TUMEURS EXTRA.-0RB1TAIRES
cette maladie à un tel degré que la face était déformée d'une manière frappante et l'œil en partie déplacé. i>
Dans quelques cas on a vu un abcès de cette cavité s'ouvrir dans l'orbite.
F. — Tumeurs venant des sinus frontaux.
Voir plus bas, chap. m.
Ci. — Tumeurs venant de régions éloignées.
Des tumeurs viennent de points plus éloignés. Je trouve dans Louis1 et Mackenzie une observation de tumeur ayant détruit la paroi postérieure de l'orbite et ebassé l'œil de sa cavité. Ces tumeurs naissaient de la fosse temporale. M. Velpeau 2 dit avoir vu faire saillie dans l'orbite une tumeur de la fosse ptérygo-maxillaire.
« On prit pour un polype du sinus maxillaire, dit M. Gerdy 5, une tumeur enkystée des fosses temporale et zygomatique qui chassait l'œil de
1 Mémoires de l'Académie de chirurgie, Des maladies du globe de l'œil, elc.
■ Dictionnaire en trente volumes. 3 Traité des polypes, p. 129.
sa cavité; oc n'est qu'après avoir perfore le sinus qu'on s'aperçut de la méprise. *
Dans le Musée d'Amsterdam on voit encore un orbite divisé en deux compartiments par une tumeur os téo-fibreuse qui, après avoir pris naissance à la partie externe et auriculaire de l'os de l'oreille, a soulevé l'articulation de l'os maxillaire avec l'apophyse orbilaire externe du coronal, ainsi que l'os de la pommette, et est venue dans l'orbite quelle a divisé en deux. (Annales doculis tique, 1S5S, t. XL, p. 114.)
Il n'est pas jusqu'aux polypesdu pharynx qui ne puissent amener de pareils désordres. M. Velpeau1 rapporte un cas de tumeur fibreuse du pharynx (jiii avait envahi la totalité de l'orbite.
En résumé, les tumeurs que l'on voit s'étendre des cavités voisines à l'orbite sont presque toujours des cancers ou des kystes, quelquefois des abcès ou des exostoscs, jamais des anévrysmes ou des tumeurs érectiles.
Lorsque les tumeurs envahissantes de l'orbite naissent de cavités superficielles et accessibles, comme les fosses nasales et les sinus frontaux ou
1 Dictionnairo m trente volumes, t. XXII, p. 51 7.
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maxillaires, on reconnaît en général assez bien leur siège primitif et leur marche, parce que, avant même de s'être fait jour du côté de L'orbite, ou en même temps qu'elles y apparaissent, elles trahissent leur origine par des symptômes particuliers faciles à constater, tels que la saillie de la bosse frontale, la dépression de l'arcade dentaire ou de la voûte palatine, la projection en avant de la paroi du sinus maxillaire, la gêne de la respiration, le nasonnement de la voix, l'écoulement par le nez de mucosités sanguinolentes ou purulentes, etc.
Il n'en est plus de même, lorsqu'elles proviennent de lieux profonds d'un accès impossible, comme la cavité crânienne, ou très-difficile, comme les fosses temporales zygomatique, zvgomato-maxillaire. Divers troubles fonctionnels, tels que des étourdissements, des céphalalgies opiniâtres et dont le malade rapporte le siège à l'intérieur du crâne, l'affaiblissement ou la perte de la mémoire ou des autres facultés intellectuelles, des accès dépilepsie, etc., peuvent sans doute quelquefois mettre le chirurgien sur la voie d'une tumeur inlracrànienne. Mais l'observation montre que ces phénomènes manquent dans des cas non-seulement de fongus de la dure-mère et de tumeurs intracràniennes, mais même de tumeurs
VENANT FAIRE SAILLIE DANS l'oRBITE. 31
simples ou multiples, nées au centre de la masse encéphalique, et dont quelqu'une s'est étendue jusqu'à l'orbite. Ils n'existent jamais d'ailleurs pour les tumeurs d'origine temporale ou zygoma tique.