‹ Traité des tumeurs (volume 2)Chapitre 7 sur 103 · II · texte numérisé non relu

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34 DES KYSTES PROGÈNES.

épanche son contenu dans la trompe ou dans le péritoine, et se transforme en corps jaune. Que faut-il maintenant pour que ce kyste naturel se change en kyste pathologique ? Il suffit que la vésicule, au lieu de se rompre, continue à se distendre, et il me parait fort probable que beaucoup de kystes simples de l'ovaire reconnaissent celte origine; mais d'autres sans doute, et surtout les kystes multiloculaires, sont dus à l'évolution anormale de vésicules qui se développent avant leur tour, par une sorte d'hétérochronie. En tout cas^ le trouble nutritif qui amène la formation de ces kystes est vraiment minime, eu égard aux résultats qu'il produit.

Les autres follicules clos de l'économie, n'étant pas appelés comme les vésicules de Graaf à subir tôt ou tard une ampliation physiologique, le travail qui les transforme en kystes ne se réduit plus seule, ment à une évolution prématurée et intempestive; mais ce travail, quoique plus anormal par sa cause, est sous tous les autres rapports semblable au précédent, et peut comme lui être ramené aux deux termes suivants : i' Exagération de la sécrétion normale, 2^ dilatation simultanée du follicule. Il est bien entendu qu'ici nous parlons seulement du début: plus tard la sécrétion peut être altérée et même entièrement pervertie, et la paroi dilatée peut subir diver7 ses modifications de structure ; mais on retrouve presque toujours sur sa surface interne, jusqu'à une époque avancée, le revêtement épithélial du follicule dilaté.

Les kystes de la substance corticale des reins proviennent ainsi des glomérules de Malpighi. Comme ils sont presque toujours multiples et inégalement développés, on trouve souvent sur la même pièce toutes les transitions entre ces glomérules microscopiques et les kystes les plus avancés dans leur développement.

Les kystes du corps thyroïde ont également leur siège dans les follicules clos de cet organe. Ces follicules, à l'état normal, sont visibles à la loupe et même à l'œil nu, et il est aisé de suivre, sur la même pièce, tous les degrés de leur transformation kystique.

M. Lucien Corvisart a démontré, dans un intéressant mémoire, que les glandules péricardiques indiquées en 1669 par Lower , et niées depuis lors par la plupart des anatomistes, existent réellement autour de la base du cœur, mais qu'elles ne communiquent pas avec la cavité du péricarde, et qu'elles doivent prendre place parmi les follicules clos (1). J'ai trouvé une fois en ce point, dans l'épais-

(1) L. Conrisan, Recherches sur des vésicuiei doses, probablement giamiuleutes du péricarde^ daot BuU. de la Soc. anatomiqw;, is&i, t. XXVI, p. ra-291.

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