‹ Traité des tumeurs [electronic resource]Chapitre 51 sur 158 · MÉCANISMES DIVERS DU RAMOLLISSEMEMT · texte numérisé non relu

MÉCANISMES DIVERS DU RAMOLLISSEMEMT

boa de rappeler que le suc cancéreux, composé d'une sérosité où nagent les globules spécifiques du cancer, constitue l'élément autogène des tumeurs cancéreuses, tandis que le tissu conjonctif ne figure dans ces tumeurs qu'à titre d'élément adventice. Le ramollissement de l'encéphaloïde est donc dû à la prédominance toujours croissante des éléments autogènes par rapport aux éléments adventices; c'est-à-dire que le ramollissement s'efTectue lorsque le blastème s'organise entièrement, ou du moins presque entièrement, en noyaux et en cellules. Il est môme probable qu'à un certain moment, ceux-ci étouffent et détruisent la trame de tissu conjonctif qui existait pendant la période de crudité, puisque dans l'encéphaloïde diffluent, on ne trouve, soit à l'œil, soit au microscope, que des traces insignifiantes de ce tissu conjonctif.

Tel est le mécanisme du ramollissement de l'encéphaloïde, et on voit combien il diffère de celui qui produit le ramollissement du tubercule.

Le ramollissement du tubercule est une des phases de sa destruction, tandis que celui de l'encéphaloïde est une des phases de son développement, de son accroissement interstitiel. L'un est dû à l'insuffisance de la nutrition, au peu de vitalité de la substance qui supporte et unit les globules; l'autre, au contraire, résulte d'une nutrition exubérante , et dépend de la multiplication des éléments globulaires. Dans le premier cas, une matière solide se dissocie se liqueQe en obéissant aux lois de la nature morte : c'est une désorganisation; dans le second cas, des noyaux et des cellules se forment incessamment, par un travail d'organisation. Le nom de décadence (decay), qui convient au ramollissement du tubercule, a donc été emp oyé à tort, par les auteurs anglais, pour désigner le ramollissement du cancer. Le cancer ramolli, loin d'être en décadence, est au contraire plus vivace, plus envahissant, plus menaçant que jamais

Je viens de montrer, par deux exemples extrêmes, qu'il existe m''' , ' "^^^^"i^^es parfaitement distincts de ramollisse- Tnt n.Op. ' ^^"^^"^^"^^ dont je viens de parler ne

^^onl pas les seules qm pmssent se ramollir; et il y a lieu de se de-

ramonL'"' T. '''' ^^^^"^ mécanismes dans le

ramollissement des autres tumeurs.

Les épithéliômes n'ont presque jamais de trame propre; ils doi- ^ent leur sohd.te à la résistance des tissus qu'ils envahissent, et au sein desquels les cellules épilhéliales sont infiltrées. Les fibres d ces tissus, comprimées, étouffées par les cellules, dont le nombn va toujours croissant, finissent tôt ou tard par être détruites et l'

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tumeur se ramollit h mesure que ce travail de destruction s'etfectuc. Le ramollissement ici, comme dans le cancer, est le résultat de l'accroissement interstitiel de la tumeur.

Le ramollissement des iibroïdes nucléaires est encore le résultat de leur accroissement interstitiel, de la multiplication de leurs éléments globulaires. Ces tumeurs, comme les précédentes, peuvent se ramollir sans avoir acquis un grand volume. Les fibroïdes fibrillaires se ramollissent bien plus rarement, et seulement lorsque leur masse devient très-considérable. Ils ont cela de commun avec les (ibrômes, les hyslcrômes, les chondrômes, les adénômes et les myéloïdes; mais ces diverses tumeurs sont loin de se ramollir par le môme mécanisme.

Les adénômes doivent leur solidité à la résistance du stroma fibreux qui entoure les culs-de-sac glandulaires. Lorsqu'on examine un adénôme ramolli, on y trouve exactement les mêmes culs-de-sac que dans les adénômes plus récents, plus petits et plus durs; mais le stroma fibreux se réduit à quelques filaments de tissu conjonctif. Le ramollissement résulte donc de la prédominance croissante des culs-de-sac glandulaires sur le stroma; il est dû à la multiplication de ces éléments autogènes complexes qu'on appelle les acini, et qui n'ont par eux-mêmes presque aucune solidité. Ce ramollissement est donc un phénomène d'accroissement interstitiel.

Dans les cas que nous venons d'examiner, le ramollissement se manifeste comme une conséquence naturelle du mode particulier d'accroissement de la tumeur, et par un mécanisme qui, bien que spécial pour chacune d'elles, est comparable, quant à sa nature, à celui que nous avons décrit pour le cancer. Dans les cas dont nous allons nous occuper maintenant, le ramollissement est encore une conséquence de l'accroissement; mais il n'en est pas la conséquence directe; il ne survient que lorsque la tumeur est très-volumineuse, et la multiplication des éléments autogènes n'y est sans doute pas étrangère; mais il y a autre chose. La trame organique perd sa solidité et se dissocie par une sorte de dissolution qui paraît dépendre d'une nutrition insuffisante, ou de quelque autre accident de nutrition- c'est une désorganisation, une décadence, comparable, jusqu'à un certain point, à celle qui fait ramollir le tubercule.

Les chondrômes, par exemple, se composent, comme le tissu des cartilages normaux, d'une substance fondamentale, d'une gangue, où sont creusées des cavités isolées, pleines de corpuscules cartilagineux. La multiplication de ces corpuscules donne lieu à l'accroissement des cavités, qui ne peuvent se développer qu'aux dépens de

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