MALADIE KYSTIQUE DU TESTICULE
intitulé : Tumeurs en partie composées de kystes (1), et qui, suivant lui, comme les autres sarcocèles, ont leur siège exclusivement dans répididyme. Mais nous ne nous occupons que des kystes essentiels du testicule, de ceux qui par eux-mêmes constituent toute la tumeur et toute la maladie : nous pouvons donc écarter de la discussion le travail de M. Robin, et nous borner à examiner l'argumentation de M. Curling. Il remarque d'abord qu'on trouve, autour des kystes testiculaires, des tubes séminifères étalés en couche plus ou moins épaisse, et il en conclut que l'affection n'a pas son siège dans les tubes séminifères, puisque ceux-ci sont conservés. II prouverait tout aussi bien que les kystes multiples de la mamelle n'ont pas leur siège dans la glande, puisqu'on trouve toujours autour de ces kystes une grande quantité de lobules et d'acini glandulaires. La seule conclusion qu'on puisse tirer de ce fait, c'est que la maladie kystique, soit dans la mamelle, soit dans le testicule, n'occupe qu'une partie des éléments de la glande. Si la substance propre, ajoute M. Curling, était le siège de la maladie, les tubes restés sains, au lieu de former une couche périphérique, devraient se retrouver au milieu des kystes provenant des tubes altérés. Mais je rappellerai que le testicule se compose d'un très-grand nombre de lobules (au moins 250 d'après l'évaluation la plus modérée), et que chaque lobule, formé seulement de deux à cinq tubes pelotonnés (jusqu'à 6 ou 7 suivant Berres), est séparé de ses voisins par de petites cloisons, tandis que tous les canalioules d'un même lobule sont anastomosés et solidaires les uns des autres ; de telle sorte que, si la maladie kystique se manifeste dans un lobule, tous les tubes de ce lobule seront lésés à la fois et que tous les tubes inaltérés, appartenant aux lobules environnants, se trouveront étalés en dehors de la tumeur. M. Curling, au surplus, n'a pas songé que son objection s'appliquait à sa propre hypothèse, ni plus ni moins qu'à celle d'Astley Cooper, car le corps d'Highmore, où il place le siège de la maladie kystique, renferme tous les canalicules droits et tous les canalicules anastomosés du rete de Hallcr; et, à moins de supposer que tous ces tubes soient altérés à la fois, on devrait en retrouver un certain nombre au milieu de la masse polykystique. Cette objection, en admettant qu'elle fût fondée sur un fait réel, c'est-à-dire
(t) Robio, loc. cit. y p. S36. M. Robin a parraitement démontré qu'un grand nombre de sarcocèles, généralement rapportés au testicule proprement dit, ont leur ûége dans répididyme. Mais il est allé trop loin en niant l'existence des sarcocèles de la gUnde séminale ellemème. Pour être plus rares que ceui do Tépididymo, ces ■wcocèles n'en eiisteot pat moins.
sur la non-existence de tubes séminaux dans les tumeurs kystiques du testicule, ne tournerait donc pas à l'avantage de l'opinion de M. Curling. Mais il est certain qu'on trouve fréquemment, au milieu des kystes, des tubes séminaux altérés sans doute, mais reconnaissablés soit à Tœil nu, soit au microscope. Astley Gooper avait déjà constaté, par une dissection attentive, Texistence de tubes interposés entre les kystes, et M. Curling, avec le secours du microscope, a trouvé dans une tumeur kystique du testicule, indépendamment des kystes proprement dits, des tubes uniformément dilatés, remplis d'une matière granuleuse, et tapissés d'unépithélium semblableà celui des kystes. L'étude de la même pièce lui amontréune disposition qu'il a fait représenter et qui aurait dû, il me semble, le rallier immédiatement à l'opinion d'A. Cooper. 11 s'agit d'un tube séminifère
Fig. I.
en cul-de-sac, dilaté en une grosse ampoule terminale, et l'auteur ajoute que cette disposition existait sur quelques points (!). Or, il n'y a pas de tubes en cul-de-sac dans le corps d'Highmore, il n'y en a que dans les lobules du testicule, à l'origine même des conduits séminifères. Un autre fait digne de remarque, c'est qu'il n'y a de zoospermes ni dans les kystes, ni dans les tubes dilatés. Or, les conduits contenus dans le corps d'Highmore charrient du sperme où les animalcules sont déjà formés, tandis que les tubes séminifëres des lobules ne renferment que les cellules dans lesquelles les zoospermes doivent se développer plus tard. L'absence des zoospermes doit donc nous conduire à placer le siège du mal dans les tubes qui sécrètent le spern^e et non dans ceux qui l'excrètent. L'opinion de M. Curling, enfin, est en contradiction avec le nombre immense de kystes que l'on observe dans certains cas. On peut en compter plu-
(1) Cnriing, /oc. ciY., p. 413, fig. 33. \oy, tiXX9si Med. Chirurgical Tratuactions, ▼0l. XXWI, p. 449.