RÉACTION INFLAMMATOIRE
nexions, ne peut être enlevée que par une amputation ou une résection. Malgré quelques tentatives faites par MM. Maunoury et Salraon, pour couper les membres avec les caustiques, et par M. Maisonneuve, pour les couper par l'écrasement linéaire, combiné à la diaclasde (éclatement des os), il n'est pas encore entré dans la chirurgie régulière de pratiquer les amputations et les résections autrement qu'avec le couteau. La gravité de ces opérations, qui est considérable, ne peut donc pas entrer en ligne de compte, et nous n'aurons à nous occuper que des tumeurs dont l'extirpation se fait sans intéresser le squelette.
Cela posé, la réaction inflammatoire locale, et la fièvre traumatique qui en est la conséquence, prennent rarement des proportions inquiétantes à la suite de la simple extirpation des tumeurs des parties molles par la méthode sanglante, lorsque le traitement de la plaie est convenablement dirigé; mais il importe, pour maintenir cette réaction dans des limites modérées, de panser et de surveiller attentivement la plaie, de tenir le malade au repos, et même au lit, pour peu que la plaie ait quelque étendue. Les autres méthodes exigent certainement moins de soins et moins de surveillance; les malades traités par la cautérisation, pour des tumeurs même volumineuses, peuvent quelquefois, dès que la douleur est dissipée, se lever, se promener, et même reprendre quelques occupations. Ces faits, qui ne sont pas rares, ont fait croire que l'application des caustiques ne provoquait aucune réaction; opinion évidemment erronée pour certains caustiques, car le sublimé corrosif, le nitrate acide de mercure, le chlorure d'antimoine et les caustiques arsenicaux, sont au contraire extrêmement irritants; ils le sont beaucoup plus que le bistouri. Mais les acides nitrique et sulfurique, la pâte de Vienne, et surtout le chlorure de zinc, ont vraiment la propriété très-remarquable de ne provoquer que très-peu de réaction. La méthode galvanocaustique approche de celte innocuité. Cela semble au premier abord en contradiction avec ce qu'on sait de la marche des brûlures profondes. On sait qu'elles provoquent souvent une fièvre très-intense et la formation de phlegmons diffus ; mais il n'y a qu'une analogie très-éloignée entre les brûlures ordinaires et la cautérisation galvanique. L'intensité de la réaction est proportionnelle à la quantité de calorique qui a rayonné dans les tissus au delà des limites de Teschare, et ce rayonnement est proportionnel au volume du corps comburant. Si un membre est plongé dans l'eau bouillante pendant quelques minutes, il en résulte une eschare épaisse, comprenant toutes les parties qui ont supporté une température d 'environ soixante
5C4 PARALLÈLE DES MÉTHODES d'eXTIRPATION.
degrés centigrades (coagulation de Talbumine); mais, au-dessous de cette couche mortiliée, il y en a une autre, presque aussi épaisse, où la température, h peine inférieure de quelques degrés h celle qui lue les tissus, a fait subir à ces derniers une irritation extrêmement violente, comparable à celle qui, à la peau, constitue ce qu'on appelle le second degré de la brûlure. Les corps métalliques incandescents, incomparablement plus chauds que les liquides bouillants, produisent des brûlures qui peuvent être aussi profondes, et même plus profondes, mais qui sont moins graves cependant, parce que la quantité de calorique émise dans un temps donné dépend de la masse du corps qui rayonne. Le cautère actuel classique, renfermant, sous un volume assez restreint, une très-grande quantité de calorique, tient le milieu, sous ce rapport, entre les agents des brûlures ordinaires, et le cautère galvanique. Celui-ci est de tous les cautères celui dont la masse est la plus petite; c'est celui qui rayonne le moins, qui échciuCfe et irrite le moins les tissus. Il ne brûle pour ainsi dire que ce qu'il touche, et dès lors il n'est pas étonnant qu'après l'action de ce cautère, la réaction inflammatoire soit beaucoup moindre qu'à la suite des autres brûlures. Je n'ai enlevé qu'un petit nombre de tumeurs par la méthode galvanocaustique, mais j'ai pratiqué un grand nombre d'autres opérations, soit avec le fil, soit avec le galvanocautère; l'inflammation traumatique a toujours été extrêmement modérée, quelquefois presque inappréciable. J'en puis dire autant des plaies qui résultent de l'extirpation des tumeurs par écrasement linéaire, car, si j'ai vu une fois, à la suite de l'ablation d'une tumeur hémorrhoïdale volumineuse, survenir une inflammation assez vive, accompagnée de fièvre traumatique, je dois ajouter que, dans la plupart des cas, la réaction est moindre qu'à la suite des plaies de môme étendue, pratiquées par l'instrument tranchant. Ainsi, sous ce rapport, les deux méthodes de cautérisation, celle de la galvanocausiie et celle de l'écrasement linéaire, sont réellement supérieures à la méthode sanglante, lorsque celle-ci n'est pas suivie de réunion par première intention.
Quant à la ligature en masse, dont on a beaucoup trop vanté l'innocuité, elle a des avantages que nous indiquerons bientôt; mais il est très-inexact de dire qu'elle n'expose pas à la réaction inflammatoire. Déjà Desault et Mayor avaient reconnu qu'il était très-désavantageux de l'appliquer sur un pédicule cutané d'un certain volume; c'était pour cela qu'ils avaient adopté, pour les tumeurs extérieures, une méthode mixte, consistant à inciser et à disséquer la peau avec le bistouri, et à n'étreindre avec le fil que h's parties profondes. Cette com-