‹ Traité des tumeurs de l'orbiteChapitre 53 sur 58 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

ÉTIOLOGIE.

L'étiologie des tumeurs orbitaires est assez obscure.

D'abord, pour ce qui est des causes générales, on a admis l'influence de certaines diathèses, telles que la syphilis, le cancer, le scorbut, l'herpétisme.

Celle de la syphilis a été parfaitement constatée ; nous avons rapporté dans le cours de cet ouvrage plusieurs exemples irrécusables d'orbitocèles de cause syphilitique, entre autres les observations intéressantes de M. Ricord et de M. Cullerier.

Il y a longtemps d'ailleurs que l'exophthalmos

dû à la syphilis a été signalé. Ainsi on lit dans Tulpius1 : « Quod si vero procidentia hœc [oculi] « originem traxerit ex lue venerea (uti interdum « sit) ex re aegrorum fuerit aqua mercuriali « aliove aliquo mercurii litu partent attingere, « cujus déforme vitiura felicissime hoc remedio (( superatum iri videbis. »

Il en est de même de l'influence du cancer, quoique dans certains cas les tissus intra-orbitaires aient été envahis primitivement; mais, le plus souvent, le mal débute par le globe oculaire, surtout dans le cas de mélanose. L'effet de la diathèse dartreuse est au moins contestable; quant aux tumeurs scorbutiques, le professeur Juengken (de Berlin) dit avoir observé plusieurs fois, pendant son séjour en Russie, des orbitocèles dépendant du scorbut; mais cette maladie, d'ailleurs fort rare en France, n'a point été rencontrée par nos ophthalmologistes comme cause de tumeurs orbitaires2.

Les causes qui produisent l'anasarque peuvent causer l'œdème du tissu cellulaire orbital; ainsi on l'a vu survenir à la suite de fièvres exanthémateuses. — La cachexie exophthalmique se lie

1 Tulpius, ch. xxvin, De oculi procidentia, p. 62 de l'édition de 1552.

8 Gazette des hôpitaux, 1853, p. 148, liv. Ier.

le plus souvent à des affections du cœur et du corps thyroïde.

Pour ce qui est des causes efficientes, l'influence des violences extérieures sur la production de certaines orbitocèles est assez bien démontrée; elle est incontestable pour les anévrysmes diffus ; elle semble aussi très-probable pour la production des kystes et de quelques autres tumeurs, telles que l'exostose. Enfin elle est indispensable pour la pénétration de corps étrangers dans l'orbite.

Nous mentionnerons particulièrement la fréquence des coups de parapluie comme cause productrice d'orbitocèles traumatiques. On a pu lire dans le cours de cet ouvrage plusieurs observations de ce genre.

Le sexe et le tempérament ne donnent lieu à aucune considération précise ; quant à l'âge, c'est généralement chez des sujets adultes ou même chez des vieillards que se développe l'anévrysme intra-orbitaire, ce qui du reste a lieu pour l'anévrysme en général ; le cancer, au contraire, qui n'affecte ordinairement que les adultes, a été fréquemment observé dans l'orbite chez des individus peu âgés, et même cette anomalie, jointe à l'absence de douleurs initiales, peut donner à réfléchir sur la validité du diagnostic exprimé. Est-

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ce bien à de véritables cancers que l'on a eu affaire dans tous les cas décrits sous ce nom chez de jeunes sujets? Il n'en est pas de même pour les kystes séreux ; la plms grande fréquence de ces tumeurs dans la jeunesse s'explique assez bien par la laxité du tissu cellulaire à cette époque de la vie.

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