‹ Traité des tumeurs [electronic resource]Chapitre 48 sur 158 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

DU RAMOLLISSEMENT DES TUMEURS

Dans les diverses phases de croissance et de décroissance des tumeurs, et môme dans leur état stationnaire, on assiste souvent à des changements de consistance qui peuvent être considérables.

Quelques tumeurs durcissent en vieillissant; d'autres conservent à peu près la môme consistance pendant toute leur durée; d'autres, enfin, se ramollissent. Ces diverses modifications peuvent se manifester dans une partie ou dans la totalité de leur étendue; on voit même quelquefois la consistance s'accroître en certains points, et diminuer en d'autres points de la môme tumeur.

L'augmentation de consistance peut être due à la simple condensation des éléments de la production accidentelle, et alors le volume de la tumeur subit une diminution proportionnelle; beaucoup de productions osseuses, telles que la tumeur du cal, les périostoses simples, l'os nouveau de la nécrose après l'extraction du séquestre, certaines exostoses syphilitiques, etc., durcissent en même temps qu'elles s'affaissent ; les productions fibreuses inodulaires, douées, comme on le sait, d'une grande force de rétraction, forment des brides dont la dureté augmente à mesure qu'elles se raccourcissent. Cette condensation peut d'ailleurs s'accompagner de la résorption d'une partie du tissu accidentel, comme aussi elle peut résulter de l'organisation d'éléments nouveaux qui se pressent dans les interstices de ce tissu. Les tumeurs osseuses en offrent des exemples fréquents.

En dehors de ces conditions, qui sont propres à certaines espèces de tumeurs, l'induration des productions accidentelles est assez rare. Elle tient, soit à des dépôts calcaires, soit à la formation toujours croissante d'éléments fibreux adventices, à l'ossification d'une partie du blastème, etc. ; mais ce sont des accidents de structure exceptionnels, ou plutôt éventuels, qui ne font pas partie de l'évolu-

Page 1