‹ Traité des tumeurs (volume 2)Chapitre 83 sur 103 · II. il · texte numérisé non relu

II. il

338 PRINCIPALES VARIÉTÉS d'oDONTOMES.

ranimai, M. Leblanc trouva d'abord dans le kyste une masse ossiforme du volume d'un œuf, formée de deux lobes arrondis, et d'un troisième lobe irrégulier et anfractucux. Celte masse, complètement libre dans la cavité du kyste, paraissait la remplir presque entièrement; mais, après l'avoir enlevéç, on aperçut, tout au fond de cette cavité, dans le point le plus éloigné du bord alvéolaire, une dent canine très-rudimentaire implantée par sa base sur la paroi du kyste. Je décris ici la pièce d'après le dessin très-soigné que M. Forget a publié (I). On lit, il est vrai, dans le texte, qui est extrêmement court, que cette dent canine « offrait scn développement na- «turel (2) ; » mais je pense que M. Forget a voulu dire seulement par là qu'elle présentait l'apparence d'une dent, par opposition avec la tumeur ossiforme, qui ne ressemblait h aucun organe connu. Il sufflt, en effet, de jeter un coup d'œil sur la planche pour voir que celte dent, loin d'élre normalement développée, est tout à fait rudimentaire, qu'elle est incomparablement plus petite que les couronnes des incisives représentées sur le même dessin, qu'elle n'a pas de racine, qu'elle n'a ni la forme d'une canine complète, ni celle d'une canine en voie de formation, ni celle d'aucune autre dent complètement ou incomplètement développée. Disons donc que le kyste en question renfermait une masse ossiforme volumineuse, et un petit rudiment de dent, qui, d'après le siège de la tumeur, a dû être considéré comme représentant la dent canine.

La masse ossiforme a été examinée au microscope, et M. Robin a constaté que c'était une production exclusivement cémentaire. Quant à la dent adjacente, elle n'a pas été étudiée. M. Forget, considérant qu'elle était complètement isolée de la masse cémentaire. a admis que cette dernière était tout à fait indépendante de la dent, et que a sa formation et son accroissement étaient entièrement « étrangers aux opérations organiques auxquelles la dent doit son a développement (3)» , et il en a conclu qu'elle était due & une sécrétion de la membrane al vèolo- dentaire. Mais il n'a pas tenu compte de la différence qui existe entre l'odontogénie de l'homme et celle du cheval ; et s'il avait connu Texistence de l'organe du cément des herbivores pachydermes, c'est à cet organe, je n'en doute pas. qu'il aurait attribué, comme je le fais ici, la formation de la tumeur cémenlaire.

(1 ) Forget, Des anomaiies dentaires^ etc. , Paris, 1859, in-4«, planche U,tig. 5 et 6. (•2) Loc, c<V., p. 28.

(3) Loc, cit., p. 20.

ODONTOMES ODOMTOPLASTIQUES BULBAIRES. 339

J*aurais bien voulu pouvoir éludier moi-même cette pièce remarquable, que M. Forget avait rendue à M. Leblanc. Malheureusement M. Leblanc n'a pu la retrouver, et il esta craindre qu'elle ne soit perdue. Dans les cas analogues qui pourront se présenter plus tard, il sera important d'étudier avec soin la dent rudimentaire adjacente à l'odontôme cémentaire; j'ai lieu de croire, en effet, que cette dent, développée aux dépens d^un bulbe séparé de l'organe du cément, doit être privée de Técorce cémentaire qui entoure normalement les couronnes dentaires du cheval.

B. » Odontômes odontopiastiques bulbaires»

Je décrirai ces tumeurs d'après les pièces qui ont été recueillies chez l'homme (i). A Tépoque oh elles débutent, la couche corticale du bulbe possède déjà une rangée de cellules dentinaires qui tendent à produire de l'ivoire; et on trouve en outre, dans la couche la plus profonde de l'émail, une rangée continue de cellules spéciales qui tendent à produire de l'émail. La pulpe, très-vasculaire ne présente encore que des éléments fibroplasliques avec une petite quantité de tissu conjonctif, mais elle tend à produire ces petits amas globuleux de phosphate de chaux que nous désignons sous le nom de grains dentinaires, et qui s'y forment normalement lorsque la dentification s'effectue dans la couche corticale du bulbe.

Ainsi, quoiqu'il n'y ait encore dans le follicule que des parties tout à fait molles, les tissus qui doivent donner naissance à l'émail, à l'ivoire et aux grains dentinaires, sont déjà formés, et disposés à subir révolution qui produira les parties dures de la dent.

Cela posé, on conçoit que le travail d'hypertrophie qui enfante les odontômes puisse modiOer, ensemble ou isolément, les propriétés respectives des tissus que renferme le follicule dentaire. L'une ou l'autre de ces propriétés peut être augmentée, amoindrie, ou anéantie; et, suivant que la lésion aff^ecte plus particulièrement telle ou telle partie du bulbe, certains phénomènes de l'évolution ultérieure peuvent être accélérés ou exagérés, pendant que d'autres sont ralentis, atténués ou supprimés. Il en résulte que la production accidentelle, quoique toujours la même dans sa constitution primitive ou essentielle, peut présenter, dans son évolution uHé-

(1) Cette variété d*odontOroes existe aussi chez les herbivores, etj*ai déjà cité, p. 3?0, dans le texte» et dans la note 3, un cas d'odontôme odoDtoplastique bulbaire avec mnltiplicalion des bulbes ches le cheval. Mais on conçoit que J'aie dû emprunter de préférence à la pathologie humaine la description des Tnriétcs d*odont6incs qui s*obscrvent chez rhommc.

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rieure, des combinaisoQS très-diverses, et revôUr des formes trèsdissemblables.

Je ne connais aucune variété d'odontômes que Ton puisse attribuer à une maladie primitive de Torgane de l'émail, lequeU d'ailleurs, n'étant pas vasculaire, ne semble pas susceptible de s*hypertrophier isolément. J'en dirai autant de la rangée de cellules dentinaires qui caractérise la couche corticale du bulbe. Les troubles de nutrition dont cette couche et la précédente peuvent devenir le siège, ne sont que les effets consécutifs des ma\^dies de la pulpe, qui est la seule partie vasculaire du bulbe.

Les odontômes bulbaires sont donc constitués essentiellement par rhypertrophie de la pulpe. La pulpe, en s*hypertrophiant, refoule et comprime à la fois la couche corticale, qui engendre Tivoirc, et Torgane de Témail, qui produit Témail. Cette compression peut aller jusqu'à l'atrophie complète des deux agents principaux de la dentiûcation. L'organe de l'émail, n'ayant qu'une consistance gélatineuse, s'atrophie toujours le premier. La couche corticale du bulbe, douée d'une consistance et d'une vitalité plus grandes, résiste mieux que lui à la pression excentrique de la pulpe hypertrophiée. Toutes les fois qu'elle est détruite ou altérée au point de perdre sa propriété de dentification, l'organe de l'émail périt avec elle, ou môme avant elle, tandis qu'elle peut conserver sa structure et ses propriétés, dans beaucoup de cas où l'organe de l'émail est détruit. Il en résulte qu'on ne trouve jamais d'émail sans ivoire dans les odontômes dentiûés, et qu'il existe, au contraire, des odontômes composés d'une grande quantité d'ivoire sans aucune trace d'émail.

Lorsque l'organe de l'émail et la couche corticale du bulbe sont entièrement atrophiés, la tumeur ne peut devenir le siège d'une dentifîcation véritable. Mais la pulpe peut'conserver encore la propriété de produire des grains dentinaires, et cette propriété peut môme être exagérée. Ainsi s'explique la formation d'une variété toute spéciale d'odontômes odontoplasliques, variété qui a été découverte et parfaitement décrite par M. Robin. La tumeur alors présente la consistance d'un fibrome très-dur. Au microscope, on y découvre une trame fondamentale, fibreuse et fibro-plastique, tout à fait semblable au tissu normal de la pulpe, mais de plus on trouve, en quantité innombrable, au milieu de cette trame, des grains dentinaires tellement rapprochés les uns des autres, que la coupe de la tumeur présente la couleur et l'aspect Qnemenl granuleux de la coupe d'une pomme de terre. Celte ressemblance est due h la présence des grains dentinaires qui sont disposés comme le

ODONTOMES ODONTO PLASTIQUES A GRAINS DENTINAIRES. 341

soQt les grains de fécule dans le lissu de la ponnme de terre. La description de M. Robin repose sur l'étude de deux tunaeurs enlevées par M. Nélaton.

L'une de ces pièces est conservée dans le musée Dupuytren, n* 384, E. Je l'ai étudiée récemment au microscope. La macération prolongée dans l'alcool n'en a nullement modifié la structure et j'ai pu y constater tous les caractères indiqués par M. Robin. J'ajouterai seulement qu'il y a, au centre de cette tumeur, une cavité assez régulière, du volume d'une noisette, qui a été ouverte par la coupe et qui devait renfermer un liquide. La présence d'un kyste interstitiel, au centre d'une tumeur hypcrtrophique, n'a rien que de très-ordinaire, mais je signale ce fait, qui permet d'expliquer l'existence de certaines cavités qu'on rencontre quelquefois au milieu des odontômcs dentifiés.

Les odontômes odontoplastiques, caractérisés par la prédominance des grains dentinaires, peuvent-ils devenir le siège d'une deutification véritable? Je puis dire que celui que j'ai étudié dans le musée Dupuytren ne présente à sa surface aucune trace des cellules dentinaires, ni des cellules de l'émail; cette tumeur ne pouvait donc pas se dentifier. J'ajoute que la multiplication des grains dentinaires donne à la tumeur une dureté très-grande, qui parait de nature à déterminer constamment l'atrophie de la couche corticale du bulbe, et, à plus forte raison, celle de Torgane de l'émail.

Lorsque les grains dentinaires ne sont pas plus nombreux dans la pulpe hypertrophiée qu'ils ne le sont dans une pulpe normale, la tumeur ne présente plus l'aspect solanoîde, et ressemble soit à un flbrôme,soit à une tumeur fibroplastique. Dans le premier cas, elle peut encore devenir assez dure pour déterminer l'atrophie des Touches odontogènes, et pour rendre la dentificalion impossible. Mais, dans le second cas, la masse morbide, beaucoup plus molle, respecte ordinairement, en tout ou en partie, les cellules dentinaires de la couche corticale du bulbe, et souvent même la rangée plus molle et plus superficielle des cellules de l'organe de l'émail, conditions qui permettent à la tumeur de se dentifier plus tard plus ou moins complètement, en constituant une ou plusieurs masses composées, suivant les cas, d'ivoire seulement, ou d'ivoire et d'émail.

Les phénomènes de cette denlification ne diffèrent pasessentiellement de ceux de la denlification normale. L'ivoire se produit aux dépens des cellules dentinaires, en constituant d'abord de petits chapeaux de dentine, qui gagnent ensuite en surface et en épaisseur, comme cela a lieu sur les bulbes sains. LYmail se forme à

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son tour peu à peu, partout où les chapeaux de dentine sont recouverts d'une couche de cellules de rémail. Mais les conditions créées par Tétat pathologique donnent à ces produclions dentaires des formes et des dispositions qui s'écartent considérablement du type des dents normales.

La pulpe, en s'hypertrophiant, peut conserver des contours arrondis et une surface presque lisse ; si un pareil odontôme venait à se dentifier, il en résulterait sans doute une boule dentaire unie et même polie, dont l'écorce serait constituée, comme celle de la couronne d'une dent, par une couche d'émail plus ou moins régulièrement appliquée sur une masse centrale d'ivoire. Ce résultat parait possible, mais je ne l'ai pas encore observé. Il y a même quelque raison de croire que, lorsque la pulpe se développe sous la forme d'une tumeur globuleuse, la dentiOcation doit être fort compromise : l'expérience prouve, en effet, que les odontûmes de cette forme sont en général plus durs que les autres, ce qui expose les couches odontogènes à s'atrophier sous la compression.

Tous les odontômes odontoplastiques bulbaires que j'ai pu étudier pendant ou après la dentification, présentaient une surface irrégulière, inégale, mamelonnée, muriforme ou même végétante. Il est permis d'en conclure que la tumeur, avant la dentiOcation, présentait la même forme irrégulière. C'est ce qui était parfaitement évident sur l'odontôme en voie de dentification que j'ai eu l'occasion d'étudier (/?gr. i 4). L'hypertrophie de lapuJpe, s'effectuant d'une manière inégale, donne lieu à des saillies, à des mamelons, à des végétations, que séparent de profonds sillons, et qui peuvent devenir le siège de végétations secondaires, en donnant lieu à une apparence plus ou moins analogue à celle d'un chou-fleur. Cette disposition compliquée se produit d'autant plus facilement que le tissu de la tumeur est plus mou et plus vasculaire. Sur la pièce dont je viens de parler, les végétations étroites, cylindro-coniques, trèsnombreuses, très-serrées les unes contre les autres, ressemblaient assez bien aux villosités d'une tumeur papillaire et se retrouvaient dans toute l'épaisseur de la tumeur. Ces espèces de papilles, libres dans la plus grande partie de leur surface, qui était régulière et lisse, ^s'implantaient par leur base, qui était leur partie la plus large, sur une masse commune dont les embranchements se répandaient et s'irradiaient dans foute la tumeur (i). Chaque papille

(1) Cette dispositif n des papilles, pea apparente vx moment où la pièce a été dessinée, ne s'aperçoit ne très-confusément sar la fiRure. Mais elle a été lendoe évidente par une dissecf :on pratiquée à Taide d'une aiguille.

ODONTOMES ODONTOPLASTIQUES BULBAIRES. 343

présentait tous les éléments d*un petit bulbe normal : une couche corticale , formée d'une lame extérieure de matière amorphe et d'une rangée de cellules dentinaires, entourait une petite masse centrale, vasculaire et fibroplastique, dont le tissu était tout à fait

Fig. 14.

Udoatôaie odontopUilique en voit de dcntiflcâtion, oeeapaut U moitié droite du OMiiltoire inrérieur cbei aoe petite fille de i ans 9 mois.

Li tumeur, après aroir été enletéiî par réaeetion, a été soumise à une eoupe ^ertieale et lui f iludinale qui eommeoce sur le bord iuferieur du roaiiUaire AB, et qui s'étend de bas en haot jusqu'au Tuisiuai^e du bord supérieur CC. Ainsi divisée en deux moitiés presque entièrement séparées CC'AB, r.C/A'B', elle a été déployée; ees d«ui moitiés ne sont pas symétriques, parée qu'une partie de It tumeur s'est éaueléée au moment où l'on a fait la coupe, de sorteque la masse C'B', restée indivise, a suivi le segment eaterne, laissant à nu sur l'autre segment la paroi du kyste osaeui. D, cavité de U petite molaire de remplacement. EE, coupe du corps de la micboire en avant de l'odoniôme. C, première petite molaire de lait, ayant achevé son éruption. Toutes les antres molaires sont eUfSlobées dans la tumeur et n'ont pas de raeines. a. seeon e petite molaire de Uit. b, seconie grosse molaire, dy troisième grosse molaire retournée. La première grosse molaire ne se retrouve pas ; c'est aui dépens de sou bjlbe que Todontôme s'est développé. Les nombreuses uillies qu'on aperçoit sur la coupe de la tumeur sont des bulbes secondaires. Plnsitnrs d'entre eux e,^ g. A, i\ J, k^ /, sont déjà surmontés de grands chapeaux de dentine qui ont rCTétu If forme de couronnes dentaires. Ailleurs, en A, A, par exemple, des bulbes seeen* dairet, beaucoup plus petits, très-uombreux et très-rapprocbés, sont entourés de petits étuis de dentme, dont la section piesente sur la coupe un aspect madréporique. La tumeur est encore molle dans le reste de ion étendue.

semblable à celui de la pulpe pendant la période odontoplastique, et où Ton retrouvait même parfois un petit nombre de grains dentinaires. Enûn, beaucoup de ces papilles étaient revêtues d*une mince couche de consistance gélatineuse, où le microscope retrouvait la rangée des cellules de Témail. On peut dire, par con-

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séquent,que Thypertrophie bulbaire avait eu pour conséquence de décomposer le bulbe primitif en un très-grand nombre de bulbes secondaires, qui présentaient toutes les conditions requises pour faire les frais de la dcntiflcation.

Ce phénomène remarquable de la multiplication des bulbes expliquait tous les détails de la dcntiflcation, qui était commencée en un grand nombre de points, soit sur.lcs bulbes secondaires superficiels, soit sur les bulbes profonds de la tumeur. Là où elle était à son début, on voyait de petits étuis coniques d'ivoire constituant de véritables chapeaux de denline, qui, nés sur le sommet de chaque bulbe, s'étendaient peu à peu jusqu'à sa base. Là où elle était plus avancée, les étuis plus épais et n*ayant plus qu'une étroite cavité centrale, se fusionnaient par leurs bases, se soudaient en outre par leur surface, en constituant, par leur réunion, une masse assez dure, dont la coupe présentait un aspect madréporique. Ailleurs enfin, et cela seul suffirait pour démontrer la réalité de la multiplication des bulbes, des saillies bulbaires plus volumneuses avaient donné naissance à des masses d'ivoire, figurées en forme de dents. On pouvait môme se demander si ce n'étaient pas des dents véritables, gênées dans leur développement et déformées, mais provenant de bulbes normaux englobés dans la masse de Todontôme (Voy. la fig, i4). Déjà, pourtant, en présentant la pièce à la Société de chirurgie, je pus montrer huit de ces dents, apparentes sur la coupe de la tumeur; et, comme le mal occupait une région où il ne peut y avoir en tout que sept bulbes dentaires, savoir deux pour les petites molaires de lait, et cinq pour les molaires définitives, grosses ou petites, comme en outre Tune des petites molaires permanentes avait fait régulièrement son éruption et était indépendante de la tumeur, il était clair que celle-ci renfermait au moins deux dents supplémentaires. Bientôt, en préparant la pièce pour le dessinateur, il me sufUt d'exciser quelques fragments de la pulpe, pour faire apparaître sur la surface de la coupe deux autres couronnes dentaires unicuspidées, sans compter deux petites ciispides isolées qui étaient sur le point de revêtir la forme des précédentes. 11 est clair, par conséquent, que la pulpe hypertrophiée a donné naissance, dans ce cas, non-seulement à un grand nombre de petits bulbes, caractérisés par leur structure microscopique et par les petits étuis de dentine qui les embrassent, mais encore à un certain nombre de bulbes assez volumineux pour engendrer de véritables couronnes dentaires.

Que serait-il arrivé si la tumeur n'avait pas été enlevée? On ne peut

ODONTOMES ODONTOPLASTIQUES BULBAIRES. 345

douter que ladentificalion, déjà commencée sur on très-grand nombre de points, se serait étendue à toute la masse, que tous les bulbes secondairesse seraientcntourésd'étuis de dentine, qui se seraient ensuite soudés à leurs voisins, et que Todonlôme aurait fini par se transformer en une tumeur principalement composée d ivoire. Gomme en outre on retrouvait presque partout, soit à la surface de la tumeur, soit dans les sillons profonds qui pénétraient entre ces bulbes, une couche gélatineuse caractérisée par la présence des cellules de Témail, tout permet de croire que Todontôme dcntiQé aurait renfermé une certaine quantité d'émail disposée irrégulièrement à sa surface, et se prolongeant dans son épaisseur sous forme de traînées étroites. Or, toutes cesparticularités, que permettait de prévoir l'étude de cet odontôme en voie de dentiûcatîon, se sont trouvées réunies sur Todontôme odontoplastique dentifié que M. Forget a déposé dans le musée Dupuytren sous le n"" 384 C, et dont il m'a été permis d'étudier les coupes microscopiques. La tumeur, entièrement dentifîée, offre une surface mamelonnée, muriforme, couverte de très-petites végétations arrondies, entre lesquelles existent des sillons^ des dépressions étroites et profondes. Sur la coupe, on aperçoit à l'œil nu deux substances bien disslinctes : Tune extrêmement dure, d'un blanc éclatant, formant à la surface de la tumeur une couche irrégulière, et constituant en outre des traînées linéaires qui font suite aux sillons de la surface; cette substance examinée au microscope offre la structure de 1 émail. — L'autre substance, beaucoup plus abondante, est d'un blanc plus terne, et même légèrement jaunâtre ; sa consistance, quoique très-dure encore. Test beaucoup moins que celle de l'émail; sa coupe offre un grand nombre de petites taches arrondies qui lui donnent un aspect comme granuleux; au microscope, elle est presque entièrement composée d'ivoire; mais un grand nombre de petits anneaux ronds ou ovales, résultant de la section transversale ou oblique de petits canaux à peu près cylindriques, et remplis de grains dentinaircs ou de dépôts calcaires amorphes, représentent les cavités oblitérées des anciens étuis de dentine, développés sur les bulbes secondaires de la pulpe hypertrophiée. L'étude comparative de cette pièce et de la précédente ne peut laisser aucun doute sur l'origine et les progrès du travail de denliflcation des odontômes bulbaires (1).

(1) Tai omis à regret dans la dcscriptîoa do ces deux pièces no grand nombm de détails carieus qu'il serait trop long d'exposer ici, et que J*ai coosigoés dans mua mémoire sur les odontômes. La pièce de M. Forgei est très-bieu rcpré5.cntcc sur la pi. 1 de son mémoire d^Jà cité Sur Us anomaHe^ dentaires.

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Ce travail, considéré dans son essence, ne diffère pas de celui de la dentification normale, mais on vient de voir que les conditions au milieu desquelles il s'effectue sont tout à fait spéciales, et que les tissus dentaires qui en résultent offrent une disposition des plus insolites. Ces conditions ne permettent pas à Todontôme de revêtir la forme d'une couronne dentaire^ et s'opposent presque toujours à la formation des racines. Celles-ci, en effet, ne peuvent se développer que bloque la coque d'ivoire qui entoure le bulbe s'étend régulièrement et circw/airemen^ jusqu'à la base de la pulpe; si la dentification gagne l'un des côtés de cette base avant que la coque soit achevée sur les autres points^ ou si elle se produit à la fois au centre et à la surface de la tumeur, comme cela avait lieu sur la pièce que j'ai décrite, ou si, enfin, toute autre perturbation retarde ou accélère en quoi que ce soit la marche graduelle de la formation de l'ivoire, la formation des racines devient impossible. Mais, lorsque rhypertrophie de la pulpe n'est pas très-considérable, lorsque l'odontômc est peu volumineux, lorsque tous les bulbes secondaires sont superficiels, et que tous entrent simultanément en dentification, il peut arriver, par exception, que, malgré la grave perturbation que subit l'évolution du bulbe, l'enveloppe d'ivoire descende assez régulièrement sur la base de la pulpe pour réaliser des conditions analogues à celles qui, sur les couronnes normales, amènent la formation du collet dentaire, et, par suite, celle des racines. C'est ce qui a eu lieu probablement dans un cas fort remarquable el peut-être unique, observé, en 4809, à l'Hôtel-Dieu, par M. Oudet, dans le service de Pelletaa.J'ai déjà mentionné ce fait (Voy.p. 319). La pièce fut réclamée par Pelletan, qui la donna plus lard au dentiste Miel. J'ignore ce qu'elle est devenue. Mais, avant de s'en dessaisir, M. Oudet en tira un moule en plomb qu'il possède encore el qu'il a bien voulu me confier; il m'a remis en outre un excellent dessin original exécuté par Miel lui-même, dessin que Et. Geoffroy- Saint-Hilaire a reproduit dans son mémoire Figris. ^^^J^ ^^^^ (*)» ^^ ^"^ i^ reproduis à mon tour

{fig, 45). L'étude de ce dessin permet déjà de constater qu'il s'agit d'un odontôme odontoplastique; c'est ce que confirme pleinement l'examen du moule, car, en l'étudiant sur

(l) Et. Geoffroy Saint-Hilaire, SyWéme dentaire des mammifères et des oiteaui, Paris, 1824, gr. in-S» de 83 pages, pi. 1, flg. 18. Ce dessin a été r< produit par M. Forget dans son mémoire Sur les anomalies dentaires, pi. II, fig. 3.

ODONTOMES BULBAIRES DENTIFIÉS. 347

toutes ses faces, on ne trouve nulle part la moindre apparence d'une partie de couronne r^égulièrement formée. Tous les mamelons dentaires qui la surmontent sont informes et évidemment développés sur des bulbes secondaires. Or, cet odontôme odontoplastique se continue à sa base avec une masse conique, qui donne immédiatement ridée d'une racine, mais d'une racine tout à fait anormale, énorme, irrégulière, sur laquelle j'ai compté une dizaine de sillons longitudinaux plus ou moins complets. Dans ce cas, la formation d'un prolongement radiculaire avait réalisé les conditions qui amènent l'éruption des dents. L'odontôme avait donc pu percer la gen* cive, et prendre rang sur l'arcade dentaire, à la place des deux petites molaires. Le développement de cette racine irrégulière avait sans doute été favorisé par le peu de volume de l'odontôme, et il est probable qu'à mesure qu'elle se formait, une mince couche de cément s'était déposée à sa surface. Mais il me paraît certain que le cément ne participait en rien à la constitution de l'odontôme proprement dit. Quoi qu'il en soit, ce fait parait unique jusqu'ici. D'une manière très-générale, on peut dire que les odontômes bulbaires n'ont pas de racines. Or, on n'a pas oublié que, chez les animaux qui n'ont pas d'organe du cément, le cément ne se produit que sur les racines. 11 en résulte que, chez l'homme, les odontômes bulbaires dentifiés ne renferment pas de cément (1).

Lorsque la dentiûcation est achevée, la tumeur provoque ordinairement autour d'elle une réaction inflammatoire suivie de suppuration, et, si l'on vient alors à ouvrir le kyste osseux, on trouve que la masse dentaire y est entièrement libre. On peut se demander si cet isolement, qui permet d'en pratiquer aisément l'extraction, est la cause ou l'effet de l'inflammation suppurative. Il est clair qu'elle pourrait en être l'effet, et que la suppuration qui se produit dans l'intérieur du kyste osseux est de nature à amener la destruction des adhérences fibreuses ou vasculaires qui pourraient exister encore entre la paroi de la cavité et la base de la tumeur; c'est ainsi que toute inflammation, née au fond des alvéoles, peut amener la chute des dents, c'est-à-dire la destruction de leur pédicule vasculaire et nerveux. Il est probable toutefois que, dans beau* coup de cas, l'isolement de la tumeur précède et produit l'inflammation. Il s'y passe alors un phénomène semblable à celui qui

(1) CeUe proposition semble inflrméo par la description que M. Forget a donnée de son odontôme bulbaire dentiflé. Mais J'ai étudié la pièce avec le plus grand soin, et Je me suis assuré qu*elle ne renferme pas do cément. J*ai discuté ce fait plus amplement dans mon mémoire sur les odontômes. Voy. aussi plus haut, p. 333, note 3.

348 PRINCIPALES VARIÉTÉS DODONTOMES.

amène quelquefois, chez le vieillard, la chute spontanée des donU. La dentincation qui, dans les dents les plus saines, continue h s'effectuer à l'intérieur de leur cavité pendant toute la vie, et qui a pour conséquence d*angmenter l'épaisseur de la paroi d*ivoire aux dépens du volume de la pulpe, finit souvent, dans un âge avancé, par combler toute la cavité dentaire, et par faire entièrement disparaître la pulpe. La dent, alors, devient un corps étranger, et est expuUée graduellement par le retrait de Talvéole. Or, la dentification des odontômes bulbaires amène une disposition tout à fait comparable à celle-là. En examinant la base de ces tumeurs, après leur expulsion ou leur extraction, on n'y aperçoit aucune ouverture vasculaire, aucun orifice pouvant donner passage au moindre filament de la pulpe; celle-ci s'est donc entièrement dentifiée, comme sur les dents des vieillards, et on conçoit très-bien que cette circonstance soit de nature à transformer la tumeur en un véritable corps étranger^ qui, privé de toutes ses connexions, et devenu libre dans la cavité du kyste, a toute chance de provoquer autour de lui des accidents d'inflammation et de suppuration.

Dans l'exposé qui précède, j'ai supposé quel'odonlôme bulbaire se dentifiait en une seule masse. C'est le cas le plus ordinaire et le plus simple. La continuité de la masse dentifiée indique que l'odontome, avant la dentification, était revêtu sur toute sa surface d'une couche de cellules dentinaires, ou que, si cette couche pouvait manquer en certains points plus comprimés que les autres, elle était, du moins, partout continue avec elle-même. Mais cette continuité de la couche corticale peut très-bien faire défaut. Dans le développement irrégulier et inégal du bulbe qui s'hypertrophie, la couche corticale, partout plus ou moins comprimée, peut résister très-inégalement sur les divers points de son étendue. Par exemple, les plis correspondant aux sillons qui séparent Içs bulbes secondaires, peuvent être soumis par les bulbes adjacents à des pressions capables de faire atrophier la couche de cellules dentinaires, et dès lors, il peut se faire que les bulbes secondaires, après leur dentification, ne se fusionnent pas les uns avec les autres. C'est ainsi, jo pense, que doit s'expliquer la formation de ces kystes osseux des mâchoires, od l'on trouve plusieurs, ou même un très-grand nombre de masses très-dures plus ou moins arrondies, mamelonnées, irrégulières, inégales en volume. Je n'ai pas eu l'occasion de les observer, mais il y a une observation de Dupuytren qui ne peut guère être interprétée autrement. Ce chirurgien retira d'un énorme kyste osseux du maxillaire supérieur « une quantité étonnante de

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« corps étrangers ajant la forme de globes inégaux, irréguliers^ c( très-durs, formés de matière osseuse ou crétacée, et dont on ne « saurait donner une meilleure idée qu'en les comparant, quant « & la forme, à ces fragments volumineux de mâchefer qu*on rétt pand sur les routes (1). » Cette comparaison des ostéides en question avec les morceaux de mâchefer, c'est-à-dire avec les scories ferrugineuses d'une forge^ est très-significative, car elle est parfaitement applicable à plusieurs pièces d'odontômes dentifiés que j'aî eues entre les mains. Dupuytren ne fit pas analyser ces ostéides ; à plus forte raison ne les ût-il pas examiner au microscope. Je n'ai donc pas le droit d'affirmer que c'étaient des amas d'ivoire; mais leur siège, leur nombre, leur complet isolement, la jeunesse du malade, tout dépose en faveur de cette interprétation.

Duval a publié, en 1811, dans les Bulletins de la Faculté de médecine (n'* 8, p. 168), une note très-abrégée sur un fait qui n'est pas sans analogie a\ecle précédent. Ce fait lui avait été communiqué parGirard, professeur à Alfort. On trouva, dans le ci sinus maxillaire» d'un cheval, une dent molaire qui » avait pris un développement si irrégulier, c qu'on avait de la peine à reconnaître une dent dans la masse ronde « et informe qu'elle présentait. » Cette dent, ajoute l'auteur, o était « logée, ainsi que plusieurs autres^ dans le sinus maxillaire. » On a souvent pris, chez l'homme, des kystes dentaires pour des kystes du sinus maxillaire ; il n'est donc pas étonnant que la môme erreur ait pu ôtre commise par Girard. La description de la masse dentaire principale s'accorde si bien avec celle des odontômes, que le diagnostic ne peut être douteux pour nous. Or, à côté de cette masse dentaire, et dans la môme cavité, il y en avait plusieurs autres; cela Ncmble indiquer qu'il s'agissait d'un odontôme dentifié en plusieurs masses distinctes.

§ 3. — Odontômes coronaires.

Je donne le nom d*odont6mes coronaires à ceux qui naissent pendant la troisième période de l'évolution des follicules dentaires, c'està-dire pendant la formation de la couronne. Leur début est donc postérieur à l'apparition normale des chapeaux de dentine et antérieur à la formation des nicines. Ce qui caractérise ces odontômes, c'est la présence d'une couronne bien ûgurée, incomplète, mais parfai-

(1) Dupuytreo, Leçons oraUs publiées par Brien^e de Boismont et Marx. 2* édtt., 1839. t. 11. p. IdS. Observ. 111, du cliap. des kystes osseux. Cette obscrvntioo ne w trouve pas dans la r* édition des Leçons orales.

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tement normale par sa configuration, son volume et sa structure, et qui se retrouve quelque part à la surface de la tumeur (ou même dans son épaisseur lorsque l'odontôrae existe chez un animal pourvu de l'organe du cément). Personne n'ignore que l'ivoire et rémail, une fois formés, ne sont susceptibles ni de s'hypertrophier, ni de se résorber,ni de se laisser distendre. L'hypertrophie des parties molles adjacentes ne peut donc faire subir aucune modification à la portion de couronne qui était déjà développée avant le début du travail pathologique. Il en résulte que la tumeur, à quelque époque de son évolution qu'on la^considère, présente toujours quelque part une portion de couronne dont la conformation et le volumc-correspondent à l'une des phases normales de la période coronaire.

Chez l'homme, et en général chez tous les animaux qui ne possèdent pas l'organe du cément, les odontômes coronaires sont foujours dus à l'hypertrophie de la pulpe. Chez les herbivores pachydermes, ils peuvent, sans doute, avoir le môme point de départ ; mais ils sont, en général, la conséquence de l'hypertrophie de l'organe du cément.

Nous décrirons donc successivement les odontômes coronaires cementaires qui ne s'observent que chez les herbivores, et les o^ontûmes coronaires pulpair es, les seuls que Ton rencontre chez l'homme.

Cette division correspond exactement à celle que nous avons admise pour les odontômes odontoplastiques. Si nous substituons répithète de pulpaire à celle de bulbaire, c'est parce que la couche corticale du bulbe, déjà dentiûée dans une partie de son étendue, est devenue parfaitement distincte de la pulpe, et reste étrangère, dans toute cette partie dentifiée, aux accidents de nutrition dont la pulpe est le point de départ.

A. — Odontômes coronaires cémentaires ,

L'organe du cément des herbivores enveloppe l'organe de l'émail, qui enveloppe à son tour l'organe de l'ivoire. Le cément coronaire est donc toujours en réalité appliqué sur la surface ex^meure de rémail. On divise cependant ce cément en deux parties, désignées sous les noms de cément extérieur et de cément intérieur . Cette distinction, très-importante pour nous, nécessite quelques mots d'explication.

Lorsqu'on ouvre, sur un fœtus humain, le follicule d'une dcnl incisive, le bulbe se présente sous la forme d'une papille convexe, et môme conique. Mais, chez le cheval, cette papille de l'incisive présente à son sommet une dépression profonde, étroite et conique,

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sorte de calice sur la paroi duquel on retrouve l'organe de Témail étalé en mince membrane, et au-dessous de lui la rangée de cellules dentinaires qui caractérise la couche corticale du bulbe.

Celte dépression, ce calice, qui constituera plus tard le cornet dentaire, n'est pas vide. Il est occupé par un prolongement de Torgane du cément, qui y pénètre sous la forme d'une papille conique : c'est la /)(i/>i7/e cément taire. La coupe schématique ci-contre rendra compte de cette disposition. Lorsque la dentificalion s'effectue, elle débute d'abord sur la partie la plus saillante du bulbe, tout autour delà base du cornet; puis, s'étendant peu à peu au reste de la surface du bulbe, elle descend à la fois sur la partie extérieure de cette surface, en dessinant les contours de la couronne, et sur sa partie déprimée ou invaginée, „ î^; ^?;

' r r o » Coupe schématique moD-

en formant autour de la papille cémenlaire traot le développement un cornet de dentine, plus tard tapissé d'é- t^ZZ'rl'''^"^ '*"" mail. Ce cornet est d'abord ouvert, en I, du côté de la base du bulbe; mais, la dentiûcation faisant des progrès, il se referme complètement, et dès lors la papille cémenlaire est séparée déûnitivement de la pulpe par une lame plus ou moins épaisse d'ivoire recouverte d'une couche d'émail.

Bientôt le cément se forme à son tour au-dessus de l'émail; il se forme partout où existait l'organe du cément, c'est-à-dire que, d'une part, il constitue autour de la couronne une enveloppe complète, et que, d'une autre part, il se prolonge jusqu'au fond du cornet, qu'il unit par remplir entièrement.

Telle est la disposition du cément lorsque la dent sort de son alvéole ; mais la dent ne tarde pas à s'user. La couche de cément qui recouvrait la surface triturante s'use la première; l'émail, mis à nu, s'use à son tour, et enfin l'ivoire. Dès lors, la continuité qui existait entre le cément extérieur et le cément intérieur^ qui remplit le cornet, se trouve interrompue ; le cément intérieur se montre sur la surface triturante sous la forme d'une marbrure centrale,

(*) A, p«roi da fjllicuU, B U pulpe, C Torgaoe du cément, D la papille eémeattitre pénctraot <Uas une dépression centrale de U pulpe, £B partie de la pulpe qui entoure la papille cémenlaire, F la rangée des cellules de Téroail séparant le bulbe de Turgane du cément, G raogiée des celUilee dentinairei, séparée de la précédente par une couche d'ivoire H qui se prolonge de haut en bas autour de U papille cémentaire, en constituant U paroi du cornet dentaire. Olui-ci n*est pas encore complet; il forme seulement nntubc, ouvert en f, où le sommet de la papille cémenlaire n*est séparé de la pulpe que par la double rangée des cellules de l'émail rt de rivoire.

PRINCIPALES VARIÉTÉS d'oDONTOMES.

encadrée d'une ligne d*émail, qui la sépare de l'ivoire. La forme et le volume de cette marbrure varient naturellement, suivant que la dent est plus ou moins usée, et permettent de déterminer approximativement l'âge des chevaux qui ont déjà toutes leurs dents.

Pour simplifler la description, j'ai supposé qu'il s'agissait d'une dent à un seul cornet. Sur les molaires^ l'existence de plusieurs cornets complique singulièrement la disposition des parties constituantes de la dent, mais, en définitive, les phénomènes sont toujours les mêmes.

Cela posé, les odontômes coronaires cémentaires peuvent être dus à l'hypertrophie de la partie de l'organe du cément qui entoure la couronne, ou à Thypertrophie de la partie de cet organe qui s'enfonce dans les cornets, ou enfin à l'hypertrophie de tout l'organe du cément.

De là trois variétés que j'appellerai les odontômes cémentaires extérieurs, les odontômes cémentaires intra-coronaires, et les odontômes cémentaires mixtes.

La pièce, représentée sur la figure 17, nous offre un exemple de

la première variété; on y aperçoit en aab la coupe de la couronne d'une dent molaire, couronne dont le développement ne s'est pas achevé, mais dont la partie formée est parfaitement régulière. Avant toute préparation, la surface triturante de cette couronne aa et l'une de ses faces latérales ab s'apercevaient à la surface de la tumeur.

Le reste est englobé dans une masse volumineuse, bosselée, irrégulière , ccdcc, masse très-dure et homogène qui, sur la coupe, présente tout à fait l'apparence de l'ivoire, mais qui, examinée au microscope, est exclusivement composée de

Fig. 17.

(^uupe verticale d*uD odootôme cémeotaire e&lra-corooaire Ueal molaire de cheval. (Muiée d*A fvrt.)

ODONTOMES CÉMENTAIRES INTRÂH^ORONAIRES. 353

cément. L'origine de cet odontôme est inconnue; mais, la surrace triturante de la couronne étant usée, nous savons que la dent avait fait son éruption, et avait servi à la mastication.

Il est clair que la couronne était déjà en grande partie formée lorsque la maladie a débulé sur Torgane du cément cslérieur. Cet organe, en s'hypertrophiant, a constitué une tumeur qui a comprimé de toutes parts la base de la pulpe, qui en a déterminé Ta- Irophie, et qui a ainsi arrêté la croissance de la couronne. La parlie inférieure de celleci s'est donc trouvée plus tard emprisonnée dans une volumineuse masse de cément, et la formation des racines a été rendue impossible.

Une autre pièce du même musée, représentée sur la Ggure 18, est un exemple d'odontôme cémentaire intra-coronaire. Celte dent monstrueuse avait, comme la précédente, fait son éruption, et sa surface triturante aa est usée.

La partie aabb est la couronne à peu près normale de la 4*^ molaire supérieure d'un cheval. Au-dessous (1) de cette partie, qui n'est nullement déformée, la couronne s'élargit et se dilate, pour loger une énorme masse dure et d'un blanc légèrement jaunâtre, qui adhère intimement à la face profonde des couches de la couronne dilatée, et qui, supérieurement, en 0, se continue dans

(I) Quoique la dont profienne de la mâchoire sapérleure. )'ai cru devoir, daoa ma detcripUoo, me conformer à Tusage qai consiste à déiigner les diverses parties des deou d'apri-s la situation qu'elles occupent sur les dents de la mâchoire laférieurc . J'appelle dune partie supérieure celle qui correspond à l'arcade dentaire, et partie inférieure celle qui correspond au fond de Talvéole.

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