MODE D ACTION SUR LES TISSUS
gravitéaux brûlures étendues. Les plaies faites sur les animaux par le fil rougi à A/anc sont à peine escharifiées; c'est pourquoi elles saignent presque aussi abondamment que les incisions ordinaires. Les plaies faites par le fil simplement rouge ne saignent pas ; elles sont recouvertes d'une eschare d'un millimètre d'épaisseur, dont les limites sont parfaitement tranchées , et au-dessous de laquelle les tissus ne sont, nullement lésés. Cette couche joue le même rôle protecteur que la couche de tissus tassés et feutrés qui recouvre les plaies par écrasement linéaire. Elle empêche le contact directde l'airsurles parties vasculaires; c'est une sorte de pansement par occlusion, qui pendant les premiers jours soustrait la plaie aux influences extérieures, et l'on conçoit que cette condition soit peu favorable au développement des érysipèles, des phlébites et des infections purulentes. M. Middeldorpf pense que les opérations galvanocaustiques sont tout à fait exemptes de ces accidents. Je considère une assertion aussi exclusive comme un peu hasardée, mais je m'empresse de dire qu'en théorie les plaies galvanocaustiques me paraissent sous ce rapport, et toutes choses égales d'ailleurs, moins graves que les plaies saignantes et non réunies, et qu'en pratique les faits publiés déposent en faveur de cette appréciation.
Parlons enfin de l'action de la galvanocaustie sur les artères. Avec une pression moyenne, le fil rougi à blanc coupe nettement l'artère, qui reste béante dans la plaie et donne une hémorrhagie immédiate. Si l'expérience est faite par exemple sur l'artère fémorale d'un chien, on trouve, en sacrifiant l'animal immédiatement après, que l'orifice de l'artère est froncé, racorni, et réduit à la naoitié environ du diamètre de l'artère; on comprend ainsi que l'anse coupante chauffée à blanc puisse diviser les petites artères sans hémorrhagie, parce qu'alors le froncement et le racornissement de l'ouverture peuvent aller jusqu'à l'oblitérer; et l'on comprend en môme temps pourquoi la section des artères plus grosses s'accompagne toujours d'un écoulement de sang abondant. Mais si l'on répète la môme expérience avec un fil chaufi'é seulement au rouge, on trouve, en disséquant le membre, que l'artère fémorale est fermée. Ce vaisseau, au premier abord, paraît simplement fermé en cul-de-sac; toutefois, si l'on fend l'artère suivant sa longueur, on voit qu'elle à subi une sorte d'invagination récurrente dans une étendue d'environ 3 millimètres. Les trois tuniques sont rentrées dans le calibre du vaisseau par un simple efl'et de racornissement; c'est quelque chose de comparable à ce qu'on obtient dans l'opération hémostatique qui porte le nom de refoulement des artères, avec cette diff-érence
GALVANOCAUSTIE.
que le refoulement des parois n'est pas régulier. La disposition des veines est semblable à celle des artères, ce qui explique peut-être la rareté de la phlébite. Ces résultats, obtenus sur les vaisseaux par les fils galvauocaustiques chaufl'és au blanc ou au rouge, sont parfaitement conformes à ceux que M. Bouchacourt a obtenus avec les cautères ordinaires appliqués sur les artères béantes des cadavres. Ce chirurgien a constaté que la cautérisation à blanc ne referme qu'incomplètement les vaisseaux, tandis que le fer chauffé au rouge sombre les referme tout à fait en refoulant leurs tuniques. Il a publié ces remarques dans sa thèse inaugurale (Paris, 1836), et il en a conclu que la cautérisation hémostatique devait être pratiquée avec un fer chauffé seulement au rouge.
Nous dirons, pour nous résumer, que la méthode galvanocaustique permet d'extirper les tumeurs de deux manières, par deux procédés bien distincts : 1° au moyen du galuanocautère, qui se manie comme le bistouri et qui dissèque les tissus couche par couche, à ciel ouvert, sous l'œil du chirurgien; 2° au moyen de l'anse coupante, qui s'applique, comme la ligature en masse et comme la chaîne de l'écraseur, sur un pédicule naturel ou sur un pédicule artificiel. Ces deux procédés laissent les tissus dans le môme état, quoiqu'ils dilTèrent essentiellement, sous le rapport du manuel opératoire.
Bibliographie des principaux onvrages publiés sur la galvanoeaustlc depuis la publication du livre de M. IMiddeldorpff.
Mannheimer Lande, Methodus galvanocaustica et écrasement linéaire inter se corn-
parentur. Diss. in. Breslau, in-8, 1856. Starck, Inquiritur in tumores testiculorum aliquot galvanocaustice adhibitd exstir-
pa/os. Diss. in. Breslau, 1857, in-8.
Ressel, De polyporum uteri exstirpatione methodo galvanocausticâ institutd. Diss.
in. Breslau, 1857, in-8.
Haase, De exstirpatione linguœ ope galvanocausticâ. Ibid., 1858. J^NiscH, De ligaturâ candenti cum ceteris pénis amputandi methodis comparata.
Ibid., 1858. , . ^ ^ ^
ZsiGMONDY, Die galvanokaustiche Operationsmethode nach eigene Erfahrungen.
Vienne, 18G0, in-8.
Cattin, De la galvanocaustie. Th. in. Paris, 1858, in-4.
Blanchet. De l'emploi du feu en chirurgie, et en particulier du cautère actMel, du cautère galvanique et du couteau galvanocaustique. Th. in. Paris, 1862, in-4.
DUPLOMB, De la galvanocaustique, du couteau galvanique et de l'anse coupanif graduée de M. de Séré. Th. in. Paris, 1862, in-4.