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CARACTÈRES DE LA GÉNÉRALISATION

divers degrés, soit par un état anémique, soit par un état ictérique. On ne peut donc pas la considérer comme l'indice tout à fait certain de l'infection, et lorsqu'on se demande si une espèce particulière de tumeurs est capable on non de déterminer l'infection générale de l'économie, on n'est pas autorisé à répondre affirmativement en se basant sur l'existence de ce symptôme.

Le seul caractère pathognomonique de l'infection est la formation d'une ou plusieurs tumeurs consécutives, tout à fait indépendantes, au point de vue anatomique, de la tumeur primitive, de même nature qu'elle et développées sous l'influence d'un état général plus ou moins manifeste : c'est ce qu'on appelle la généralisation des tumeurs.

La généralisation des tumeurs a été souvent confondue avec la multiplicité des tumeurs. Ce sont pourtant deux choses très-différentes. Il y a tel cas où un seul dépôt secondaire est l'indice à peu près certain de la généralisation de la tumeur primitive ; et tel autre cas où plusieurs centaines de tumeurs ne font pas même naître dans l'esprit l'idée de la généralisation.

Ce qui caractérise la généralisation, c'est la production d une ou plusieurs tumeurs secondaires qui, d'une part, n'ont aucune relation anatomique avec la tumeur primitive, et qui, d'une autre part, ne peuvent pas être attribuées uniquement à l'influence directe de la cause qui a produit cette dernière; les conditions au milieu desquelles les nouvelles tumeurs se sont développées sont tellement différentes de^ celles au milieu desquelles la première tumeur s'était formée, qu'on est conduit à admettre que le mal vient d'entrer dans une nouvelle phase.

Ainsi une femme est atteinte depuis plusieurs années d'un cancer de la mamelle. Elle succombe aux progrès naturels de cette affection ; à l'autopsie, on trouve dans les viscères, notamment dans le foie et le poumon, un grand nombre de petits foyers cancéreux. Lorsqu'on les compare entre eux, on reconnaît qu'ils sont à peu près de même âge, parce qu'ils sont à peu près égaux en volume ; lorsqu'on les compare, au contraire, au cancer primitif de la mamelle qm est volumineux et ancien, on est obligé d'admettre qu'ils sont beaucoup plus récents que lui. Il y a donc eu dans la marche du mal deux périodes bien distinctes : une période initiale relativement très-longue, pendant laquelle le cancer de la mamelle existait seul, et une période terminale, relativement très-courte, pendant aquelle un grand nombre de dépôts cancéreux se sont formés dans les organes intérieurs. Pour établir cette conclusion, il n'est pas né-

cessaire d'avoir observé la malade pendant sa vie ; il suffit d'examiner le cadavre.

Supposons mainlenanl que nous soyons appelés à faire l'autopsie d'un individu atteint de fibromes multiples des nerfs. Nous trouvons plusieurs centaines de ces tumeurs, qui toutes se sont formées sur le trajet des cordons nerveux. Il y en a qui ont cinq ou six centimètres de diamètre, d'autres ont à peine le volume d'un grain de chenevis; mais la plupart nous présentent des volumes intermédiaires; et, jugeant approximativement de leur âge par leur volume, nous en concluons qu'il a dû s'en former continuellement depuis le jour de la formation de la première jusqu'aux derniers jours de la vie. C'est en vain que nous chercherions à établir ici plusieurs périodes, caria série est continue, et nous sommes conduits à admettre qu'une môme cause diathésique, agissant sur un grand nombre de points du système nerveux, a fait naître successivement toutes ces tumeurs.

La différence des deux cas que nous venons d'examiner et qui ne sont nullement hypothétiques, devient plus frappante encore si l'on ajoute aux résultats de l'autopsie ceux de l'observation clinique.

Dans notre premier cas, les tumeurs multiples secondaires sont nées à peu près simultanément dans des organes qui n'ont rien de commun avec la mamelle, siège du cancer primitif ; celui-ci est resté longtemps unique au milieu de la santé générale la plus florissante. Puis la santé s'est altérée progressivement, jusqu'à la mort, et cette période, caractérisée par des troubles fonctionnels graves et croissants, a duré plusieurs mois. Or, les tumeurs viscérales multiples sont trop petites pour qu'on les suppose antérieures à l'apparition des symptômes généraux. On est donc légitimement conduit à admettre qu'elles se sont formées sous l'influence de l'état général qui porte le nom d'infection. La tumeur primitive, au contraire, a précédé cette infection de plusieurs années ou au moins de plusieurs mois. Lorsqu'on dit que le cancer de la mamelle s'est généralisé dans les viscères, on suppose que l'infection générale, cause des cancers secondaires, a été l'efl-et du cancer primitif ; on énonce donc une théorie qui est discutable, et qui devra être examinée plus loin ; mais, ce qui n'est pas douteux, c'est que la tumeur primitive et les tumeurs secondaires sont nées au milieu de conditions tout à fait différentes.

Les choses se sont passées tout autrement dans 1 autre cas. Le malade a eu un premier Rbrôme, puis bientôt après un second, un troisième, etc. Pareilles par leur siège dans le même système anatomique, ces tumeurs ont paru h des intervalles variables, de quel-

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