‹ Traité des tumeurs [electronic resource]Chapitre 13 sur 158 · HISTORIQUE. MULLER · texte numérisé non relu

HISTORIQUE. MULLER

à la même étude et à la môme généralisation les cellules et les tissus des animaux (1). Enfin, Muller, la môme année, dans son ouvrage sur la structure intime des tumeurs, fît rentrer les tissus pathologiques dans le cadre tracé par ses deux prédécesseurs (2). En moins d'une année, la théorie cellulaire avait atteint l'apogée de sa gloire ; elle régnait sans partage, comme l'avait prédit Raspail, sur tout le monde organisé.

La théorie cellulaire provoqua dès-recherches nombreuses et utiles, mais son influence sur la doctrine des tumeurs fut des plus fâcheuses. Tous les tissus accidentels se trouvant ramenés à la même origine que les tissus normaux, c'est-à-dire à une origine unique, il n'était plus possible de les diviser en tissus homologues et tissus hétérologues. a Sous le point de vue des éléments microscopiques et de la formation frênes f s), dit Muller dans la partie générale de son ouvrage, la structure des tumeurs de bonne nature ne diffère pas du tout de celle du cancer. » D'après cela, l'anatomie pathologique devait être impuissante à classer les tumeurs, et c'est ce que l'auteur dit expressément à la page suivante. Il fallait bien les classer, cependant, et Muller, désespérant d'y arriver par l'étude anatomique, se retourna vers la chimie. Il fît bouillir des tumeurs, les traita par les réactifs ; les unes donnaient de la graisse (lipômes, kystes renfermant de la matière grasse); les autres donnaient de la gelée (enchondrômes, tumeurs ostéoïdes, tumeurs formées de tissu cellulaire ou de tissu fibreux) ; toutes les autres, depuis les tumeurs scrofuleuses jusqu'au cancer,' donnaient de l'albumine, et il suffît de jeter un coup d'oeil sur cette division pour reconnaître qu'elle est entièrement artificielle, entièrement contraire à l'anatomie et à la pathologie. Muller fut donc obligé de reléguer au second plan sa classification chimique et de s'adresser à un troisième ordre de caractères, tirés de ce qu'il appelait la nature physiologique des tumeurs, c'est-à-dire de leur marche chmque. Mais, de son propre aveu (p. 27), il n'était nullement clini-

pas compatible avec la dignité de la science. (Auf Raspail's Arbeit mich einzulassen schejnt mir mil der Wûrde der Wissenschaft unvertrâglich.) Voilà une di-nité utdenjent comprise; mais le geai de la fable au moins n'insultait pas le paon J ; r"^* ^«'•'i"). Ueber die Analogie in der Structur und dem

Wachstumeder Thiere und Pflanzen, dans Froriep's Neut Notizen aus dem Gebiete aer Natur-und Heilkunde; trois noies publiées dans les numéros 91, 103 et 112 (janvier à avril 1838). t. V, p. 33 et 225, et t. VI, p. 22. - Mikroskopische Vniersuclmngen uher die Ûehereinstimmung in der Structur der Thiere und Pflanzen Berlm, 1839,1 vol. ln-8. /'«

(2) J. Muller, Veher den feineren Bau und die Formen der krankhaften Geschwùlsta u^rlm, 1838, in-folio, ire partie (la 2» partie n'a pas paru).

34 DES TUMEURS EN GÉNÉRAL

cien, et les opinions qu'il avait pu se faire en compulsant les auteurs ne l'avaient conduit qu'à la vieille distinction des tumeurs bénignes et des tumeurs malignes, avec l'idée complémentaire de la dégénérescence (p. 29, prop. viii). Ce fut ainsi que, se basant tantôt sur la clinique, tantôt sur l'anatomie pathologique, tantôt sur la chimie, MuUer finit par enfanter une classification hybride, qui a eu trop de célébrité pour qu'on puisse se dispenser de la reproduire. Je place entre parenthèses la synonymie, pour les espèces qu'il m'a été possible de reconnaître.

iCarcinoma simplex (squin^he).

Caninoma reticulare (?).

Carcinoma alveolare {colloïde).

Carcinoma melanodes [mélanose).

Carcinoma meduUare {encéphaloïde).

, Carcinoma fasciculatum seu hyaliaum (?). 10 Donnant de la chondrine (qui est une substance trèssemblable à la gélatine) : Enchondroma (chondrôme) . 20 Tumeurs donnant ( Lipoma {lipome).

des malières gras-] Cystis adiposa {kystes dermoïdes).

. \ Cholesteatoma

Page 1