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MÉCANISMES DIVERS DU RAMOLLISSEMENT

la gangue, c'est-à-dire aux dépens de la solidité de la tumeur. Pourtant, ce n'est pas là la cause principale du ramollissement des chondrômes, puisque ces tumeurs peuvent s'accroître beaucoup sans que leur consistance soit diminuée. Lorsqu'on examine la partie ramollie d'un chondrôme, on trouve que la gangue a perdu sa solidité avant môme d'avoir perdu sa continuité; le nombre des corpuscules qui existent dans un espace donné, n'est pas sensiblement plus considérable que dans les points où la tumeur est encore dure; la gangue s'est donc fondue en quelque sorte; elle est devenue gélatineuse, et presque diffluente; elle s'est dissociée, comme la substance interglobulaire du tubercule qui se ramollit. Si l'on songe que les chondrômes sont ordinairement des tumeurs peu vasculaires, eu égard à leur masse, que Leurs parties centrales le sont beaucoup moins que leurs couches superficielles, qu'enfin le ramollissement (nous ne parlons ici que du ramollissement réel) se produit dans les points les plus éloignés de la surface, il est permis de croire que l'insuffisance de la nutrition est la cause principale de la décohésion de la gangue.

Je rapproche de ce mécanisme celui qui amène le ramollissement de certains myéloïdes. Ces tumeurs n'ont pas de trame proprement dite. Les myéloplaxes qui les composent sont soudés, cimentés par une substance amorphe très-résistante, qu'on peut comparer à la gangue des cartilages et à la substance interglobulaire des tubercules. Dans les parties ramollies des myéloïdes, les myéloplaxes sont libres, ou très-faiblement adhérents entre eux. Le ciment qui les unissait s'est ramolli et dissous. Je n'attribue pas ce ramollissement à un défaut de vascularité; on remarque au contraire souvent, que les myéloïdes ramollis sont très-vasculaires; mais la nutrition peut ôtre troublée par des accidents très-divers; et d'ailleurs, le ramollissement des myéloïdes est assez peu fréquent pour qu'on puisse le considérer comme la conséquence de circonstances accidentelles.

Les fibrômes, les hystérômes, sont de toutes les tumeurs qui nous occupent, celles qui se ramollissent le plus rarement; et c'est ici surtout que le volume considérable de la tumeur est la condition indispensable de son ramollissement. J'ai vu plusieurs foyers de ramollissement au centre d'un ancien hystérôme qui pesait \o kilogrammes. C'est le seul exemple bien caractérisé qui me revienne actuellement en mémoire. Les fibrômes peuvent se ramollir avant d'avoir atteint un pareil volume, mais c'est vraiment exceptionnel. Je ferai remarquer que ces tumeurs sont très-peû vasculaires. J'ai vu de très-gros fibrômes, dont la surface était couverte de vaisseaux,

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