‹ Traité des tumeurs [electronic resource]Chapitre 119 sur 158 · TUMEURS GANGLIONNAIRES · texte numérisé non relu

TUMEURS GANGLIONNAIRES

des engorgements qni avaient résisté à ces médicaments avant l'emploi simultané de l'électricité (1). LaBeaume, qui faisait du galvanisme une sorte de panacée, ne manqua pas de l'appliquer au traitement des tumeurs chroniques des scrofuleux. Ilemployaittantôt la galvanisation locale (2), qui seule doit nous occuper ici, tantôt ce qu'il appelait le traitement galvanique constitutionnel, car il avait l'illusion de croire que l'excitation électrique des viscères, et spécialement des organes digestifs, guérissait la dialhèse scrofuleuse et une inflnité d'autres affections constitutionnelles. Le plus souvent il associait ces deux modes d'administration du galvanisme. Sur les trois malades mentionnés dans son livre, deux furent guéris de leurs tumeurs; le troisième eut un abcès qui se cicatrisa, mais il mourut phthisique peu de temps après (3). L'électrisalion provoqua également, au bout de cinq ou six séances, l'inilammation et la suppuration d'une tumeur du cou, traitée par Riffault et Fabré-Palaprat (4;. M. Massé rapporte que Récamier fît traiter avec un succès complet par l'électro-puncture, une tumeur ganglionnaire abdominale assez volumineuse pour comprimer l'intestin et pour arrêter le passage des matières fécales. Au bout de huit jours le cours des matières était rétabli; au bout d'un mois, la tumeur avait entièrement disparu (5). Peu de temps après, M. Massé fit résoudre, à l'aide de l'appareil d'induction de Glarke, une tumeur ganglionnaire du cou (6). Dans un autre cas, où les tumeurs cervicales, multiples et bosselées, dépendaient manifestement d'une cause scrofuleuse, il employa d'abord l'électrisalion simple, puis l'électro-puncture. Il y eut plusieurs points de suppuration, et le volume de la tumeur diminua sensiblement (7). On lit le passage suivant dans un des premiers mé-

(1) Sigaud La Fond, De l'électricité médicale. Paris, 1803, ia-S, p. 550.

(2) Je me sers ici des expressions de l'auteur, mais je rappellerai que le galvanisme tel qu'il l'employait, ne pouvait produire aucune action chimique. Cette remarque n'échappa pas à son traducteur Fahré-Palaprat, qui, dans une longue préface fit res sortir les avantages de l'électro-puncture, récemment inventée par Sarlandi'ère en insistant sur « l'acte électro-chimique » qui se passe autour des aiguilles introduites dans les tissus, et qui a pour conséquence de les faire oxyder lorsqu'elles sont en fer (Préface d& la traduction française de l'ouvrage de La Beaume, par Fahré-Palaorat * Paris, J828, in-8, p. 44 et passim.) -i'ipidi.

(3) LaBeaume, Du galvanisme appliqué à la médecine, trad. franc Paris 1858 in-S, p 299. ' '

(4) Même ouvrage. Introduction par Fahré-Palaprat, p. IGO.

(5) Jules Massé, De C électricité en thérapeutique, dans Jour^i. des conn. médicn chirurgicales, 1860, t. XXXV, p. 97 (Observ. XlX).

(G) Loc. cit., Observ. XX.

(7) loc. cit., Observ. XXV.

466 APPLICATION DE l'ÉLECTRICITÉ.

moires de M. Duchcnne (de Boulogne) sur réleclrisation localisée : «Nous avons employé l'excilation électro-culanée dans deux cas «d'engorgement des ganglions sous-maxillaires contre lesquels on « avait longtemps fait usage des pommades iodurécs. L'un des malades «était à la Charité, dans le service de M. Andral, l'autre à l'Hôtel- « Dieu, dans le service de M. Martin-Solon. Sous l'influence d'exci- « tateurs métalliques, promenés chaque soir sur la peau qui recou- «vrait la tumeur, l'engorgement diminua rapidement (1). » Cela prouve que les malades furent améliorés. Mais furent-ils guéris? Il est permis d'en douter. Enfin M. Boulu a communiqué, en 1854, à l'Académie des Sciences et à l'Académie de Médecine, les résultats de ses recherches sur le traitement des adénites cervicales chroniques par l'électrisation localisée. Sur sept malades qui sont mentionnés dans son mémoire, deux ont été guéris, l'état des cinq autres a été considérablement amélioré (2).

Je n'ai eu recours qu'une seule fois à cette méthode, dans un cas d'hypertrophie ganglionnaire cervicale. Je me suis servi des courants induits de l'appareil Legendre et Morin; je plaçais l'un des électrodes dans la main du malade, l'autre sur la tumeur que j'avais exactement recouverte d'une mince plaque de plomb. Les séances duraient de cinq à dix minutes, et étaient reprises tous les jours ou tous les deux jours. Au bout de quatre ou cinq séances, il y eut une diminution notable ; au bout d'un mois, après une vingtaine de séances, la tumeur était réduite du volume d'un œuf de pigeon au volume d'une noisette. Le malade, très-satisfait mais non guéri, retourna en province; je ne sais si l'amélioration s'est

maintenue. , •■ - ,

D'après les faits qui précèdent, et qu'on pourrait sans doute multiplier en faisant des recherches plus étendues, il me paraît difficile de ne pas admettre que l'électrisation a la propriété de provoquer fréquemment, dans les tumeurs chroniques et non spécifiques des ganglions, un travail de résolution partielle, et quelquefois môme de résolution totale. Ce phénomène me paraît devoir être attribué à l'excitation, ou, si l'on veut, à l'irritation produite par le passage du fluide électrique. A l'état chronique des ganglions engorgés, succède probablemenl un état subaigu, ou du moins une hyperhémie passagère, qui favorise la résorption, et je crois d'autant mieux à cette

(n Archives générales de médecine, 1851, 4= série, t. XW, p. 30G. il) Bol, Tmilcment des agites cervicales chroniques par Velecirxc^ié locahsée. Paris, 1856, broch.> in-8 de 31 pages.

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