé du bruit et des mouvements qu'il ressentait dans la tète. L'affaissement rapide de toutes les parties tuméfiées, qui eut lieu une semaine après l'opération, rendit manifestes les changements survenus... Six mois après l'opération, le malade jouissait d'une bonne santé, et exerçait le métier de forgeron.

En France nous trouvons les faits de MM. Roux en 1829, Jobert en 1839, Herpin en 1844.

Dans le fait' de Houx ' , il s'agit d'un jeune homme de vingt-six ans chez lequel il se développa graduellement une tumeur pulsative qui vint se manifester à l'angle du sourcil droit. Un oculiste à qui il s'adressa fit avec le trocart une ponction au centre de la tumeur; un sang trèsnoir s'échappa de la plaie qu'on tint ouverte par

Journal hebdomadaire, 1851.

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