‹ Traité des tumeurs (volume 2)Chapitre 81 sur 103 · tome devra donc être écartée comme improbable, lorsque la tu · texte numérisé non relu

tome devra donc être écartée comme improbable, lorsque la tu

meur aura débuté après l'époque de la dentition.

Au point de vue du diagnostic, nous aurons à examiner successivement le cas où la tumeur reste plus ou moins complètement incluse dans l'épaisseur de la mâchoire, et celui où une éruption graduelle, non accompagnée de suppuration, met à jour sur l'arcade dentaire une notable partie de la dent malade.

Dans le premier cas, le diagnostic est principalement rationnel; dans le second cas, au contraire, l'inspection directe de la partie

de la masse dentaire qui fait saillie dans la bouche fournil des signes sensibles, quelquefois tout à fait décisifs.

Tous les odontômes dentifiés peuvent percer lentement la gencive, et effectuer une éruption plus ou moins comparable à celle d'une dent normale. Celte circonstance ne se présente qu'exceptionnellement pour les odontômes odontoplastiques, tandis qu'elle est bien plus fréquente pour les odontômes coronaires diffus, et qu'elle est à peu près constante pour les odontômes coronaires cir* conscrits, et pour les odontômes radiculaires.

Les odontômes coronaires circonscrits se reconnaissent à la simple inspection de la couronne, qui tient son rang et sa place, et qui est régulièrement conformée, à cela près qu'elle supporte sur un de ses côtés une petite masse dentaire irrégulîère et comme verruqueuse. Cette petite végétation, lorsqu'elle est retenue près du collet, pourrait être confondue avec un amas de tartre ; mais il suffit de nettoyer el de déchausser un peu la dent pour rendre le diagnostic évident.

Les odontômes radiculaires dont la couronne a fait son éruption sont caractérisés par l'existence d'une tumeur régulière très-dure, située dans l'épaisseur du bord alvéolaire, immédiatement audessous d'une dent molaire bien conformée, tumeur indolente, qui existait avant l'éruption de cette dent, et qui, depuis l'éruption, n'a pris aucun accroissement. On pourrait la confondre avec une tuméfaction dutissu osseux péri-alvéolaire,accidentqui survient quelquefois au moment de l'éniption de certaines dents; mais cette tuméfaction, produite par l'inflammation du tissu osseux, est plus diffuse que celle de Tondontôme; elle présente d'ailleurs les caractères de l'ostéite, et se dissipe ordinairement, ou du moins s'atténue d'une manière notable lorsque l'éruption est achevée.

Lorsque les odontômes coronaires effectuent leur éniption, la partie de la couronne qui les surmonte parait la première au-dessus de la gencive ; après elle parait en général une partie dentiflée irrégulièrement, et cette masse extra-alvéolaire se continue directement avec une tumeur, en général plus volumineuse, qui reste incluse dans l'épaisseur de l'os. Le diagnostic est donc le même que dans les cas précédents, avec ceci de plus, que la couronne que l'on aperçoit est incomplète et qu'elle fait corps avec une masse dentaire irrégulière qui la supporte.

Enfin les odontômes odontoplastiques dentifiés qui percent la gencive sont d'un diagnostic encore plus facile. Leur situation sur le bord alvéolaire, au niveau de la rangée des dents, prouve qu'il

s'agit d'une tumeur dentaire; et la forme très-irrégulière de cette tumeur, 1 absence d'une couronne figurée, prouvent que cet odontôme est né pendant la période odontoplastique. On a plus d'une fois pris ces tumeurs pour des séquestres ou pour des exostoses des os maxillaires, mais Terreur n'était vraiment possible qu'aune époque où l'histoire des odontômes était inconnue.

Passons maintenantaux odontômes qui restent inclus dans l'épaisseur des mâchoires. Le diagnostic ici est rendu plus difficile par cette circonstance que la tumeur est inaccessible à l'exploration directe; mais, d'un autre côté, les troubles particuliers qu'elle fait subir à l'éruption des dents,etqui sont d'autantplus graves qu'elle est plus volumineuse, fournissent des indications précieuses et quelquefois décisives.

Le premier élément du diagnostic est la détermination de l'époque et du lieu précis où la tumeur a débuté et àea rapports qu'elle affecte avec l'appareil de la dentition. Si la tumeur occupe la région des incisives, l'idée de l'odontôme est écartée comme improbable, puisque jusqu'ici les germes de ces dents paraissent n'avoir aucune tendance à se développer sous forme de tumeur solide. Le jugement devra être plus réservé si la tumeur est située dans la région de la dent canine; car on connaît un exemple d'odontôme de cette dent , mais on n'en connaît qu'un seul, chez l'homme du moins; et dans ce cas unique, l'odontôme, né après la formation d'une grande partie de la couronna (odontôme coronaire), n'avait pas empêché celle-ci de faire son éruption, de sorte qu'il n'existe en réalité aucune observation d'odontôme d'une canine humaine, demeuré inclus dans la mâchoire. En somme, tous les faits recueillis jusqu'à ce jour nous autorisent à restreindre notre diagnostic des odontômes inclus, à ceux qui occupent la région des molaires.

Considérons donc une tumeur maxillaire, développée dans la région des dents molaires, et dont la formation est antérieure à l'époque où réruption de ces dents s'est effectuée du côté opposé. Ces deux premières conditions sont nécessaires pour que la tumeur puisse être un odontôme, mais il faut en outre que l'éruption des molaires du côté malade soit incomplète, et qu'il manque au moins une de ces dénis, car nous laissons de côté l'éventualité toujours très-improbable d'un odontôme développé dans un bulbe surnuméraire.

Il manque, disons-nous, au moins une dent, celle qui est le siège dcl'odontôme. La constatation de ce caractère est facile, même chez

es sujets dont la dentition n'est pas achevée, puisque le c6té sain de la mâchoire fournit un terme de comparaison ; mais il ne suflSt pas de constater que l'arcade dentaire est actuellement incomplète; il faut constater encore, par un interrogatoire précis, qu'elle l'a toujours été. La plupart des tumeurs maxillaires peuvent en effet amener l'ébranlement et la chute d'une ou plusieurs dents]; d'autres fois les dents, quoique solidement implantées, ont été arrachées dans l'espoir de calmer les douleurs provoquées par la tumeur. C'est une cause d'erreur sur laquelle il sufût d'appeler l'attention des praticiens. Ainsi l'absence d'une ou plusieurs dents ne prouve rien; mais lorsqu'on constate que ces dents sont absentes par défaut d'éruption^ le diagnostic d'une affection de l'un des follicules dentaires devient très-probable.

Cette affection peut être un kyste ou un odontôme, et pendant les premiers temps le diagnostic est souvent douteux. Lorsque le kyste dentaire est assez avancé dans son développement, il amincit sa coque osseuse, il peut devenir fluctuant et même transparent, et l'incertitude disparait alors (1). Mais déjà avant cette époque le diagnostic peut être rendu, sinon certain, du moins probable par les circonstances suivantes :

Le kyste dentaire se développe principalement du e6té de la face antéro-extcrne dii maxillaire inférieur, tandis qu'en général, To* dontôme fait, en outre, une saillie plus ou moins considérable sur la face postéro-inteme de l'os. A la mâchoire supérieure, ce trait distinctif est moins prononcé; toutefois il ne fait pas entièrement défaut.

La tumeur du kyste dentaire ne se rapproche pas autant du bord alvéolaire que celle de l'odonlôme ; elle s'arrête môme, en général, à plus d'un centimètre de la ligue d'émergence des dents. ' L'odontôme au contraire, en se développant, envahit et dilate le bord alvéolaire et vient se mettre en contact avec la membrane gingivale .

Le kysle dentaire ne porte pas atteinte à l'éruption des dents voisines. La dent dont le follicule est affecté est absente; mais celles qui la précèdent et celles qui la suivent sont au complet, et forment même le plus souvent une rangée parfaitement continue,

(t) Nous lisons toutefois dans une observation de M. Nélaton qn*one tameor fibitose enkystée (c'est-à-dire an odontôme embryoplastique) du maxillaire inférieur présentait une légère translucidlié. Une ponction exploratrice pratiquée afec une aiguille à cataracte prou? a qu'il ne s'agissait pas d*nn kyste, mais d'nne tumear solide. (Gazette des hôpVaux^ 3 Juillet 1852, p. 109.)

de sorte que le défaut de la dentition n'est pas évident, et qu*il faut compter les dents pour le constater.

L'odontôtne au contraire empêche réruplion des dents qui auraient dû prendre rang après la dent malade , quelquefois même d'une ou deux des dents qui la précèdent.

Ces divers caractères distinctifs perdent tout ou partie de leur valeur lorsque l'afiection occupe le follicule de la dent de sagesse. Le diagnostic alors pourrait rester douteux si l'on n'avait la ressource de pratiquer une ponction exploratrice, qui doit être faite sur le point le plus dépressible. La situatioi^ de ce point fournit déjà une indication d'une certaine valeur; dans l'odontftme, en effet, il se trouve en général sur la face de la tumeur qui correspond au bord alvéolaire, tandis que, s'il s'agit d'un kyste, c'est toujours sur la face antéro-externe de la tumeur que la paroi est le plus amincie.

Le caractère désigné par Dupuytren sous le nom de sensation de parchemin s'observe dans les kystes comme dans les odonlômes. Il est d'ailleurs certain que plusieurs autres espèces de tumeurs maxillaires, en dilatant et amincissant l'écorce compacte de l'os, donnent lieu, en certains points et à un certain moment, à la même sensation. Ce caractère n'a donc pas toute la valeur que lui accordait Dupuytren. N'oublions pas d'ailleurs qu'il ne se manifeste qu'assez tard, lorsque l'odontôme a pris assez de volume pour rendre flexible la coque osseuse qui l'entoure; ajoutons enfin qu'il disparaît lorsque la tumeur est dentiOée.

S'il était donné à un chirurgien d'examiner un odontôme dentifiable avant, pendant et après la dentification, de constater d'abord l'existence d'une tumeur dépressible donnant la crépitation du parchemin, et de reconnaître que plus tard cette même tumeur est devenue très-dure, le diagnostic serait tout à fait certain.

Il ne le serait pas moins si, sur la face de la tumeur qui correspond au bord alvéolaire, on sentait avec le doigt des noyaux d'une dureté osseuse, entourés d'une substance encore souple et dépressible, ce qui serait l'indice non équivoque d'un odontôme en voie de dentiQcation. Dans un cas de ce genre, que j'ai opéré avec mon regrettable ami Follin, j'avais diagnostiqué avant l'opération une tumeur myélufde, en souvenir d'une pièce sur laquelle j'avais trouvé des végétations osseuses assez volumineuses, au milieu d'une tumeur myéloldc de la mâchoire inférieure. Après l'opération, je constatai avec surprise qu'il s'agissait d'une tumeur en voie de dentiQcation; surprise d'autant plus naturelle que ce fait, alors entièrement nouveau, est encore aujourd'hui unique dans la science.

C'est cette pièce remarquable qui m'a conduit à l'explication des tumeurs dentifiées, et qui m*a permis de constituer le groupe des odontômes; et j'ai lieu de croire que, lorsqu'un fait semblable se présentera de nouveau à l'observation, le caractère qui m'a induit en erreur sera précisément celui qui servira à établir un diagnostic exact.

Les odontômes dentifiés ont été plus d'une fois pris pour des exostoses ou pour des séquestres, non -seulement à cause de leur dureté, mais encore à cause des résultats fournis par l'exploration directe, faite au moyen du stylet. On n'a pas oublié, en effet, que ces tumeurs provoquent souvQpt la formation d'abcès ossifluents, avec fistules multiples ouvertes soit dans la bouche, soit à l'extérieur. Le stylet introduit dans ces ouvertures rencontre quelquefois des parties osseuses cariées ou ramollies par l'inflammation ; mais il pénètre en outre dans la cavité qui renferme l'odontôme, et y heurte la surface dure et éburnée de la tumeur. La mobilité de celle-ci a été plusieurs fois constatée à l'aide du stylet, ou même à l'aide da doigt, dans certains cas où la membrane gingivale, largement al- . cérée, laissait apercevoir, dans l'intérieur de la bouche, la surface de l'odoutômc. Ces caractères physiques, joints aux commémoratifs, doivent rendre tout à fait évident le diagnostic des odontômes dentifiés. S'il en a été autrement jusqu'ici, c'est parce que l'attention des chirurgiens n'avait pas encore été appelée sur ces tumeurs.

Traitement. — Les odontômes ne comportent d'autre traitement que l'extirpation, et ce que nous avons dit plus haut de la gravité des accidents qu'ils peuvent produire nous autorise à ajouter que ce traitement doit être appliqué le plus tôt possible.

La plupart des malades qui ont été opérés l'ont été par la résection de la partie correspondante du maxillaire, parce que l'on avait diagnostiqué une affection organique de l'os môme. Mais l'indication est tout autre maintenant que l'on sait que ces tumeurs sont étrangères au tissuosseux, qu'elles ne récidivent pas, et qu'elles sont contenues dans un kyste qui en rend l'énucléation facile. On doit donc se proposer de n'enlever que la tumeur, et de ne faire subir au tissu osseux que la perte de substance nécessaire pour pratiquer l'énucléation.

Cette méthode de l'énucléation, instituée par Dupuytrenpourle traitement des « corps fibreux » des mâchoires, qui ne sont qu'une variété d'odontômes, doit donc être étendue au traitement de tous les autres odontômes. Elle est toujours applicable aux odontômes du maxillaire supérieur. Lorsque la tumeur occupe la mâchoire

inférieure, il peut se faire que Tos dilaté, aminci, ou môme absorbé par places, n ait plus assez de résistance pour conserver sa continuité après l'énucléation, et alors la résection devient inévitable; mais il est rare que cette disposition puisse être constatée bien nettement avant l'opération. Le chirurgien doit donc se proposer, avant tout, de se borner à l'énucléation, mais se préparer toutefois, le cas échéant, à pratiquer la résection, et disposer son opération en vue de cette éventualité.

Le cas le plus simple est celui de l'odonlôme radiculaire, dont la couronne a fait éruption. D'une part, en effet, cette couronne donne prise aux instruments du dentiste, et, d'une autre part, la tumeur est toujours très-rapprochée du bord alvéolaire et contenue dans un alvéole trës-dilaté, d'où il ne parait pas très-difficile de l'extraire. Dans le cas communiqué à la Société de chirurgie par M. Maisonneuve, ce chirurgien, ayant constaté l'existence d'une tumeur maxillaire qu'il se proposait d'opérer, conseilla au malade de faire d'abord extraire une dent qui surmontait la tumeur. Le malade alla donc chez un dentiste, qui arracha la dent sans difficulté, et amena du même coup un odontdme radiculaire, gros comme une petite noix, qui faisait corps avec la dent et constituait toute la tumeur (1). Il est probable que l'ablation des odontdmes radiculaires ne sera pas toujours aussi simple ; mais 11 est probable aussi qu'on pourra toujours, soit en extirpant une ou deux dents voisines, soit en faisant subir au bord alvéolaire une petite perte de substance, extraire, sans délabrement notable et sans incision extérieure, les odontômes radiculaires. Si je me borne à dire que cela est probable, c'est parce que l'expérience fournie par un fait encore unique ne suffit pas pour établir une règle positive.

Les odontdmes entièrement renfermés dans l'épaisseur des mâchoires ne peuvent être extraits qu'à travers une large perte de substance de la paroi de leur kyste osseux. Ceux qui occupent la partie antérieure de la région des dents molaires peuvent être d'abord attaqués par la bouche, sans incision préalable ; mais le malade doit être prévenu que les incisions seront peut-être nécessaires, et que la résection même pourra devenir indispensable. Quant aux odontômes qui s'étendent jusqu'au niveau des dents molaires postérieurea, ils peuvent encore être extraits par la bouche, mais seulement lorsqu'ils sont complètement dentifiés, et que

(I) Su//, de la Soc. de chirurgie, 11 Juillet 18.S5, .t. VI, p. &0. — Forget, Mem, $ur ies anomalies dentaires, ParU, 1659, in-ft^, p. 37.

Texploration faite avec un stylet, à travers les fistules, a permis de constater la mobilité de la masse dentaire; ou encore lorsque celte masse, ayant ulcéré et perforé la gencive, fait dans la cavité buccale une saillie qui donne prise aux instruments. Mais, lorsqu*il n*y a ni ulcération ni fistules, la tumeur, dentiflée ou non, n'est pas assez mobile pour être enlevée à travers une simple incision de la gencive ; il faut donc la mettre à découvert en réséquant, dans toute son étendue, la paroi externe du kyste osseux, ce qui ne peut se faire qu'à l'aide d'une incision de la joue.

Cette incision, partant toujours de la commissure labiale, sera dirigée obliquement en haut s'il s'agit d'un odontôme du maxillaire supérieur. Si la tumeur occupe la mâchoire inférieure, le chirurgien taillera les chairs suivant l'un des procédés usités dans la résection partielle du corps de cet os.

La face externe de la tumeur étant mise à nu, on attaquera la paroi correspondante du kyste osseux à l'aide des instruments appropriés, et on l'excisera dans toute son étendue. Alors, suivant que la tumeur paraîtra plus ou moins énucléable, suivant qu^on trouvera au-dessous d'elle une partie osseuse capable ou non de maintenir la continuité de ros,onsc décidera pour l'énucléation ou pour la résection. Il est bien entendu que l'énucléation, pour être efficace, doit être complète, car, s'il fallait laisser en place la moindre parcelle d'un odontdme non dentifié, on s'exposerait à une récidive. Le meilleur moyen de conjurer cet accident consiste à enlever non-seulement la tumeur proprement dite, mais encore la paroi membraneuse qui l'entoure; pour cela on se servira d'une spatule, d'un grattoir, ou d'un de ces instruments mousses et recourbés, qu'on emploie dans les résections sous-périostées pour détacher le périoste. Celte précaution serait inutile si l'odontôme était entièrement denliûé, et surtout s'il était séparé de son kyste membraneux par une couche de pus.

§ s. — Historique.

Après avoir exposé les principaux résultats des recherches qui m'ont conduit à constituer sous le nom d'odontômes un nouveau groupe de tumeurs, je crois devoir indiquer les faits cl les notions dont je suis redevable à mes devanciers.

La science possédait déjà deux ordres de notions se rattachant d'une part aux odonldmes dentifiés, d'une autre part aux odon* tomes non dentifiés. Mais les observateurs, n'ayant établi aucun

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rapprochement entre ces deux catégories d'odontAmes, dont ils ne connaissaient pas la parenté, n'avaient pu ni expliquer la formation des premiei^, ni deviner l'évolution des autres, et n'avaient pu dès lors en donner que des descriptions insuffisantes.

Je parlerai d'abord des odontômes dentifiés. J'en ai trouvé plusieurs observations bien nettes dans les auteurs du dix-huitième siècle. La plus ancienne fut publiée par Fauchard dans un chapitre intitulé : Trois observations sur les excroissances pierreuses formées sur les dents ou dans leur voisinage (1). J'ai déjà indiqué ce fait à propos de rétiologie des odontômes. En voici le résumé succinct : Un enfant de 4 ans se fit, en tombant de cheval, une contusion de la mâchoire inférieure du côté droit. Un abcès se forma en ce point et se cicatrisa bientôt, sans autre complication. Vers l'âge de 7 ans, une tumeur dure et indolente se développa graduellement sur la partie correspondante du maxillaire. Cette tumeur continuant à croître, on essaya d'en arrêter les progrès en pratiquant l'ablation de plusieurs dents adjacentes: mais cela ne produisit aucune amélioration. Il ne survint aucune complication jusqu'à l'âge de i6 ans, époque où un abcès se forma sur la partie postérieure de la tumeur. Cet abcès s'ouvrit dans la bouche et ne se cicatrisa pas. En même temps, la joue devint le siège d'une tuméfaction inflammatoire sur laquelle on pratiqua d'abord une incision, puis une seconde, puis une incision cruciale, suivie de plusieurs cautérisations au fer rouge. Le malade, las de ce traitement qui avait duré dix-huit mois et qui n'avait fait qu'aggraver sa position, finit par congédier son chirurgien ; mais, cinq ans plus tai'U, il s'adressa au dentiste Carméline, qui trouva dans la bouche une tumeur volumineuse, dure, irrégulière, peu adhérente, et qui en pratiqua l'extraction sans aucune difficulté. Les accidents se dissipèrent promptement, mais il resta à la partie inférieure de la joue un trou qui communiquait avec la bouche, et par où s'écoulaient la salive et les aliments. Fauchard fit représenter la pièce en grandeur naturelle dans la 4* planche de son ouvrage (9); malgré l'imperfection de la gravure, il est facile d'y reconnaître les caractères d'un odontôme dentifié, et tous les détails de l'observation confirment ce diagnostic rétrospectif. Mais Fauchard ne pouvait soupçonner la nature de cette affection. — Le titre d^excroissance pierreuse, placé en tète du chapitre, l'expression de corps pierreux, qui se trouve dans le texte,

(1) Fauchard, Le Chirurgien-dentiste, 3* éd., Paris, 1786, iQ-13, t. I, p. 397 (La !>• éd. est de 1138).

(T) Même folume, p. 336, pitoche IV.

celle i^époulis pétrifié^ qui figure dans l'explicalion de la planche* pourraient l'aire croire qu'il considérait la tumeur comme un dépôt inorganique ; et ce qui semble appuyer encore cette interprétation, c'estquelatroisièmeobservationduchapitreestrelative effectivement à une énorme masse de tartre déposée sur Tune des molaires d'une femme très-âgée; — mais, au moment de conclure, Fauchard se rattacha à une autre opinion. « Ce n'est pas, dit-il, une matière n tartreuse, mais bien plutôt un suc osseux qui s'est échappé de la c substance de l'os même, par la rupture de quelques fibres av « seuses, à peu près comme il arrive dans la formation des exos- « toses. » Il résulte de ce passage que l'auteur, après avoir tant soit peu hésité, avaitflniparconsidérer la tumeur comme une production osseuse. Depuis lors, et jusqu'à une époque toute récente, lesodontômes dentifiés ont été décrits le plus souventcomme des exostoscs des os maxillaires. Cette confusion était difficile à éviter, puisqu'on ne possédait alors aucun moyen propre à faire reconnaître les tissus dentaires. Le microscope était encore inusité, et la chimie n'était pas assez avancée pour donner des réponses décisives. L'analyse chimique, loin de conduire à la découverte de la vérité, contribua même à entretenir la confusion. Dans un cas, d'ailleurs fort remarquable, qui fut communiqué par Morelot à l'Académie royale de chirurgie, et qui fut publié par Bordenave dans son mémoire sur lesexostoses delà mâchoire inférieure (i), le diagnostic d'une exostose, admis par Morelot, fut d'abord contesté par les commissaires de l'Académie, parce que la tumeur n'avait aucune continuité avec le tissu de l'os maxillaire. Mais l'analyse chimique, faite par Tenon, ayant établi que la masse morbide se composait, comme les os ordinaires, d'une substance inorganique soluble dans a l'acide nitreux )) et d'une substance organique « semblable à bien des égards au parenchyme des os, » Bordenave admit que la tumeur était K une concrétion produite par l'épanchemcnt des sucs osseux après une maladie des dents et de l'os maxillaire. »

Ce fut ainsi que, malgré leur parfait isolement, et malgré la nature toute spéciale des accidents qu'ils produisaient, les odontômes dentifiés furent maintenus dans la classe des exostoses. Lorsque la tumeur était surmontée d'une couronne dentaire bien manifeste, comme cela a lieu dans les odontômes coronaires radiculaires, lorsqu'il était évident qu'elle était étrangère à l'os maxillaire, et qu'elle était née sur la dent même, on était bien obligé de recon*

U) Mém. de VAcûd. de chirurgie, t. V, p. 3S3-3&5 et pi. XI, Paris, 1774, in-4.

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naître que ce n'était pas une exostose ordinaire, mais on supposait toujours que la masse morbide était constituée par du tissu osseux. Le premier auteur qui ait reconnu la nature dentaire et Torigine, sinon la vérilable cause d'un odontôme dentifié, est mon vénérable collègue de l'Académie de médecine, M. Oudet. En i809, pendant son internat à THôtel-Dieu, il constata, chez un homme de 25 à 30 ans, entré dans le service de Pelletan pour une fracture de la clavicule» l'existence d'une tumeur mamelonnée, dure et comme pierreuse, qui faisait saillie dans la bouche à la place des petites molaires droites du maxillaire inférieur. Il pratiqua avec le pélican et le davier l'extraction de cette masse irrégulière, et reconnut qu'elle était formée par la réunion d'un grand nombre de mamelons inégaux, recouverts d'émail et semblables à des couronnes incomplètes de canines et d'incisives. Une autre tumeur de même apparence existait du côté opposé, mais le malade ne voulut pas se soumettre à une seconde opération. En communiquant plus tard ce fait remarquable à la Société de la Faculté de médecine, M. Oudet émit l'opinion que o la tumeur paraissait avoir été pro- « duite parle développement et la réunion aussi extraordinaire que « monstrueuse de plusieurs germes de dents incisives et cania nés (i). » Cette pièce sera décrite et représentée plus loin; on verra qu'il s'agit d'un odontôme odontoplastique, avec multiplication des bulbes dentaires ; mais, si nous n'adoptons pas l'explication donnée par M. Oudet^ il est juste de reconnaître qu'il a eu le mérite de rapporter l'origine de cet odontôme aux périodes odontogéniques, et d'attribuer à un développement monstrueux des bulbes dentaires tine lésion qui avait été confondue jusque-là avec les exostoses de la mâchoire.

A l'époque où le fait de M. Oudet fut publié, le créateur de la~ philosophie anatomique, Etienne GeoCTroy-Saint-Hilaire, exécutait ses grands travaux sur l'unité de composition organique, et s'efforçait en particulier de ramener à un type uniforme tous les appareils dentaires des mammifères et même des oiseaux. Pour passer des dents simples de l'homme aux dents composées de l'éléphant, et de celles-ci au bec des oiseaux, il lui suffisait d'admettre la fusion de plus en plus intime et complète des germes dentaires, et, pour montrer la po;îsibilité de cette fusion, il empruntait à d'anciens auteurs des histoires comme celle du roi Pyrrhus, dont toutes les

(I) Voir le rapport de Duval et Hip. Qoquet, dans les Builetins de la Faculté de médecine, 18)1, t. VU, p. SCS.

dents supérieures, au dire de Piutarque, ne formaient qu'on os continu. Il aurait préféré, sans doute, des observations plus modernes et plus authentiques; et on juge, d'après cela, de Tempressement qu'il mit à étudier la pièce de M. Oudet. 11 n'hésita pas à admettre que ce « bloc monstrueux i était constitué par la fusion de plusieurs dents, et ajouta que c'était o la répétition parfaite» de la disposition de la dernière molaire supérieure des cochons (1).

Cette théorie illusoire eut du moins l'avantage de le conduire à chercher, dans la pathologie comparée, des cas de monstruosités dentaires que nous pouvons utiliser aujourd'hui dans la description des odontômes. Sur une dent de cheval, large de iO centimètres, il compta jusqu'à 80 mamelons « annonçant autant d'éléments den- « taires. -— 11 sont accumulés en tous sens; c'est une confusion (( inextricable (2). » Pour nous, ce cas remarquable est un exemple d'odontôme odontoplastique dentifié avec multiplication des bulbes(3).Une autre pièce, préparée comme la précédente par M. Emmanuel Rousseau, et provenant de la mâchoire supérieure d'un cheval de 3 ans, présenta sur sa coupe des stratifications «de lames «épaisses, denses, et réellement ébumées. » C'était un bel exemple d'odontôme coronaire (4).

Ces faits importants, consignés dans un mémoire d'anatomîe transcendante, et mariés d'ailleurs à une théorie fort contestable, n'attirèrent pas l'attention des chirurgiens, et ne firent faire aucun progrès à la question. Il manquait d'ailleurs à la description de ces productions ostéoïdes un élément essentiel, c'était la détermination de leur structure. On les avait confondues jusque-là avec des exostoses, et, pour introduire une autre interprétation, il fallait le secours du microscope. J'ai lieu de croire que personne n'avait étudié la structure microscopique d'un odontôme dentifié, avant M. Cari

(1) Et. Geoflroy-Saint-Hilaire , Système dentaire des mammifères et des oiseaux,etc, V partie (la 3* partie n*a pas para), Paris, 1821. Br. in-8 avec une planche, p. 33, et dans TAppendix Dote 9, p. 77 et suiv. et pi. I, fig. 18.

(i) Loc. cit,^ p. 70.

(3) L'auteur se proposait de Taire représenter cette pièce sur une planche qui devait accompagner la seconde partie, et qui ne fut pas publiée. Mais U. Emmanuel Rousseau a donné dans son tnâiéà^Anatomie comparée des systèmes dentaires (pi. XXVI, flg. î)i une figure de cet odontôme.

(4) On peut s'en assurer sur la pièce, qui se trouve actuellement au Mu8éttmd*hiat«ire naturelle dans la galerie d'anatomio comparée, salle 4 du M' étage, n* 1324. Cost la 4* molaire supérieure qui est le siège de la tumeur. Une partie de la ooorooae de cette dent a fait éruption et a été usée par la mastication , mais la partie remptsoàe ptf Todontôme est restée incluse dans Toa maxillaire.

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Wed], auleur d'une histologie pathologique, publiée à Vienne en iH53. Je ne connais cet ouvrage que par la traduction anglaise de M. Busk, publiée à Londres, en 1855, par la Société Sydenham. A la page 520, entre la description des couches cémenlaires stratifiées qui se déposent si fréquemment sur les racines, et celle des lésions microscopiques de la carie, se trouve l'observation d'une tumeur maxillaire, développée dans la région de la dent de sagesse droite, et extraite sans difficulté par le docteur Jarisch. Une figure intercalée dans le texte prouve manifestement qu'il s'agit d'un odontôme odontoplastique. A l'œil nu, on distinguait déjà, à la surface de la tumeur, des parties couvertes d'émail, et d'autres parties qui offraient l'apparence de l'ivoire. Une coupe montra que des traînées d'étnail se prolongeaient irrégulièrement dans l'épaisseur de la tumeur au milieu de la masse d'ivoire. L'existence de ces deux tissus dentaires fut en outre constatée par l'examen microscopique. M. Wedl conclut en disant : « La formation de celte dent ne peut « être attribuée qu'à un vitium primœconformatùmùj consistant dans « le développement de nombreuses protrusions papillaires sur ce a que M. KôUiker appelle l'organe de l'émail {organon adamantinœ)^ « protrusions adaptées à desprotrusionscorrespondantes delà pulpe a dentaire. Mais ces papilles de nouvelle formation n'avaient pas t de racines (1). »

L'expression de vitium primœ conformationis prouve évidemment que M. Wedl a entrevu l'origine de cette tumeur dentaire, mais prouve en même temps qu'il n'en a pas connu le mode de formation. Ce qui produit les odontômes, ce n'est pas, en effet, un vice de conformation primordial, mais une déformation consécutive à une maladie de la pulpe, et, quant à IVorgane de l'émail que l'auteur a paru considérer comme le point de départ de la lésion, nous pouvons dire aujourd'hui qu'il n'avait été atteint que secondairement, par suite d'une maladie primitive de la pulpe.

Cette observation était tout à fait inconnue en France, lorsque M. Porget présenta à la Société de chirurgie, le 11 juillet 1855, ime pièce qui est déposée aujourd'hui dans le musée Dupuytren, et qui peut être citée comme un des types les plus remarquables des odontômes dentifiés : a Est-ce là, disait-il, une exostose qui, déve- « loppée dans le centre de l'os, a déjeté et refoulé les dents et « chassé les bulbes? Est-ce une exostose de la racine même des

(I) Cari Wedl, Pathoiagisché Histologie, trad. angloite intUalée Rudiments of PatMogkat Histologie, Uod., 18&5, un vol. ia-S, p. 2&0-2&3«

« dents?» Dans le doute, M. Forget demandait l'avis de la Société (i). Deux membres seulement lui répondirent : M. Houel admit qu'il s'agissait d'une exostose éburnée, semblable à celles qui se forment quelquefois dans le sinus frontal et dans le sinus maxillaire; mais M. Maisonneuve qui, par une singulière coïncidence, avait apporté, ce jour -là môme, pour le montrer à la Société, un odontôme radiculaire qu'il considérait comme un'e dent exostosée, émit l'avis que la tumeur de M. Forget était également «une véritable exostose de la substance dentaire. » Je cite ces opinions pour montrer où en étaient alors parmi nous les connaissances des chirurgiens sur la nature des odontômes dentiflés. On admettait sans contestation que c'étaient des exostoses, c'est-à-dire des tumeurs formées de tissu osseux. On se demandait seulement si ces exostoses provenaient des dents elles«mèmes, ou de l'os environnant. La question n'ayant pas été résolue, M. Forget porta sa pièce à M. Robin, qui rétudia au microscope, et constata que c'était une masse d'ivoire, renfermant en outre, soit à sa surface, soit dans son épaisseur, de nombreuses traînées d'émail (2). Il était évident, dès lors, que la tumeur ne pouvait provenir de l'os maxillaire, qu'elle dépendait exclusivement de l'appareil dentaire et qu'elle avait pris naissance dans les follicules, pendant les périodes odontogéniques.

Telle fut l'opinion de M. Robin et surtout de M. Forget qui, ayant eu l'occasion d'examiner plusieurs autres tumeurs osseuses ou ossiformes des mâchoires provenant de l'homme ou du cheval, publia, en 1859, un mémoire où toutes ces pièces furent décrites et figurées en môme temps que la précédente (3). J'ai retrouvé, soit dans le musée Dupuytren, soit dans le musée de l'École d'AIfort, la plupart de ces pièces ; je les ai soumises à l'examen microsco* pique, et j'ai pu m'assurer que ce sont de véritables odontômes, mais des odontômes principalement ou exclusivement cémentaires, les uns coronaires (4), les autres radiculaires , et différant dès lors

(() Bulletins de la Soc, de chirurgie, %*• série, t. VI, p. 5S-&9.

(2) H. Robin crut en outre trouver dans cette tumeur uoe certaine quantité de céoMot caractérisé par la présence des corpuscules osseux. Mais j'ai étudié la même pièce arec le plus grand soin, et Je crois pouyoir affirmer qu'elle ne renferme point de cément. Oa y trouve seulement, dans les points où l'ifoire aboutit à I*émail, ces caTÎtéa ooiritres« irrégnlières, étroites, branchoes, dont J*ai signalé plus haut l*etistence dans les deots normales, à la terminaison de l'ivoire, et qui, au dire des obserrateors les plus compétents, ont la plus grande ressemblance avec les corpuscules osseux. (Vùf. plus haat p. 285, texte et note. Voy. aussi p. 203, flg. 12).

(3) A. Forget, Des anomalies dentaires et de leur influence sur la prodmUon des maladies des os maxillaires, Paris, 18S9, in-4, avec planches.

(4) Los pièces d'odontOme coronaires cémentaires proviennent toutes de l'espèce dn

HISTORIQUE. — ODOMTOMES OENTIFIÉS. 323

assez notablement, par leur aspect aussi bien que par leur structure, de la première pièce de M. Forget. Je m'explique ainsi comment, au lieu de réunir toutes ces pièces en un seul groupe, M. Forget a cherché an contraire à établir entre elles des différences.

Suivant lui, la première tumeur, celle qu'il avait présentée à la Société de chirurgie, et qui renfermait de l'ivoire et de Témail, était due à une affection primitive des bulbes dentaires, c à Tagrégation « morbide originelle des divers éléments dentaires », tandis que les autres tumeurs étaient dues seulement a à l'hypertrophie secondaire « d'un ou plusieursde ces mômes éléments(l). » End'autres termes, la première était la conséquence d'un accident de formation, et les autres d'un accident de nutrition, survenant après la formation des tissus dentaires.

Cette distinction ne pourra être admise si l'on songe que les tissas dentaires, n'étant ni vasculaires ni expansibles, ne sont pas . susceptibles de subir une hypertrophie véritable. Cela n'a pas be* soin d'être démoiftré pour Tivoire et pour l'émail. Quant au cément, il peut croître en épaisseur par juxtaposition de nouvelles couches à sa surface; cela a lieu surtout lorsque la dent est cariée, et il peut même en résulter de petites excroissances entourant et surmontant les racines; mais ces productions cémentaires, qui ne sont pas des hypertrophies, affectent une disposition stratifiée, et ne ressemblent en aucune façon aux odontômes cémentaires, qui s'en distinguent d'ailleurs par leur volume relativement énorme, et par la déformation, toujours considérable, de la dent. Les tumeurs attribuées par M. Forget à l'hypertrophie secondaire des tissus dentaires ne diffèrent donc pas, quant à leur origine, de celles qu'il considère à juste titre comme nées pendant les périodes odontogéniques.

Cherchant à déterminer le mode de formation de ces dernières tumeurs, il admet qu'elles sont dues à l'hypersécrétion des sucs nutritifs fournis, à l'état normal, par « les éléments dont la réunion « constitue le bulbe, ou capsule odontogène. » Parmi ces éléments, il fait jouer un rôle prépondérant a à la membrane désignée par tt la plupart des anatomistes sous le nom de périoste alvéoto-den-

ci taire» c Ainsi s'expliquerait, dit-il, par l'activité morbide de

« l'organe sécréteur, la production anormale de l'ivoire, qui se a trouve surtout au centre de l'agrégat pathologique, et celle de la

cbet al. On sait que les dents da cheval possèdent un cément coronsirc. Cliei l'homme, ma eoDtraire, le cément n'existe qoe sur les racines, et les odontômes cémentaires sont tons ndicnlaires.

(1) Forget» iœ, a'/., p. 26.

tt matière osseuse, ou cément, très-abondant à la circonférence (i). » Il résulte de ces passages, et surtout de Tensemble de l'exposé de l'auteur, que, dans sa pensée, la production accidentelle avait été constituée dès Torigine à Télat de tumeur denliflée, qu'en d'autres termes, les sucs hypersécrétés s'étaient d'emblée organisés en tissus dentaires. Cette théorie n'est pas conciliable avec les faits de l'odontogénie. La dentiûcation n'est et ne peut être que le dernier terme d'une évolution bistologique compliquée, qui nécessite l'intervention d'éléments et de tissus transitoires, et ne peut se réduire» en aucun cas, à l'organisation pure et simple d'un blastème. On sait d'ailleurs que, si la paroi du follicule peut, à un moment donné, et dans un point déterminé, devenir l'agent de la production du cément, cette membrane est tout à fait étrangère à la production de l'ivoire et de l'émail, qui sont les tissus dentaires par excellence. 11 serait facile de multiplier les objections, mais cela n'est pas nécessaire. Si Ton songe que les odontômes dentifiés sont formés de tissus très-durs, invasculaires, incapables de s'hypertrophier ou de s'accroître par eux-mêmes, et que ces tumeurs sont toujours bien plus volumineuses que les follicules où elles prennent naissance, oo comprendra aisément que l'apparition des tissus dentaires qui les composent a dû nécessairement être précédée de la formation d'une tumeur molle, vasculaire, constituée par l'hypergénèse des éléments d'un bulbe dentaire, tumeur qui ne s'est dentifiée qu'après avoir acquis tout son volume. En d'autres termes, l'odontôme dentifié n'est que le dernier terme de l'évolution d'une production accidentelle qui joue, par rapport à la masse dentaire pathologique, le rôle des bulbes normaux par rapport aux dents normales. Cette proposition, que je crois avoir énoncée le premier, aurait pu sans doute se dégager de considérations purement théoriques; mais elle ne pouvait reposer avec certitude que sur la comparaison des odontômes dentifiés avec les odontômes en voie de dentiflcation et avec les odontômes non dentifiés.

J'exposerai donc maintenant l'historique de ces derniers odontômes. Il sera plus court que le précédent, car je n'ai trouvé, dans les écrits antérieurs à notre siècle, aucun texte, aucune observa* tion, tendant à établir des distinctions entre les diverses espèces de tumeurs molles ou charnues des mâchoires. Toutes ces tumeurs étaient confondues sous le nom d'ostéosarcômes; on ne supposait

(1) Loc, cit., p. 20. J*ai dit plus baat, daot la note de la page 323, qn*U n*y a pu de véritable cément dus la pièce dont il est ici question.

HISTORIQUE. — ODONTOMES NON DENTIFIÉS. 325

pas qu'il pût y avoir la moindre différence entre elles et les ostéosarcômes des autres os, et les descriptions qu'on en donnait étaient tellement peu précises, qu'il nous est impossible de les interpréter après coup.

Dupuy tren est le premier auteur qui ait séparé des ostéosarcômes certaines tumeurs maxillaires enkystées, énucléables et bénignes. Il eut le mérite d'en déterminer le diagnostic et de montrer qu'on pouvait les guérir radicalement par simple énucléation (i). Mais il était tellement loin d'en soupçonner la nature, qu'il attribua, un jour, la cause d'une de ces tumeurs enkystées, « dont la formatiqn t paraissait avoir été déterminée par l'extraction incomplète d'une t dent cariée », à l'introduction de « quelques parcelles animales a d'aliment, qui avaient pénétré dans le kyste par l'alvéole de la c dent arrachée (S). > Cette explication eut du succès, et M développée et généralisée, en 1840, par M, Forget, qui montra comment l'alvéole pouvait se resserrer, puis se refermer entièrement sur le fragment de bol alimentaire déposé dans sa cavité, de manière à constituer un kyste, — mais qui voulut bien reconnaître toutefois que c cette cause était insuffisante pour expliquer la forc mation des produits fibreux, qui constituent la majeure partie des « kystes solides. Reconnaissons pour eux, ajouta-t-il, une prédis- « position insaisissable sans doute dans sa nature, mais appréciable « dans ses effets qui, sous quelques rapports, ont une certaine res* € semblance avec ceux des tumeurs sarcomateuses proprement « dites (3). » Je cite ces passages pour montrer que les bulbes dentaires n'étaient nullement en cause.

(I) Dapuytren, Des kystes qui se développent dans V épaisseur des os et de leurs différentes espèces^ dtDS ses Leçons orales recneillies par uoe société dé médedot, PvM, 1832-1834, ia-8, t. III, p. t-26. Le signe do la crépiuUoo particulière oonnae sous le nom de sensation de paretiemin n*a pas toate la valour que Dupuytrea lai auribasît dans le diagnostic, poisqa*il s'obserre dans des affections très-di?erses. Ce signe afall d'ailleurs été constaté en I8i7 par Astlejr Cooper cliei une malade vÉUsabeUi Hall) atteinte de tamear cartilagineuse de la m&clioire , et publié Tannée saivante dans le mémoire de oe chirargien sur les exostoses (A. Goopor, Œuvres chirurgicales^ trad. fr., Paris, 1837, gr. in-8, obs. 648, p. 603). « €e retour, dit- il, se faisait par an mouvement bnisqoe et sec, comme si les parois eoseent été en parchemin, » Ajoutons que A. Cooper opéra sa malade par éoflcléatioa* Dapoytrcn avait pratiqué dès 1813 l*énucléation d'un « corps fibreux » de la mâchoire ebes au Jeune homme qui fait le sujet de Tobsenr. V, de son mémoire sar les kystes osseux {loc, nV., p. 17), mais ee fait ne ftit publié qo*en 1833, tandis qoo celui d*A. Cooper fut publié en 1818.

(î) Lfçyns orales^ loc. ci/., p. 10,

(3) Amédée Forget, Recherchés sur les kystes des os maxillaires et leur traitement, th. Inaug., Paris, 1840, in-4, p. 9.

Je mentionnerai encore une pièce présentée en décembre 1856, à la Société anatomique, par M.Eug. Nélaton, leneveo, et alors l'interne du professeur de ThApital des Cliniques. Cette pièce compliquée (qui forme pour moi une curieuse transition entre les kjstes dentaires et les odontômes) consistait en une sorte de poche dont la paroi, fort épaisse en certains points, enkystait une substance molle formée de produits épithéliaux. Dans la partie la plus épaisse de la paroi existaient huit cordons ou corps cylindroldes, épanouis comme une sorte de bouquet, et dérivant tous d*un pédicule com* mun; plusieurs renfermaient de petites concrétions ossiformes, et, en outre; trois d'entre eux se continuaient avec la racine d'une dent canine bien conformée, entièrement ensevelie dans l'épaisseur de la paroi. M. Eugène Nélaton, admettant avec raison qa'il s'agissait d'un kyste formé dans un follicule dentaire, supposa que ces huit corps cylindroïdes étaient autant de petits follicules dentaires de formation nouvelle, développés autour du précédent, et constituant probablement «un cas de dentition multiple dans un « même alvéole (i) ». Cette interprétation, présentée d'ailleurs sous forme dubitative, ne me semble pas acceptable; les connexions des corps cylindroïdes entre eux, et avec la racine de la dent canine, prouvent que ce n'étaient pas des follicules multiples, mais seulement des bulbes résultant de l'hypertrophie d'un bulbe normal, et de sa subdivision en huit bulbes secondaires. Il n'en est pas moins certain que M. Eug. Nélaton a eu l'avantage de constater pour la première fois la présence des tissus transitoires de la dent dans une production accidentelle. Il y avait encore loin de làù la découverte des odontômes, mais on reconnaîtra qu'il était difficile de faire cette découverte sur une pièce qui n'était pas un odontome véritable.

Nous arrivons maintenant à la première observation bien positive d'odontôme non dentifié. —Au mois de juillet 1859, M. Letenneur, membre correspondant de la Société de chirurgie à Nantes, pratiqua, sur un enfant de douze ans, l'énucléation d'une énorme tumeur de la mâchoire inférieure. Celte tumeur lui parut fibreuse; mais les rapports singuliers qu'elle affectait avec l'appareil de la dentition la distinguaient manifestement des fibromes ordinaires, et M. Letenneur fut ainsi conduit à la considérer comme la conséquence d'une maladie « des organes alvéolo-dentaires » ; c'est ce que prouve le titre de l'observation qu'il adressa, avec la pièce, à la So-

(t) BiMetim âtt h Société anatomique, 2« série, t. I, p. 481M91 (t8&G.)

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ciété de chirurgie, par Tintermédiaire de M. Forget. Voici le titre, tel qu'il a été publié dans la séance du il août 1859 : Tumeur fihreusede la mâchoire inférieure due au développement pathologique des organes alvéolo-dentaires ; hypertrophie considérable de ces organes ; hy^ pérostose et séquestration des alvéoles (t). Ce diagnostic, établi par M. Letenneur d'après l'examen à l'œil nu, fut bientôt confirmé par l'étude microscopique. Avant de présenter la pièce à la Société de chirurgie, M. Forget pria M. Robin de l'examiner, et celui-ci lui remit une note abrégée, qui fut publiée dans le procès-verbal de la séance du 24 août (^). Mais, la veille de ce jour, M. Robin avait lu à l'Académie de médecine une note plus étendue, intitulée : Sur une variété particulière de tumeur provenant des follicules dentaires (3).

« Il s'agit, disait-ii, d'une tumeur qui, examinée simplement à c l'œil nu, serait déterminée comme étant une tumeur fibreuse ora dinaire; d'une tumeur qui, étudiée par un anatomiste qui ne con- <i naîtrait point les modifications fœtales successives des tissus des <i bulbes dentaires et de l'organe de l'émail, serait considérée « comme une tumeur fibroplastique proprement dite. » Mais M. Ro^ bin préparait déjà le grand mémoire qu'il publia l'année suivante, avec M. Magitot, sur la genèse et le développement des follicules dentaires; toutes les phases du développement des bulbes lui étaient familières, et il lui fut facile de constater que la structure de cette tumeur était identique avec celle que présentent les bulbes avant la dentiflcation. Plusieurs dents de la seconde dentition, irrégulièrement englobées dans la tumeur, rendaient ce diagnostic certain ; mais deux fois déjà, avant cette époque, M.Robin avait eu l'occasion d'étudier des tumeurs de môme structure, qu'il avait considérées comme des bulbes dentaires hypertrophiés, quoiqu'elles fussent sans connexion apparente avec les organes dentaires, et quoique la détermination de leur origine ne reposât que sur la nature de leur tissu (4).

En comparant cette note avec les réflexions soumises par M. For* get à la Société de chirurgie, à la suite de l'observation de M. Letenneur, onarrive à reconnaltreque M . Letenneur et M. Forget n'ont fait qu'entrevoir un fait que M. Robin a nettement déterminé.

(t) Buli€tintde ta Société de chirurgie, r« série, t. X, p. 48, 17 août 1869.

(2) £oe.et/., p. 60.

(8) Buttetifu de V Académie impériale de médecine, t XXIV, p. 120& (séance du 28 août I8S0).

(4| Ibid, p. l?10. ^ Get deux tumeurt, eolerées Tune et Pauire par H. Nélaton, ont été décrites par M. RoUa dans an roéinoire ultérieur.

M. Letenneur a attribué la formation de la tumeur à une hypertrophie des éléments fibreux desorgaues alvéolo-dentaires, et H. Forjet à une «transformation bypertrophique des éléments Qbreuz qui centrent dans la composition des organes alvéolo-dentaires(i)i, tandis que M. Robin, spécifiant davantage, n'a mis en cause que les bulbes dentaires, et a découvert, par conséquent, le véritable siège de raffection. N'oublions pas d'ailleurs les deux faits que M. Robin avait observés antérieurement. S'il n'a fait que les mentionner dans sa note à l'Académie, il les a depuis lors exposés avec plus de détails devant la Société de biologie, dans son mémoire sur une espèce de tumeur formée aux dépens du tùsu des bulbes dentaires (3). La première partie de cet important travail est consacrée à l'étude des bulbes dentaires; on y trouve en particulier la description des petits amas de substances calcaires qui apparaissent dans le tissu de la pulpe, vers le début de la dentification, et que j'ai désignés plus haut sous le nom de grains deniimires. Ces petits corps, déjà vus par Perkinje et par Raschkow chez divers animaux, et par Henle chez rhomme adulte, avaient jusqu'alors paru à peu près insignifiants. M. Robin les a décrits plus complètement, a déterminé l'époque de leur apparition, montré qu'ils existaient constamment i tous les âges dans la pulpe dentaire, et enfin les a retrouvés en quantité innombrable dans certaines tumeurs des bulbes. Après avoir ainsi donné une base anatomique précise à l'étude de la question pathologique, M. Robin a consacré la seconde partie de son mémoire à la description des « tumeurs auxquelles donne naissance le tissu des bulbes dentaires». Cette description repose seulement sur l'étude de la pièce de M. Letenneur, et de deux autres pièces plus anciennes provenant de la clinique de M. Nélaton. Avec des matériaux aussi restreints, M. Robin ne pouvait donner une description complète des tumeurs des bulbes dentaires, mais déjà pourtant il pouvait en déterminer deux variétés, semblables par leur origine et par leur nature, mais très-différentes par leur aspect extérieur, non moins que par leurs éléments accessoires. Ce qui était commun à ces deux variétés, ce qui permettait de les réunir en un seul groupe, c'était leur trame fondamentale tout à fait pareille à celle des bulbes dentaires; mais ce qui les différen-

(I) BuileUm de la Soc de chirurgie, 1859, t X, p. &9. — H. Forget a réimprimé depuis la note qu'il a communiquée à la Société de chirurgie, en y joignant une belle planche lithographiée, foy. Forgnt, Étude hùrtoiogique d'une tumeur fihtuse non décrite de ta mâchoire inférieure, Paris, 1S6I, broch., in-4.

(3) Mémoires de la Société de biologie, 1863, 3« série, t IV, p. 199-2)1.

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ciait, c'était la proportion relative des petites concrétions calcaires ou grains dentinaires , qui , rares et clair-semés dans les tumeurs de la première variété, comme ils le sont dans un bulbe normal, étaient au contraire si nombreux et si rapprochés dans les tumeurs de la seconde variété, qu'ils donnaient au tissu pathologique un aspect tout particulier, a comparable à celui d'une pomme de a terre ou de tout autre corps riche en fécule ».

Cette distinction était parfaitement fondée. M. Robin qui déjà, en 1855, avait reconnu l'existence des tissus dentaires définitifs dans l'odontôme odontoplastique dentifié de M. Forget, venait maintenant de découvrir les deux formes sous lesquelles se présen«tent les odontômes odontoplastiques non dentifiés. Il lui revient donc une large part dans ia découverte des odontômes. Mais ce qui lai a échappé, c'est Torigine commune, l'étroite parenté, la filiation des odontômes dentifiés et des odontômes non dentifiés. Au point où ses recherches avaient conduit la science, la découverte de cette parenté et de cette filiation était promise à celui qui aurait la bonne fortune d'étudier le premier un odontôme en voie de dentification. La pièce que j'ai présentée le 10 juin 1863 à la Société de chirurgie, et que j'ai soumise d'ailleurs à M. Robin, m'a permis d'étudier la dentification à son début dans un odontôme odontoplastique, et de constater , en outre, le phénomène de la multiplication des bulbes, qui explique la répartition singulière de l'iYoire et de l'émail dans les odontômes dentifiés.

J'ai ainsi été conduit à reconnaître que les odontômes dentifiés ne sont que le dernier terme de l'évolution de tumeurs primitivement molles, et constituées par l'hypergénèse des divers éléments des bulbes dentaires. Pour vérifier l'exactitude de cette théorie, j'ai cherché, soit dans les recueils d'observations, soit dans les musées, des faits plus ou moins analogues à ceux qui m'avaient fourni mon point de départ. J'en ai trouvé un certain nombre ; et tout d'abord, j'ai été frappé de la grande diversité de ces tumeurs, aussi variables par leur forme que par leur consistance et par leur structure. L'étude des phases successives de l'évolution des follicules dentaires m'a fourni l'explication de toutes ces particularités; mais, aa moment où je croyais toucher au but, une autre série de faits, empruntés à la pathologie vétérinaire, parut mettre en défaut mes premières conclusions. Les tumeurs dentaires si remarquables que possède le musée d'AIfort, et que la complaisance de mes amis, les professeurs Bouley et Goubaux, m'a permis d'étudier tout à mon aise, m'offraient une structure bien différente de celle que présen-

tent chez Thomme les termes correspondants de la série des odontomes. Les productions cémentaires en particulier y jouaient un rôle, et y occupaient une situation qui était tout à fait en contradiction avec les faits de l'odontogénie humaine, et quelquefois môme avec les notions d'odoutogénie consignées dans les traités d'anatomie vétérinaire. Mais une étude approfondie du développement des dents des herbivores a bientôt fait disparaître ces contradictions. Les faits de pathologie comparée, une fois interprétés, ont pleinement conflrmé la théorie qu'ils avaient d'abord paru ébranler, et la grande variété de leurs types m'a permis, en outre, de compléter la série des tumeurs qui se développent aux dépens des bulbes dentaires.

C'est ainsi que j'ai pu constituer le groupe des odonlômes, et le soumettre à une classification basée sur la succession des phases de l'évolution des follicules dentaires, classification que les faits ultérieurs rendront peut-être insuffisante, ou môme défectueuse à certains égards, mais dont les parties les plus essentielles pourront, je l'espère, être conservées.

Je me suis efforcé , dans cette esquisse historique , de faire une juste part aux travaux de mes devanciers, et je me plais à dire en terminant que, si mes propres recherches ont pu réaliser quelque progrès, j'en suis redevable en grande partie aux notions si précises d'odontogénie que MM. Robin etMagitot ont consignées dans leur grand mémoire sur la genèse et révolution des follicules dentaires.

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