EXTIRPATION PAR L INSTRUMENT TRANCHANT
plus OU moins éloignée, libre de toute influence cancéreuse, et de refouler les téguments qui formaient les bords de la plaie, dans une zone aussi éloignée que possible du point où le cancer primitif s'était localisé. Mais il est bien clair que, sur les limites du lambeau autoplastique, les bords de la perte de substance sont dans les mômes conditions, sous le rapport de la tendance à la récidive, que si on les avait réunis directement entre eux. J'ai vu à l'Hôtel-Dieu, en 1847, pendant mon internat dans le service de Blandin, un malade sur lequel M. Chassaignac avait employé le procédé de M. Martinet. Un lambeau, taillé dans une région éloignée, parla méthode indienne, avait été greffé dans la plaie résultant de l'extirpation d'un cancer. La récidive s'était produite tout autour du lambeau; celui-ci avait été respecté, Blandin dit alors qu'il connaissait plusieurs faits semblables. On voit que le procédé de M. Martinet n'empêche pas les récidives ; mais les résultats qui précèdent sont intéressants, parce qu'ils viennent à l'appui des idées que j'ai exposées sur Vivfluence de la région. Le lambeaU;, malgré sa transplantation, conserve l'immunité de la région d'où il provient ; et les bords de la perle de substance, malgré le refoulement excentrique qu'ils ont subi, restent soumis à la fâcheuse influence qui planait sur la région d'où on les a écartés.
Les idées de M. Martinet, quoique n'étant pas fondées en théorie, ont cependant rendu service dans la pratique, en habituant les chirurgiens à être moins parcimonieux dans les opérations d'exérèse, et à enlever largement les parties qui entourent les cancers et les autres tumeurs sujettes à récidive. Avec la pensée de recourir à l'autoplastie, on s'inquiète peu de sacrifier quelques millimètres de tissus sains, et on pratique des extirpations plus complètes que si l'on se proposait de réunir la plaie directement.
Avant qu'on eût songé à attribuer à l'autoplastie la propriété de conjurer les récidives, on avait eu recours fréquemment à cette méthode, comme moyen de réparation pure et simple des pertes de substance produites par l'extirpation des tumeurs. C'est à la face surtout, à la suite de l'ablation des cancroïdes et des cancers, que l'autoplastie rend des services signalés. Nous ne décrirons pas les divers procédés de réparation qui ont été mis en usage, et qui varient d'ailleurs d'après les cas particuliers, La méthode italienne est ici sans application; la méthode indienne est quelquefois indiquée; mais c'est presque toujours à la méthode de Celse, par décollement et glissement des lambeaux, qu'on donne la préférence.
Les opérations réparatrices ne sont utiles en général qu'à la face, et dans quelques régions spéciales. Au tronc, aux membres , on