STRUCTURE MICROSCOPIQUE
tumeurs peu volumineuses, peut être plus obscure sur celles qui ont pris un grand accroissement. Le tissu des bystérômes ne pos séde pas de nerfs; on n'y a pas trouvé de lymphatiques, mais il renferme des vaisseaux sanguins, en général peu nombreux et peu volumineux, eu égard au volume de la tumeur.
Au microscope, le tissu des bystérômes paraît au premier abord exclusivement composé de fibres de tissu fibreux, extrêmement fines, disposées en faisceaux plus ou moins entre-croisés. Ces fibres sont quelquefois si exactement feutrées qu'elles se masquent réciproquement, et que, pour les apercevoir nettement, il faut chercher sur les bords de la préparation, préalablement déchirés avec des aiguilles. On découvre en outre généralement, soit sur ces bords, soit dans le liquide où ils baignent, une certaine quantité d'éléments fibro-plastiques. Voilà tout ce que Ton constate, lorsqu'on se borne à examiner de minces tranches du tissu des bystérômes sans le se* cours des moyens chimiques, et, d'après cela, il était naturel de supposer que ces productions accidentelles étaient de simples fibromes. Mais lorsque, à l'exemple de M. Lebert, on soumet la tumeur pendant quelques heures à l'action de l'acide acétique, qui, comme on sait, rend les fibres transparentes, on reconnaît aisément que le tissu des bystérômes renferme dans toute son étendue un nombre immense de noyaux allongés, larges de 3 à 4 millièmes de millimètre, longs de 3 à4 centièmes de millimètre, rectilignes ou très-légèrement ondulés, et affectant tous la môme direction dans la même couche de tissu. En tournant légèrement la vis pour changer le foyer, on voit paraître dans les couches subjacentes d'autres groupes de noyaux pareils aux précédents et parallèles comme eux, mais dirigés dans un autre sens. Ces noyaux n'ont pas de nucléoles; et, parleurs dimensions, leurs formes, leur disposition, leur parallélisme, ils sont identiquement pareils aux noyaux des cellules-fibres qui forment l'élément essentiel des fibres musculaires de la vie organique. Quant aux parois des cellules-fibres, on ne les distingue pas sur les pièces qui ont subi l'action de l'acide acétique, mais on les aperçoit bien sur celles qui ont été traitées par la coction; seulement, dans ce dernier cas, l'opacité des cellules-fibres rend les noyaux presque invisibles.
Ainsi, au point de vue de leurs éléments, les bystérômes ont une structure analogue à celle des muscles de la vie organique; et si, au lieu de considérer leurs éléments on considère leur tissu, on trouve qu'il est tout à fait semblable à celui de la paroi musculeuse de l'utérus. Gelle-ci renferme également des fibres de tissu fibreux,
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et des bellulës-flbtes mêlées et feutrées de telle sorte que les premières masquent les secondes. M. Kôlliket-, qui a découvert l'existence des cellules-fibres, et démontré qu'elles sont l'élément fondamental des muscles de la vie organique, avait déjà annoncé que de tous les organes qui renferment ces muscles, l!utérus, à l'état de vacuité, était celui où il était le plus difficile de démontrer, même avec le secours des réactifs, la présence des cellules-fibres. Gela est parfaitement exact. Avant les travaul de M. KôUiker, les micrographes avaient été surpris de ne trouver que du tissu fibreux dans un organe aussi évidemment musculaire que l'utérus ; et, sans le secours des réactifs, M. KôUiker lui-même n'aurait pu faire disparaître cette contradiction choquante de l'anatomie et de la physiologie. De même, les auteurs qui ont précédé M. Lebert n'avaient trouvé que du tissu fibreux dans les hystérômes, et avaient continué dès lors à désigner ces productions accidentelles sous le nom de corps fibreux, proposé par Bayle (i), et aujourd'hui encore généralement adopté; mais M. Lebert, faisant intervenir l'action de l'eau bouillante et celle de l'acide acétique, a découvert que ces moyens^ qui mettent en évidence la structure musculaire de la matrice, rendent bien plus évidente encore la structure musculaire des prétendus corps fibreux.
La structure des hystérômes est donc tout à fait semblable à celle du tissu propre de l'utérus, et il est naturel que M. Lebert se soit demandé si ces tumeurs n'étaient pas dues à l'hypertrophie de ce tissu. Mais, pour s'assurer que les hystérômes sont bien réellement des productions accidentelles de formation entièrement nouvellCi il suffit de les examiner lorsqu'ils sont encore tout petits, et rapt)rochés de leur début. J'en ai étudié plusieurs qui avaient tout au plus le volume d'un grain de mil, j'ai pu les énucléer aisément avec une aiguille et m'assurer qu'ils n'étaient nullement en continuité avec le tissu utérin. L'isolement des hystérômes est donc primitift et il en serait tout autrement si ces tumeurs étaient de nature bypertrophique. Ce ne sont pas des hypertrophies, mais des néoplasmes qui revêtent, en s'organisant, une structure analogue à celle .du tissu adjacent.
Les hystérômes peuvcnt,'soit par suite de leur accroissement, soit par suite de leur ancienneté, subir des altérations assez nombreuses que nous allons rapidement indiquer.
(1) Bayle, art. Corm ptBRBcx dé la ÉATHtcEt dans Dici. tteê seienees médimltt^ t VU, p. 6}M)7i Parts» 1813, ilH) (article tfta^reniarquable povr Tépoque).