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LE BLASTÈME CANCÉREUX ET LA LOI DANALOGIE

|l s'établit ainsi entre la tendance bomœomorphe et la tendance hétéromorphe explique en partie les grandes différences de structure des

i tumeurs cancéreuses et les nuances infinies qui relient l'encéphaloïde pur aux cancers mitigés par la présence du tissu fibreux ou du tissu osseux. On conçoit de la môme manière que la prédominance de la loi d'analogie ait pour résultat de diminuer indéfiniment la proportion des éléments bétéromorphes, et qu'enfin, dans les cas exceptionnels où le blastème cancéreux est complètement maîtrisé par l'infiuence du milieu, cette proportion puisse descendre jusqu'à zéro.

Il est digne de remarque que ce dernier résultat, c'est-à-dire l'organisation d'un blastème cancéreux en éléments bomœomorpbes, , paraît se produire exclusivement dans le voisinage des tissus qui posi sèdent au plus baut degré la propriété de s'assimiler les autres blastèmes. Les faits que j'ai cités jusqu'ici sont relatifs à des tumeurs • développées au contact du tissu osseux, et l'on sait combien est I grande ici l'influence de la loi d'analogie de formation. Je n'ai pas, i besoin de rappeler les phénomènes plastiques de l'ostéite et de la j périostite, ni ceux de la formation du cal, ni l'exemple si frappant des régénérations osseuses. Il est un autre tissu, répandu en proportions variables dans la plupart des organes, qui possède la propriété d'exercer sur les blastèmes une action assimilitatrice presque aussi grande que celle du tissu osseux. Je veux parler du tissu conjonctif (ou fibreux) ; j'ai déjà dit que la forme squirrbeuse paraît due à l'action de voisinage que ce tissu fait subir au blastème cancéreux. ^ A un degré plus élevé, la même action produit ce qu'on appelle le cancer ligneux en plaque ou en cuirasse; dans cette forme, qui se montre surtout dans le tissu conjonctif sous-cutané de la paroi thoracique, les éléments spécifiques du cancer, noyaux ou cellules, ^ sont en très-petit nombre. Le blastème presque tout entier s'orga- I nise en tissu fibreux, et on trouve même par places des parties assez étendues où le produit accidentel est exclusivement fibreux. Dans plusieurs cas de cancer de l'estomac ou de la mamelle, M. Paget (1) a trouvé les ovaires remplacés par des masses fibreuses. Après avoir décrit la disposition des fibres de ces tumeurs, il ajoute : « Au milieu , de ces fibres, j'ai trouvé seulement un petit nombre de cellules canr céreuses imparfaites, avec un plus grand nombre de noyaux petiis ei allongés. On peut raisonnablement supposer que le môme blosieme qui, dans un autre organe, aurait donné des cellules cancéreuses,

(1) Paget, Leclures on Tumours, London, l|51, in-8, p. 322.

puisse donner du lissu fibreux dans un organe comme l'ovaire, qui a une apliUide si spéciale au développement physiologique ou morbide » Ce que M. Pagct attribue h Vaptitude spéciale des ovaires me parait devoir être attribué simplement l'innuence assimilalrice du stroma fibreux de ces organes, c'est-à-dire à la loi d'analogie de formation L'action de cette loi peut-elle aller, lorsque la tendance nropre du blastème cancéreux est peu prononcée, jusqu'à donner l'orsanisation fibreuse à la totalité de la production accidentelle sans aucun mélange d'éléments hétéromorphes? Cela me paraît possible, mais ie ne possède aucun fait qui me permette de l'affirmer. ^ En revanche, j'ai vu un cancer encéphaloïde des mieux caractérisés développé dans le tissu conjonctif sous-cutané, au devant du tibia, enlevé, puis récidivé sur place, et traité enfin par l'amputation de la cuisse, récidiver, très-peu de temps après dans le voile du palais et présenter ensuite en ce point la marche locale la plus ma- U.ne La tumeur du voile du palais fut à son tour enlevée deux fois; elle récidiva toujours très-promptement et s'accrut avec une rapidi é incroyable ; finalement, le malade mourut avec tous les signes de la cachexie cancéreuse. C'était un malade de la ville ; l'autopsie ne put pas éfre faite; j'ignore, par conséquent, s'il existait des cancers Ltern Mais grâce à l'obligeance du chirurgien, M. Max. Mounier, 'afrexaminer toutes les tumeurs enlevées, et je les conserve même in ore dans l'alcool. La nature cancéreuse de la maladie a ete mis en évidence à l'œil nu comme au microscope, par l'élude des mmeurs de l'a jambe, et cependant les tumeurs du voile du palais 'nt une st uctur; entiè ement différente. Elles ne renfermaient Tucun tra e "lactescent; elles ressemblaient plutôt aux tumeurs glandulaires hypertrophiques (adénômes polyglandulaires TuTi sont pas rares dans cette région ; je n'en pouvais croire mes veux mal le microscope me démontra que ce n'était pas une vaine C;enc Le tissu accidentel était exclusivement constitue par d muomb ables culs-de-sac glandulaires, et, tandis que les umeurs de Petle imture sont ordinairement d'une bénignité complète celle-là. . llnnn e sous l'influence de la maladie cancéreuse, s'était com- 'avec "tant de malignité que l'encéphaloïde le plus grave poitee l fait-? Supposera-t-on que les tumeurs de la

''TTt cdle r voi J P^ soient développées en vertu de

jambe ^^/^f j;' , ^^1,3' et que le hasard seul les ait fait paraître deux maladies ^^^^^^ dans le même temps? Mais les

chez le -^-V^ ou gXu^ succession des récidives, les ca- SrSml^r;: ^lrs,'ia marche de la maladie considérée

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