MANUEL OPÉRATOIRE
maxillaire supérieur en totalité. Les indications de ce genre sont variables et subordonnées au siège, au volume, à la nature et aux connexions de la tumeur. Le plus souvent on n'a recours à aucune opération préliminaire, et l'opération ne se compose que de deux temps : l'incision des téguments et la dissection de la tumeur. Quelquefois même ces deux temps se confondent en un seul : c'est ce qui a lieu lorsqu'on excise une tumeur pédiculée, ou une tumeur comprenant toute l'épaisseur d'un organe isolé sur ses deux faces, comme la langue, les lèvres, les paupières, etc. Enfin, dans beaucoup de cas, la perte de substance qui résulte de l'ablation de la tumeur doit être comblée par une opération réparatrice destinée, soit à rétablir les formes et les fonctions, soit à conjurer les récidives.
L'incision des téguments est simple ou composée. L'incision simple, rectiligne ou curviligne, se pratique lorsque la peau est saine, qu'on se propose de la conserver en totalité, et que la tumeur n'est pas trop étendue en largeur. Pour les tumeurs plus volumineuses, on a recours à des incisions composées, rarement en V, plus souvent en T, ou en -j-» ce qui permet de disséquer et de relever un ou plusieurs lambeaux. Lorsque la peau est ulcérée ou altérée, ou lorsqu'on juge qu'après l'extirpation de la tumeur elle sera en excès, on pratique une perte de substance d'une étendue variable, au moyen d'une incision quelquefois circulaire, plus souvent elliptique, etc. Il est de règle générale, lorsque la peau est ulcérée et que la tumeur est de mauvaise nature, d'enlever cette membrane très -largement au delà des limites de l'altération dont elle est le siège, quand même le rapprochement des lèvres delà plaie devrait en souffrir. La direction donnée aux diverses incisions est subordonnée avant tout à la nécessité de pratiquer avec sécurité l'extirpation complète du mal ; après cette grande indication, il en est d'autres qui doivent toujours être présentes à l'esprit du chirurgien, celle de respecter autant que possible les fonctions de la région opérée, de faciliter les opérations réparatrices, et enfin, de dissimuler plus ou moins les cicatrices.
L'incision des téguments une fois terminée, on passe au second temps de l'opération, qui consiste à disséquer la tumeur. On détruit d'abord les connexions de sa face superficielle, par une véritable dissection qu'on facilite en faisant exercer des tractions opposées sur la peau ou sur les lambeaux de peau, et sur la tumeur saisie, soit par les doigts, soit par des crochets. On passe ensuite à la dissection de la face profonde, et cela suffit le plus souvent pour terminer l'opération. Certaines tumeurs, nettement limitées par une membrane