‹ Traité des tumeurs [electronic resource] (volume 2)Chapitre 13 sur 92 · DES KYSTES PR0GÈNI5S · texte numérisé non relu

DES KYSTES PR0GÈNI5S

?aZn/'r'"''''' ''''' "^"'^ ^"^'^^ I^^'-'^i thoracique, vers 1 aisselle, chez un enfant de trois ans. La pièce fut présentée à a Société anatomique par M. Verneuil (1). M. Lawrence enTonéré une autre qui était située « sur le côté d'un enfant a^/X^

éHif L ? . ■ ^'^'"'-^^ le 28 avril 1838 était de môme nature que les précédentes, car elle en avait exacl

ement la structure. Le malade avait 18 ans ; il est dit dans llb^^^^^^^ vation que la tumeur « était déjà fort ancienne (3). » Je me su . demande, d'après cela, si elle n'était pas congéni aie eti ainri^

out récemment M. Déguise de prendre des informations 'à ce ga' Le père de son opéré lui a répondu que la tumeur existait déjà' quoique peu volumineuse, au moment de la naissance. Les kys es multiples congénitaux n'affectent donc pas exclusivement la région du cou. Ils sont ordinairement extrêmement nombreux; quelauesuns ont les dimensions d'une noix ou davantage encore; mais la plupart sont très-petits, variant entre le volume d'une noisette et celui d'une tête d'épingle. Dans le cas de M. Déguise, des myriade, de kystes, tout à fait semblables à des œufs de poisson, formaient la plus grande partie de la tumeur. Il est arrivé plusieurs fois qu'on a trouvé, dans la même pièce, des kystes très-divers par leur contenu Les uns renfermaient un liquide parfaitement transparent d autres un liquide rougeâtre, d'autres enfin du sang véritable. D après cela, M. Cruveilhier pense, ainsi que M. Verneuil, que ce. kystes ont leur point de départ dans la cavité des vaisseaux (4) Cette interprétation, qui m'a paru assez probable dans le cas de M. Verneuil, est corroborée par une observation remarquable de tumeur congénitale du cou, recueillie en 1849 par M. Coote à la clinique de Lawrence (St. Bartholomew's Hospital). Le sujet était une petite fille de 3 ans 1/2. La tumeur, molle et obscurément fluctuante, avait depuis peu fait de grands progrès ; elle fut extirpée et parut d'abord composée uniquement d'un amas de kystes ; mais on trouva en outre à sa partie supérieure une masse constituée par des vaisseaux dilatés et flexueux, et M. Goole, qui examina la pièce

(1) Bull, de la Soc. anat., 1854, t. XXIX, p. 301. Il est dit par erreur dans le Bulletin que l'enfant avait six à sept ans. L'observation a été publiée in extenso par MM. Warmont et Verneuil dans la Gazette hebdomadaire, t. II 1" jui,,

(2) Paget, On Tumours, Lond., 1853, in-8% p. 285.

(3) Bull, de la Soc. de chirurgie, vc série, t. VIII, p. 469.

(4) Cruveilhier, Anat. path. générale, t. III, p. 49G (1856).

TUMLiURS CONGÉNITALES POLYKYSTIQUES. 57

avec soin, constata qu'il s'agissait d'une tumeur érectile ayant subi la transformation kystique (i).

On peut donc considérer comme probable que certaines tumeurs congénitales polykystiques ont eu pourpoint de départ des tumeurs érectiles, et que les kystes dont elles sont formées ont leur siège dans la cavité des vaisseaux. Mais tous les kystes congénitaux souscutanés ont-ils cette origine? Il est au moins permis d'en douter. On peut invoquer, il est vrai, cet argument que, dans le cas de Coote, où l'origine vasculaire des kystes a été à peu près démon- •trée, la tumeur présentait la plus grande ressemblance avec les tumeurs congénitales polykystiques qui ont été observées par les autres auteurs. Elle n'en différait que par l'existence des débris de la tumeur érectile primitive, et l'on conçoit très-bien que ce dernier caractère aurait pu disparaître si la tumeur avait été enlevée un peu plus tard; mais l'argument qui précède perd une grande partie de sa valeur, si l'on tient compte d'une importante observation de M. Wutzer. Ce chirurgien, qui avait déjà eu l'occasion d'extirper une tumeur polykystique du cou, diagnostiqua la même affection et pratiqua la môme opération chez un enfant de 20 mois. Seulement, comme la tumeur était très-volumineuse, il résolut de l'enlever en plusieurs fois. La première fois, il en extirpa à peu près la moitié, et ne rencontra que des kystes séreux trèsinégaux en volume. Jusque-là tout paraissait indiquer qu'il s'agissait d'une tumeur polykystique congénitale ordinaire. Mais, dans les opérations suivantes, au milieu d'un grand nombre de kystes séreux de toutes dimensions, M. Wutzer trouva plusieurs kystes renfermant des os irréguliers et un assez grand nombre de dents (2). La tumeur n'était donc pas une tumeur érectile transformée, mais une de ces productions singulières que l'on a attribuées à des inclusions fœtales, et sur lesquelles nous reviendrons dans le chapitre des Kvstes néogènes.

Ainsi, les kystes congénitaux ordinaires du cou ou des autres régions ressemblent beaucoup, d'une part, aux kystes d'origine vas-

(1) Lawrence, On Cystic Tumours. Their fréquent Connexion wilh diseased Vessels and Development from Congénital Nœvi (case 2). dans Médical Times, new séries, voL I,p. 559 (30 nov. 1850).

iJcol^'T^t ^â'^'o^na/Zm cysticis congenitis, deque novis eorum exemplis quœ ma^ Ll ^ '852. Je n'ai pu me procure ce

rava l, ma.s on en trouve une analyse détaillée dans la thèse de M Virlet oui a

traduit textuellement l'observation de Wutzer (Nie -Fr \mT nlfi'

tm/rri,,^^,. TU • ^ . liMc.-ir, Virlet, Des kystes con gém-

r«tta;cf« coK, Th. inaug., Paris, 1854, in-4'', p. 15-21.)

DES KYSTES PROGÈNES.

culairc, décrits par M. Coote ; mais, d'une autre part, ils ressemblent tout autant aux kystes multiples qui peuvent se former autour des kystes fœtaux ostéo-dentaircs, et qui n'ont évidemment pas leur point de départ dans une tumeur érectile. Gela prouve que la similitude des symptômes et la similitude des lésions ne peuvent être mvoquées comme un argument décisif, et que des causes très-différentes peuvent donner lieu à la formation des tumeurs congénitales polykystiques. — Il est permis, d après cela, de se demander si celles-ci ne seraient pas, dans beaucoup de cas, formées de kystes néogènes. Cette question est encore à l'étude.

Quoi qu'il en soit, on peut considérer comme très-probable que certains kystes sous-cutanés multiples et congénitaux sont des kystes vasculaires. Mais, s'il en est ainsi, on doit ajouter que la transformation kystique des vaisseaux a, selon toute probabilité, été précédée de leur état érectile. On conçoit que l'altération qui, après la naissance, amène la transformation kystique des tumeurs érectiles, puisse survenir également pendant la vie intra-utérine. Ce mode de formation des tumeurs congénitales polykystiques, s'il était confirmé par des recherches ultérieures, ne serait qu'un cas particulier de l'altération kystique des vaisseaux des tumeurs érectiles, et il n'en résulterait nullement qu'un vaisseau capillaire ordinaire pût se dilater en kyste entre deux oblitérations (1).

Ainsi, en écartant les cas hypothétiques et en ne tenant compte que des faits, nous dirons qu'il n'existe aucune preuve que les capillaires sanguins puissent se transformer en kystes, sans avoir été préalablement dilatés sous forme de tumeurs érectiles.

Tout ce que l'on sait sur la physiologie et sur la pathologie des artères concourt à faire considérer comme fort invraisemblable la formation de kystes dans la cavité de ces vaisseaux, dont les parois, contractiles et rétractiles, reviennent sur elles-mêmes dès qu'elles ne sont plus traversées par le sang, de manière à remplir aussitôt le vide laissé parla rétraction et la résorption partielle des caillots. Les prétendus exemples de kystes artériels que l'on a cités ne pcu-

(1) Voyez encore sur les kystes congénitaux du cou : Lorain, Comptes rendus de la Soc. de biologie, lr« série, t. V, p. 62 (1853). — Broca, Bull, de la Soc.anat., 1855, t. XXX, p. 240, et Bull, de la Soc. de chirurgie, 1" série, t. X, p. 223 (1859). — Sédillot, dans Bufl. de la Soc. de chirurgie, 2« série, t. I, p. 107 (1860). — Gurlt. Ueber die Cystengeschwûlsie des Halses, Berlin, 1855, « vol. in-S". Il y a dans cet ouvrage un chapitre étendu mvVHygroma kystique congénital du cou. — Vernlier, Die angeboren Kysten Hygroma und die ihnen verwandten Geschwùlste, Giessen, 1843, in-4°, avec pl. Je n'ai pu consulter cette dissertation, qui est citée dans l'importante thèse de M. Virlet, Des kystes congénitaux du cou, Paris, i85}, in-4''.

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