SIGNES DES KYSTES
aqueux, et que l'on utilise dans le diagnostic des kystes de l'ovaire. Au contraire, les kystes qui ne sont pas entièrement remplis donnent une sensation de ballottement, et quelquefois même un frémissement vibratoire, que Ton perçoit très-bien par exemple dans les kystes qui succèdent aux décollements traumatiques de la peau. J'ai vu quelques cas où ce frémissement était tellement semblable au frémissement hydatique qu'il aurait pu en résulter une erreur de diagnostic, si le siège sous-cutané et la cause de la lumenr n'avaient pas rendu le diagnostic évident. Le frémissement hydatique proprement dit constitue le trait le plus caractéristique des kystes qui renferment des vésicules acéphalocystes. Il n'existe d'ailleurs que dans les cas où les vésicules sont flottantes, volumineuses et sphériques. II disparaît lorsqu'elles se vident et s'aplatissent. On l'a altribué à l'ébranlement communiqué à la masse du liquide ambiant par la rencontre et le choc des vésicules acéphalocystes qui y flottenl. Mais il peut se produire dans les cas où il n'y a qu'une seule vésicule ; on peut même l'obtenir en pratiquant une légère percussion sur une vésicule séparée et placée sur une table; il est dû par conséquent à la vibration des parois de la vésicule.
Les kystes multiloculaires ne rentrent pas dans la description précédente. Les tumeurs polykystiques superficielles forment ordinairement des masses mollasses, dont la consistance rappelle celle du lipome. Toutefois, lorsqu'un ou plusieurs des kystes multiples prennent un grand développement, ils peuvent se détacher de la masse principale à un degré sufûsant pour donner lieu à de la fluctuation.
Les kystes très-superficiels, à paroi mince et à contenu limpide, peuvent ofTrir une transparence comparable à celle de l'hydrocèle. Ce symptôme s'observe surtout dans les kystes des membranes muqueuses, tels que la grenouillette, les kystes des glandes labiales, etc. Les kystes qui sont recouverts par la peau ne peuvent devenir transparents que dans les régions, comme le scrotum, où cette membrane est naturellement mince, — à moins qu'ils n'aient acquis un volume suffisant pour la distendre et l'amincir. On peut quelquefois constater la transparence par le procédé usité dans le cas de l'hydrocèle; mais le plus ordinairement ce procédé n'est pas applicable. On se sert alors d'un tube opaque dont une extrémité est appliquée sur l'un des côtés de la tumeur. Le stéthoscope remplit très-bien cette indication. Le bout auriculaire est placé sur la peau, et on regarde par l'estrémité évasée de l'instrument. Leb caractères des kystes deviennent de plus en plus obs»curs h
mesure que la tumeur occupe une situation plus profonde. Les kystes contenus dans la cavité crânienne et dans la cavité thoracique échappent à Texploration directe. Ceux qui sont situés dans Tabdomen sont accessibles au toucher, mais, à moins que le sujet ne soit très-maigre, ils ne se manifestent et surtout ne se reconnaissent que lorsqu'ils ont acquis un volume assez considérable. C'est alors seulement qu'on peut, avec quelque certitude, y constater le caractère de la fluctuation. La difficulté s'accroît encore lorsque la tumeur abdominale est un kyste multiloculaire, parce qu'alors la fluctuation proprement dite fait presque toujours défaut, à moins que l'un des kystes ne soit très-volumineux. Ces tumeurs polykystiques profondes renferment d'ailleurs souvent une matière à demi solide, et les poches sont quelquefois distendues à tel point que la consistance de la masse morbide peut présenter à la palpation une dureté presque égale à celle de certaines tumeurs fibreuses.
Les kystes contenus dans l'épaisseur des os distendent et amincissent progressivement la lame osseuse qui les entoure ; et il peut arriver un moment oji celle-ci, réduite à l'épaisseur d'un parchemin, cède brusquement sous la pression du doigt, pour revenir tout aussi brusquement sur elle-même lorsque le doigt cesse de la comprimer. Il en résulte un petit craquement que le doigt perçoit aisément, et qui est connu sous le nom de bruit de parchemin. Il vaut mieux dire sensation de parchemin^ car il est rare que l'oreille perçoive un son.
Les kystes ne s'accompagnent en général d'aucun phénomène de réaction locale ; point de rougeur, point de chaleur, point de douleur, à moins qu'il ne survienne une complication inflammatoire tout à fait accidentelle. Certains kystes peuvent cependant provoquer des douleurs, en faisant subir une distension ou une compression aux nerfs des parties environnantes, mais ces douleurs sont en quelque sorte extrinsèques, elles n'ont pas leur siège dans la tumeur elle^^môme. Les kystes peuvent encore donner lieu à des troubles fonctionnels plus ou moins graves, par la compression qu'ils exercent sur certains organes. Les kystes intra-crâniens peuvent produire les paralysies; les grands kystes de l'abdomen, en refoulant le diaphragme, gênent la respiration, etc. L'étude de ces divers accidents fait partie de la pathologie spéciale.
§ 2. Marche. — La marche des kystes est extrêmement variable« Certains kystes se développent avec une grande rapidité; on a tu, par exemple, des kystes de l'ovaire acquérir en peu de mois un volume énorme. D'autres kystes s'accroissent au contraire avec