DÉGÉNÉRESCENCE FIBRO-PLASTIQUE
lacrymale se rapportent à cette altération, qu'il désigne sous le nom de chlorome, à cause de la couleur verdâtre que présentent ordinairement les tumeurs de ce genre. Le plus souvent cette dégénérescence de la glande coïncide avec des tumeurs de même nature dans d'autres points du crâne ou de la face.
Dans un fait cité par Mackenzie1, la dure-mère était le siège d'un assez grand nombre de ces tumeurs, chez un enfant de huit ans. « Chaque orbite est occupé par une tumeur ovale, iobulée, ayant prés de deux pouces et demi de longueur et un pouce trois quarts d'épaisseur. Ces tumeurs, qu'on considère comme les glandes lacrymales très-augmentées de volume, adhèrent fortement au périoste ; elles sont polies à l'extérieur, quoique lobulées ; elles offrent une légère teinte verte semblable à celle du petit-lait et tout à fait pareille à celle des tumeurs de la dure-mère, auxquelles elles ressemblent aussi sous le rapport de la consistance qui est uniformément ferme, parfaitement homogène, et n'offrant pas la moindre trace des bandes blanches propres au squirrhe. Non-seulement elles remplissaient l'orbite, mais elles formaient de plus, au delà du frontal, une
1 Observation il7.
saillie de trois quarts de pouce, qui refoulait en bas les globes oculaires vides et desséchés. Il existait aussi sur la portion plane de l'ethmoïde, dans l'orbite droit, une petite tumeur offrant la même teinte verdàtre et plongeant dans la narine à travers l'os carié. »
Mackenzie cite plusieurs faits analogues recueillis par MM. Allan Burns1, Balfour2, Halpin 3, Pemberton 4, etc.
Un fait rapporté par Todd b paraît avoir trait également à ce genre de tumeurs. Dans l'un, chez une femme de soixante-dix ans, « la glande extraite fut trouvée plus grosse qu'une noix; elle présentait à la face tournée vers l'œil trois éminences séparées par des interstices profonds ; elle était presque aussi dure qu'un cartilage et plus élastique. La section de cette glande mit à découvert plusieurs petits kystes contenant un fluide glaireux; les-interstices étaient remplis par
1 Surgical Anatomy ofthe head and neck, p. 385. — Glasgow,
' Edinburgh médical and surgical Journal, t. XLHI (1835), p. 319.
3 Dublin quarterly Journal of médical Science, t. Ier (1846), p. 88.
* lbid., t. IV (1847), p. 246.
5 Celte observation et la suivante se trouvent in extenso dans Mackenzie, observations 120 et 121.
une substance graisseuse, traversée par quelques bandes membraneuses. »
Dans un cas opéré par M, O'Beirne, « la surface de la glande extirpée était granuleuse et rougeâtre; son volume était au moins sextuplé. En la coupant en travers, on apercevait au centre une substance dure, membraneuse, ou plutôt cartilagineuse, qui envoyait des cloisons vers la circonférence ; il ne s'en écoulait aucune sanie. »
F. — Corps étrangers.
Corps étrangers vivants. — On a trouvé accidentellement dans la glande lacrymale des filaires différant des espèces connues1.
Corps étrangers proprement dits. — Bonet2 mentionne d'après Blasius 3 un fait de calcul dans cet organe.
Enfin , nous mentionnerons le fait cité par Larrey4, d'une balle qui traversa la glande lacrymale, qu'elle détruisit, et vint se loger sur la surface orbitaire de Vos malaire.
1 Annales d'oculistique. 1853, p. 58.
2 Bonet, Sepulcretum, t. Ier, p. 430, observation 33.
3 Blasius, Obs. méd. 16, partie VI : Adfui examini defuncti rustici; prœler alia leviora, consideratione dignus erai calculas in glandula lacrymali occurrens ; inœqualis valde erat, totam glandulam receptioni humiditatis ad nares deferendœ ineptam reddens.
4 Larrey, Clinique chirurgicale, t. Ier, p. 396.
LIYRE IV.