KYSTES DE LORGANE DE WOLFF
partie inférieure décrite par M. Follin. Mais je n'y insisterai pas plus longtemps. De même que M. Pollin a complété la description de Rosenmûller en démontrant l'existence de conduits tubuleux disséminés dans le ligament large, et sans connexion avec le conduit principal de l'organe de Rosenmûller, de même M. Giraldès a complété les recherches de M. Follin sur le corps deWolffde l'homme, en découvrant au-dessus de l'épididyme des tubes wolffîens dispersés dans le tissu conjonctif de la partie inférieure du cordon. Cela lui a permis d'avancer et de prouver que certains kystes du cordon, désignés jusqu'alors sous le nom d'hydrocèles enkystées, et considérés comme d'origine péritonéale, sont réellement d'origine glandulaire; mais, ainsi que je l'ai dit plus haul(l), il est allé trop loin en attribuant tous les kystes et hydrocèles enkystées du cordon à la dilatation des tubes supérieurs du corps de WollT.
Les causes qui, soit chez l'homme, soit chez la femme, réveillent la fonction sécrétoire dans les tubes atrophiés et vides qui ont survécu au reste du corps de Wollf, sont le plus souvent inconnues. M. Follin a reconnu toutefois que, chez les femmes mortes en couches, l'organe de Rosenmiiller est rouge et tuméfié qu'il participe par conséquent au travail de développement que' subit utérus pendant la grossesse (2). On conçoit que ce travail d'hvpertrophie pmsse avoir pour conséquence de susciter une sécrétion dans quelques-uns des tubes glandulaires du corps de Wolif D'un autre côté, M. Verneuil et M. Huguier ont trouvé, dans les ligaments larges de plusieurs femmes atteintes de kystes multiples de rZ!T^t^ de phlegmasie ancienne ou
récente (3). On conçoit encore que l'inflammation puisse, comme hypertrophie, ranimer une fonction de sécrétion éteinte depuis longtemps. Mais, il faut bien le dire, l'intervention de la grossesse et celle de I inflammation sont loin de rendre compte de tous les faits connus. J'ai trouvé des kystes de l'organe de Rosenmûller chez de petites filles, en l'absence de toute lésion inflammatoTre e Il est digne de remarque que ces kystes sont plus fréquents chez les vieilles femmes que chez les femmes en âge d'avoir des elnts JerepetedoncquelacausedeskystesdeWolfFchez lafemme est très" soiivent inconnue, et j'ajoute que chez l'homme elle l'est tou^^^^^^^^ QUATRIEME TYPE. Cavité préexistante aecidentellement close et naturellement douée de la propriété de sécrétion. - Les kystes d; cette
(1) Voy. plus haut, p. 42.
(2) Follin, Th. citée, p. 3'».
(3) Verneuil, Mém. cité, p. 75.
^- DKS KYSTES PROGÈNES.
calégoric sont ceux qui se développent dans les glandes excrétoires et dans les follicules synovipares. On peut y joindre certaines accumulations de mucus dans des cavités tapissées d'une membrane muqueuse, et transformées en une cavité close oii s'accumule le liquide sécrété par cette membrane. Celte dernière variété est représentée parles kystes de la trompe de Fallopc, ou kystes tubaircs ; et aussi, d'après l'opinion générale, par l'hydropisie enkystée des sinus maxillaires, allcction dont la nature a été récemment contestée.
Les kystes de notre quatrième type peuvent être désignés sous le nom de kystes par rétention. Ils sont très-nombreux, très-divers par leur siège; beaucoup d'entre eux ont donné lieu à des interprétations contradictoires, et il sera nécessaire de les soumettre à une étude minutieuse, oh la critique tiendra une large place. — Il m'a donc paru opportun de leur consacrer un chapitre spécial, qui suivra immédiatement celui-ci.
Cinquième type. Cavité préexistante accidentellement close, et naturellement privée de la pr opiné té de sécrétion. — Ce type comprend les kystes développés dans la cavité des vaisseaux sanguins ou lymphatiques, entre deux oblitérations superposées.
Le liquide qui distend les kystes n'est ni du sang ni de la lymphe ; il est le résultat d'une sécrétion pathologique fournie par la membrane interne du vaisseau oblitéré ; cela est évident pour les vaisseaux sanguins, et quant à la lymphe primitivement emprisonnée dans les kystes lymphatiques, il est clair qu'elle doit être rapidement résorbée, et remplacée par de la sérosité.
On n'a pas oublié que Whartonconsidéraitles kystes du mésentère comme des dilatations des vaisseaux lymphatiques, que Vallisneri et Bidloo attribuaient la même origine aux kystes multiples du placenta, et qu'Astruc, généralisant cette théorie, l'appliquait à la formation de tous les kystes (1). Tout cela était purement hypothétique, et il est naturel qu'en réagissant contre de pareilles doctrines, on ait été conduit à mettre en doute l'existence même des kystes lymphatiques. Ces kystes existent cependant, non-seulement dans les ganglions, mais encore sur le trajet même des vaisseaux lymphatiques.
J'ai présenté en 1852 à la Société anatomique un membre supérieur sur lequel on voyait quatre petits renflements en forme de chapelet, situés sous la peau, sur le trajet du long supinateur.
Ils contenaient un liquide parfaitement transparent. Ils ne com-
(I) Voy. plus haut, p. IC et 39.