MARCHE DES KYSTES
une extrême lenteur. Il en est qui, après avoir fait des progrès pendant quelque temps restent ensuite stationnaires pendant un ^'rand nombre d'années. Ces variétés de marche dépendent sans doute beaucoup de la nature des kystes, mais elles ne dépendent pas moins des dispositions individuelles, car on a vu des kystes de même nature affecter chez divers individus des marches très-différentes.
Somme toute, on peut dire qu'en général les kystes tendent à N'accroître. Ils sont le siège d'un double mouvement d'exhalation et d'absorption; ces deux phénomènes peuvent se faire équilibre, mais le premier l'emporte ordinairement sur le second. Les principales causes qui mettent obstacle à l'accroissement des kystes sont au nombre de deux : l'épaisseur de leurs parois et la résistance des tissus environnants. Les kystes séreux, avec leurs parois minces et souvent transparentes, s'accroissent donc plus aisément, toutes choses égales d'ailleurs, que les kystes dermoîdes, dont la paroi opaque, épaisse et fibreuse, offre quelquefois l'apparence du cartilage. Les kystes séreux dont le développement n'est pas entravé par la résistance des parties environnantes, peuvent prendre un accroissement en quelque sorte illimité. Ainsi, certains kystes séreux uniloculaires ou multiloculaires de l'ovaire peuvent remplir toute la cavité abdominale, la distendre outre mesure, et acquérir un poids de 30, 40 kilogrammes, et même bien au delà, tandis que les kystes dermoïdes, pilifères ou dentifères de l'ovaire dépassent rarement le volume d'une pomme, et restent presque toujours stationnaires et méconnus jusqu'à la fin de la vie.
Dans certains cas exceptionnels, les kystes peuvent rétrograder ; l'absorption devient alors supérieure àl'exhalation, et lapochc moins distendue revient peu à peu sur elle-même. Ce mécanisme peut suffire àla guérison spontanée de certains kystes séreux très-petits. J'en ai fait l'observation sur moi-même. J'ai eu, il y a quelques années, à la paupière supérieure, à f centimètre au-dessus du bord libre, un kyste qui a fait des progrès pendant environ un an, qui, parvenu au volume d'un petit pois est resté stationnaire pendant une autre année, et qui alors, sans cause connue, a disparu peu à peu, comme il était venu. J'ai suivi avec curiosité le travail de résorption qui a duré deux ou trois mois, puis, pendant quelques mois encore, j*ai senti à la place du kyste un léger épaississement du volume d'un grain de mil, qui a Ani par se dissiper entièrement. Mais je ne sais si l'on a jamais vu un kyste d'un grand volume, ou même d'un volume médiocre, disparaître spontanément par résorption