‹ Traité des tumeurs [electronic resource] (volume 2)Chapitre 10 sur 92 · KYSTES DU LIGAMENT ROND · texte numérisé non relu

KYSTES DU LIGAMENT ROND

vestige de ce canal dans le cas où son orifice péritonéal était refermé.—Ainsi, quelque séduisante, et j'ajoute même, quelque vraisemblable que soit la doctrine émise par les éminents chirurgiens italiens que je viens de nommer, elle est encore hypothétique, et elle le sera jusqu'à ce qu'on ait eu l'occasion d'observer à l'état de vacuité la cavité séreuse close préexistante qui est le siège présumé de l'hydrocèle de la femme.

Ce qui rend cette détermination fort douteuse, c'est la difficulté, je dirai même l'impossibilité d'établir, dans certains cas, une distinction entre les kystes qui se formeraient dans le canal de Nuck, et ceux qui se forment quelquefois (la chose est cliniquement démontrée) dans les anciens sacs des hernies inguinales. On s'accorde généralement à admettre que les hernies congénitales des petites fines ont leur siège dans le canal de Nuck; un kyste qui se développerait dans le sac d'une de ces hernies, après l'oblitération du collet, pourrait et devrait être légitimement considéré comme une hydrocèle. Mais les hernies inguinales qui se forment après les trois ou quatre premières années de la vie sont presque toujours entourées d un sac accidentel, émané du péritoine de la région inguino-ihaque, etnon du canal de Nuck, depuis longtemps oblitéré et lorsque ces hernies viennent à guérir, ce qui peut être dû soit à i oblitération, soit au simple rétrécissement de leur collet rien pas même la dissection la plus attentive, ne permet de reconnaîtr^

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s'es mon tr P ^^"^^^^^^^t^^^' ^'est-à-dire sur l'âge où la hernie s est montrée pour la première fois. Cette incertitude est bien plus grande encore lorsque, au lieu d'une simple cavité séreu e c^ s un kyste que 'on étudie, et peut-être vaudrait-il mieux ri'ex;mp e de M. Cruveilhier, désigner sous le nom de kystes séreux du lialel f rond, qui a l'avantage de ne pas trancher une'^ques iorenco e i^dT î^mmetl '''''' ''"^^"'^^^ ^^'^^^ inguTairdfi;

Quant aux kystes des sacs herniaires, dont nous vpn„>,o ^ jquelques mots par anticipation, ils som conn,?, ., J . longtemps. Ils se forment dans les sacs dont le co , estohr ne paraissent quelquefois qu'un grand nombre d l„l ^'''"^ ?' ...érison des hernies. On le's a o,U chr^romT^: ^

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que chez la femme. Dans les deux sexes, ils succèdent presque exclusivement à la hernie inguinale. Ceux qu'on observe dans la région crurale sont presque toujours des hygromas, et ont leur siège dans une bourse muqueuse formée sous la pression d'un bandage; en d'autres termes ce sont des kystes pré- herniaires, et non des kystes herniaires.

Troisième type. Cavité préexistante provenant d'un organe embryonnaire, incomplètement atrophié. — Les kystes de cette catégorie participent à la fois, par certains caractères, de ceux que nous venons d'étudier, et, par d'autres caractères, de ceux qui figureront dans notre quatrième groupe. Considérées au point de vue de leur nature, les cavités préexistantes dont nous parlons ici sont des cavités glandulaires. Elles proviennent d'organes transitoires, qui, à une certaine époque de la vie embryonnaire, ont la structure et les fonctions des glandes, mais qui, s'atrophiant bien longtemps avant la naissance, perdent leurs fonctions, cessent de sécréter un liquide, et ne persistent plus qu'à l'état de vestiges. Ces vestiges consistent en quelques tubes simples ou ramifiés, et terminés en cul-de-sac. Quoique souvent oblitérés sur plusieurs points de leur trajet, ils sont encore perméables sur d'autres points, mais ils sont vides à l'état normal et constituent des cavités closes, le conduit excréteur oii ils se rendaient dans l'origine ayant cessé de communiquer avec l'extérieur, ou ayant même quelquefois entièrement disparu par atrophie. Par leur état de vacuité, ces cavités closes se rapprochent des cavités de notre second type; mais elles en diffèrent en cela qu'elles sont d'origine glandulaire, qu'elles ont autrefois été le siège d'une sécrétion normale, et que leur transformation en kyste est le résultat, non d'une sécrétion vraiment pathologique, mais du réveil intempestif de la propriété de sécrétion qu'elles ont possédée à une autre époque de la vie.

Ce groupe de kystes, qu'on pourrait peut-être appeler embryogéniques, ne comprend jusqu'ici qu'une seule variété, désignée par M. Verneuil sous le nom de kystes de l'organe de Wolff {i). On les observe dans les deux sexes : chez l'homme, au voisinage de l'appareil testiculaire ; chez la femme, au voisinage de la trompe et de l'ovaire. Ils ont été découverts par M. Follin, ou plutôt on les connaissait avant lui, mais c'est lui qui en a le premier découvert l'ori-

(1) Verneuil, Recherches sur les kystes de Porgane de Wolff dans les deux sexes, dans Mémoires de la Société de chirurgie, t. IV. p. 58-84. Le volume porte le millésime de 1857 ; mais le travail de M. Verneuil a été lu à la Société dans la séance du 3 nov. 1852 (voy. Bull, de la Soc. de chir.,t. III, p. 218).

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gine. Dans sa remarquable thèse inaugurale, dont je ne saurais trop recommander la lecture (1), mon savant collègue et ami a démontré : 4° que les débris du corps de Wolff persistent dans les deuxsexes pendant toute la vie, sous forme de canalicules tapissés d'épithélium; 2° que l'appareil décrit par Rosenmiiller, entre la trompe et l'ovaire, est le vestige du corps de Wolff delà femme (2); 3° que chez l'homme les débris du corps de Wollf sont constitués parle vas aberrans de Ealler, par quelques canalicules situés près de la tête de l'épididyme, et par le petit appendice testiculaire connu sous le nom d'kydatidede Morgagni. Je passe sous silence un grand nombre d'autres faits nouveaux et importants qui ne se rattachent pas directement à la question des kystes.

Depuis longtemps les anatomo-pathologistes avaient décrit, sous des noms divers, les kystes, en général assez petits et presque toujours multiples, qui se développent très-fréquemment dans le voisinage de J'ovaire, et qui n'ont aucune connexion avec cette glande • ils avaient eu soin de les distinguer des kystes ovariques proprementdits, mais n'avaient pu en indiquer l'origine. Après avoir étudié avec le plus grand soin, non-seulement les canalicules décrits par Rosenmûller, mais encore d'autres canalicules de même nature perdus dans l'aileron moyen du ligament large, ou appendus à 1 extrémité de la trompe, M. Follin a pu s'assurer que les kvstes péri-ovariens sont dus à l'accumulation d'un liquide de sécrétion dans les cavités du corps de Wolff, et l'étude microscopique de 1 épithélmm qm tapisse la surface interne de ces kystes a rendu cette opinion tout à fait incontestable. Mais l'examen microscopique n est même pas nécessaire; il suffit d'étudier certaines pièces à 1 œil nu pour obtenir une démonstration complète (3). Ces kystes sont tres-communs ; ils se rencontrent surtout chez les femmes oui ont atteint ou dépassé l'âge mûr et, chose très-remarquable 'il sont presque toujours très-petits : ils excèdent rarement le volume d un pois, souvent même ils sont moins gros que des mins^P chenevis. Il est clair, par conséquent, qu'l l'inverse df Ta "lu!

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t. p;";^-— -t-n à la Société anatomique, Bull. ,e la Soc. anat, 1851,-

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part des autres kystes, ils tendent à rester stationnaires. On conçoit d'ailleurs qu'ils aient moins de tendance à s'accroître que les kystes des glandes en activité, puisque celles-ci sont naturellement le siège d'une sécrétion, tandis que les kystes de l'organe de Ilosenmuller sont le résultat d'une sécrétion en quelque sorte posthume. Mais cette immunité n'est cependant pas absolue ; quoique généralement très-petits et stationnaires, les kystes développés dans les débris du corps de Woltf de la femme peuvent par exception prendre un plus grand accroissement ; ils peuvent acquérir le volume d'une noisette, celui d'un œuf de poule, et au delà, se mettre en contact avec l'ovaire, contracter avec cette glande des adhérences plus ou moins intimes, et constituer ce qu'on a appelé les kystes jtara-ovariens.

Chez l'homme, les débris du corps de Wolff sont plus difficiles à découvrir que chez la femme. On est obligé, pour les démontrer, de recourir à des préparations spéciales et à l'usage du microscope. En outre, le voisinage immédiat des conduits excréteurs du sperme est propre à donner le change sur l'origine des kystes qu'on observe si fréquemment au niveau de l'épididyme. M. Gosselin, dans ses importantes recherches sur les kystes de l'appareil testiculaire (1) a divisé les kystes de l'épididyme en deux classes, les grands et les petits, distinction importante au point de vue chirurgical, mais qui n'est peut-être pas suffisamment justifiée par l'anatomie pathologique. Pour échapper à l'objection de M. Curling, que les petits kystes ne sont que le premier degré du développementdesgrands (2), il faudrait que M. Gosselin démontrât de deux choses l'une : ou bien qu'il y a deux espèces de petits kystes, les uns destinés à rester petits, les autres destinés à devenir grands, et différant déjà dès leur origine par des caractères anatomiques appréciables, — ou bien, à défaut de cette preuve directe, rendue difficile par la rareté relative de la seconde espèce, que les parois des grands kystes et celles des petits kystes, diffèrent essentiellement par leur constitution fondamentale. C'est ce qu'il n'a point fait, que je sache. Pour ma part, j'ai étudié comparativement un grand nombre de petits kystes : je les ai toujours trouvés semblables entre eux. J'ai comparé les petits kystes avec les grands : les uns et les autres sont tapissés d'épithélium ; ils ont des parois d'inégale épaisseur,

(1) Gosselin, Recherches sur les kystes de l'épididyme, du testicule et de l'appendice testiculaire, dans Archives générales, 1848, 4« série, t. XVI, p. 24 et p. 163.

(2) Curling, Mulad. des testicules, trad. franç., Paris, 1857, in-S°, p. 173, on note.

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mais composées des mêmes éléments anatomiques, et il n'y a pas plus de dillérence entre eux qu'entre les grands et les petits kystes glandulaires de la mamelle, qu'entre les grands et les petits kystes de l'ovaire. Les grands kystes, il est vrai, renferment quelquefois des animalcules spermatiques qu'on ne trouve jamais dans les petits • mais cela prouve simplement que la présence des zoospermes n'est pas primitive, qu'elle est la conséquence d'un accident survenu dans des kystes déjà grands. - M. Gosselin ajoute que les grands kystes naissent spécialement sous la tête de l'épididyme, et que les petits kystes sont ordinairement situés ailleurs. C'est ce qui est loin d'être démontré. Lorsqu'un kyste a acquis un certain volume Il est en rapport avec la queue aussi bien qu'avec la tête de l'épididyme, Il adhère à cet organe dans toute son étendue, il adhère au testicule à la tunique vaginale, el un kyste né sur n'importe quel point de la surface de l'épididyme finirait, en s'accroissant, par présenter ces conuerions aussi bien qu'un kyste né dans le point spécial indiqué par M. Gosselin. La question restera douteuse, par conséquent, jusqu'à ce qu'onait eu l'occasion d'observer toutes les phases e l'évolution desgrands kystes, mais je ne ca he pas qn lesuis disposé à admettre avec M. Curling, que les petits kystes sont de même nature et de même origine que les grands On trouve ces petitskystes chez untrès-grand nombre'de sujets

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DES KYSTES PROGÈNES.

la môme origine, et croyant trouver dans les voies spermaliques le point de départ des premiers, M . Gosselin a supposé que les petits kystes se formaient de toutes pièces sous la tunique vaginale, qu'en d'autres termes ils étaient néogènes.

Lorsque j'étudierai les kystes des conduits excréteurs des glandes, j'aurai l'occasion de chercher jusqu'à quel point l'oblitération del'épididyme ou des conduits efférents peut donner lieu à la formation d'un kyste. Je me bornerai donc ici à examiner l'opinion de M. Gosselin sur l'origine des petits kystes. Ces kystes sont tapissés d'épithélium, ils présentent la même structure que les kystes du corps de Wolffchez la femme, et l'étude des débris du corps de Wolff chez l'homme a permis à M. FoUin de constater qu'ils ont pour point de départ soit le vas aberrans de Haller, soit les autres canalicules plus petits qui, comme le vas abe?Tans, survivent au corps de Wolff (1). Cette opinion a été plus amplement développée par M. Verneuil dans son mémoire déjà cité sur les kystes de Vorgane de Wolff (2). Les études plus récentes de M. Giraldès ont fait faire un nouveau pas à la question. Cet habile anatomiste a reconnu que les débris du corps de Wolff, chez l'homme, ne sont pas exclusivement limités au voisinage immédiat de l'épididyme. En faisant macérer des pièces dans l'acide tartrique, qui a la propriété de rendre opaques les tubes glandulaires sans altérer la transparence des tissus environnants, il a pu voir tantôt à deux ou trois millimètres, tantôt à un, deux et même trois centimètres au-dessus de l'épididyme, des tubes flexueux, pelotonnés, clos de toutes parts, tantôt cylindriques, tantôt variqueux ouvésiculeux, quelquefois surmontés de petites digitations, et ne pouvant, d'après leur texture microscopique, d'aprèsleur structure glandulaire, être considérés que comme les débris du corps de Wollî (3). C'est cette partie supérieure ou funiculaire de l'organe de Woltf que M. Giraldès a désignée sous le nom de corps imominé, et je saisis d'autant moins le but de cette dénomination nouvelle que M. Giraldès a parfaitement démontré l'identité de ce corps prétendu innominé avec l'organe depuis longtemps connu sous le nom de Wolff. La partie supérieure décrite par M. Giraldès n'avait pas plus besoin d'être baptisée que la

(1) Follin, Thèse inaugurale, p. 37-47; voyez surtout p. 45.

^2) Mémoires de ta Société de chirurgie, t. IV, p. 73 et suiv.

(3) Giraldès, Recherches anatomiques sur le corps innominé, dans Journal de physiologie, à& Brovvn-Séquard, t. IV, p. 1-7, Paris, 1861, grand in-S», avec 5 planches. M. Giraldès avait déjà communiqué une courte note sur ce sujet à la Société de chirurgie, dans la séance du 7 avril 1858 [Bull, de la Soc. de chir.,X. VIII, p. 407).

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