‹ Traité des tumeurs (volume 2)Chapitre 101 sur 103 · DES POLTADÉNOMES · texte numérisé non relu

DES POLTADÉNOMES

en un cul-de-sac cylindrique, fermé en dy mais l'extrémité du cnlde-sac présente maintenant trois bosselures, comme dans les glandes en grappe les plus simples. Enfin on voit en e l'extrémité d'un autre tube sudoripare; cette fois le nombre des bosselures est beaucoup plus considérable; en outre elles sont superposées, et la disposition des culs-de-sac est tout à fait semblable à celle qu'on observe dans les véritables glandes en grappes. Ces modifications de forme paraissent dues au développement de l'épithélium glandulaire ; celui-ci remplit d'abord toute la cavité du tube sudoripare, il l'oblitère entièrement, puis il distend la paroi, qui est d'ailleurs amincie, et dont la dilatation inégale donne lieu à des bosselures successives. J'ai eu plusieurs fois l'occasion de constater l'exactitude de cette description, qui est due à M. Vemeuil. Dans un cas de polyadénôme ulcéré de la région sternale, je ne vis d'abord, dans une première préparation, que des cavités glandulaires de forme acineuse; et je fus tenté de croire qu'il s'agissait d'un polyadénôme sébacé. Mais en cherchant mieux j'y découvris quelques fragments de tubes moins déformés, et d'autres préparations me permirent de suivre toutes les phases des transformations des tubes. sudoripares. Lorsqu'on étudie ce genre de tumeurs, il est bon de commencer par faire des préparations avec des parcelles de tissu prises près de la circonférence du polyadénôme. C'est là qu'on trouve les glandules les moins altérées et les plus faciles à reconnaître.

Les adénomes sudoripares sont jusqu'ici les seuls dans lesquels j'aie vu les tubes glandulaires déformés au point de ressemblera des acini. Toutefois j'ai vu des bosselures latérales en assez grand nombre dans un polyadénôme du rectum. Je n'en ai pas vu dans les tumeurs de la muqueuse utérine que j'ai eu l'occasion d'examiner. Mais les tubes glandulaires de ces dernières tumeurs présentent fréquemment une disposition déjà indiquée par M. Robin. On sait qu'à l'état normal les glandes utérines sont des boyaux cylindriques longs et étroits terminés en cul-de-sac. La plupart de ces boyaux sont simples, c'est-à-dire sans aucune bifurcation; cependant on en trouve quelques-uns qui se bifurquent en deux boyaux terminés chacun en cul-de-sac. Dans les polyadénômes, les glandes bifurquées sont beaucoup plus nombreuses que dans la muqueuse normale; les boyaux sont en outre beaucoup pluslongs^ tout en conservant la forme cylindrique. Enfin> on voit souvent naître d'un seul boyau primitif plusieurs boyaux secondaires qui s'en détachent successivement, et qui peuvent se bifurquer à leur tour ; "mais jamais les glandes ainsi altérées ne perdelit letir carac*

tère de glandes tubuleuses, jamais elles ne prennent Taspect de glandes acineuses, parce que les tubes secondaires et tertiaires conservent la forme de doigts de gant très-allongés.

Les changements de forme ou de disposition que nous venons de décrire coïncident avec une altération croissante des parois des cavités glandulaires. Ces parois deviennent de plus en plus minces, et finissent souvent par disparaître dans beaucoup de points. Ce dernier phénomène, que je n'ai constaté que dans des polya^ dénômes diffus et à marche envahissante, a une signification trèsfâcheuse, attendu que le contenu épithélial des tubes dont les parois sont détruites s'épanche dans les interstices interglandu* iaires et s'infiltre dans les tissus, comme cela a lieu dans Tépithé* li^me. Les tumeurs dans lesquelles survient cette altération peuvent même être considérées comme constituant une variété d'épithé* liôme. Le polyadénôme toutefois conserve encore quelques-uns de ses caractères anatomiques : quoique privés de leur membrane d'enveloppe, les amas d'épithélium ne se dissocient pas immédiatement; ils gardent longtemps encore la forme des tubes ou des culs-de-sac qui les limitaient naguère, de telle sorte que l'origine glandulaire de la tumeur peut toujours être reconnue.

Parlons enfin des modifications que subit l'épithélium glandulaire dans les polyadénAmes. Elles sont très-diverses et ne peu* vent être constatées que sous des grossissements assez forts, de 300 à 500 diamètres. Tantôt un épithélium normalement nucléaire se transforme en épithélium pavimenteux, composé de cellules plus ou moins larges; tantôt au contraire les glandes qui possèdent un épithélium pavimenteux ne présentent plus qu'un épithélium nucléaire. Souvent, dans une seule tumeur, et même dans une seule glande, on trouve ces deux espèces d'épithéliums, et il n'y a pas lieu de s'en étonner, car dans certaines glandes normales, comme les glandes sébacées, les cellules de l'épithélium pavimenteux deviennent de plus en plus petites à mesure qu'on se rapproche davantage des culs-de-sac; la paroi delà cellule finit par se confondre avec la surface du noyau, et enfin, dans le cul-de-sac proprement dit, l'épithélium devient exclusivement nucléaire.

Il est assez rare que les cellules épithéliales des polyadénômes prennent un grand développement, et je ne lésai jamais vues acquérir les dimensions considérables des cellules de î'épithéliôme ordinaire; elles n'ont pas non plus la forme lamellaire que cclles-jci présentent si fréquemment. Mais on trouve quelquefois, dans les tubes des polyadénômes sudoripares, des corps à peu près sphéri-

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