II
fait commeun exemple de rétention des larmes par suite de Toblitération de Tun des conduits principaux de la glande lacrymale orbitaire. La partie de la glande qui était indépendante de ce conduit avait conservé sa structure; l'autre avait été dilatée de bas en haut sous forme de poche, mais, quoique la tumeur eût déjà im volume considérable, les acini tributaires des conduits oblitérés n'étaient pas encore complètement déplissés; on les retrouvait isolés et espacés sur la paroi de la tumeur, dont on ne pouvait les ' séparer. La seconde observation de Schmidt n'a pas été complétée par Tautopsie, la malade ayant guéri à la suite d'une ponction rendue ûstuleuse. Mais elle est d'ailleurs très-semblable à la précédente, si ce n'est que les accidents inflammatoires furent plus considérables : il y eut à la fois un phlegmon de l'œil et de l'orbite, et il en résulta une tumeur inflammatoire quifaisait au-devant de l'orbite une saillie grosse comme le poing d'un homme adulte. On pratiqua une ponction avec un petit trocart dirigé vers la fossette lacrymale : il s'écoula par la canule un peu plus d'une once d'un liquide extrêmement clair ; les accidents se calmèrent aussit6t et l'inflammation entra promptement en résolution. Dans l'observation de Spry la marche du mal fut moins rapide, mais la douleur et l'inflammation furent encore très-intenses. La cornée devint opaque, et le chirurgien, croyant avoir affaire à un carcinome, se décida à extirper l'œil; ce fut ainsi qu'il reconnut que les accidents étaient produits par l'accumulation d'une grande quantité de liquide transparent comme de la lymphe (1). Ce fait aurait peu de signification si on ne le rapprochait des deux autres. Mackensie ajoute que Béer a observé trois fois la même aflîection. L'un des malades mourut ; l'autopsie prouva que la tumeur liquide occupait la glande lacrymale, que la paroi de l'orbite était désorganisée, et que le mal s'étendait jusqu'au cerveau. Dans le second cas, la tumeur ponctionnée fournit un liquide jaune et si Acre qu'appliqué sur la langue, il y produisit sur-le-champ une phlyctène. Le troisième cas est sans valeur, Béer n'ayant vu le malade qu'en passant (2).
On s'est étonné, à bon droite de voir que les kystes, qui, partout ailleurs, se développent sans douleur, sans fièvre, sans inflammation, sans réaction, revêtaient au contraire une marche aiguë et terrible lorsqu'ils occupaient la glande lacrymale supérieure. Gela aurait dû
(1) Lot. «7., p. 134 et 135.
(2) Loc.ciï., p. 181 et 132.