‹ Traité des tumeurs [electronic resource]Chapitre 53 sur 158 · DU DÉVELOPPEMENT DES TUMEURS · texte numérisé non relu

DU DÉVELOPPEMENT DES TUMEURS

mais dont la substance propre recevait à peine quelques filaments vasculaires, rares et déliés. On se demande comment l'imbibition des sucs nutritifs peut s'effectuer jusqu'au centre de ces tumeurs. Il faut bien qu'elle s'effectue cependant, puisque le tissu accidentel continue à vivre; mais on conçoit aisément que, dans certains cas, cette nutrition h distance ne suffise plus à maintenir en pleine vitalité les parties les plus éloignées de la surface. Le travail de décomposition organique continue cependant dans ces points où la réparation nutritive est insuffisante. Les fibres se dissocient, se fondent en quelque sorte; des cavités irrégulières, remplies d'un suc visqueux, et limitées par une substance gélatineuse, se creusent au centre de la tumeur; et ce ramollissement, quoique très-différent de celui du tubercule, peut lui être comparé toutefois, en ce sens que l'un et l'autre sont le résultat d'une désorganisation.

On voit combien varie le mécanisme du ramollissement des tumeurs; on comprend dès lors qu'à l'époque où la plupart des tumeurs dont nous venons de parler étaient confondues avec le cancer, on ait émis des opinions très-contradictoires sur la nature du ramollissement. Tandis que, pour les uns, ce phénomène était le résultat d'un travail inflammatoire, c'est-à-dire d'un excès de circulation et de vitalité, pour les autres c'était le résultat d'une décadence, d'une décomposition moléculaire qu'on considérait même comme le premier degré de la gangrène. Lorsque nous décrirons le cancer en particulier, nous exposerons ces opinions opposées, qui reposent l'une et l'autre sur des faits bien observés, mais mal interprétés. Notre but, dans ce chapitre général, était seulement de montrer : 1° que le ramollissement n'est pas un caractère propre aux tumeurs cancéreuses; 2° que ce phénomène est le résultat de conditions qui varient suivant l'espèce de tumeur que l'on consi- <lère; 3° qu'il dépend, tantôt d'une désorganisation véritable, naturelle ou accidentelle, et tantôt, au contraire, d'un travail d'organisation qui fait partie de l'accroissement interstitiel de la tumeur.

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